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[personal profile] malurette posting in [community profile] glyfic
Titre : Grandis un peu
Auteur : [personal profile] malurette
Base : LastMan (cartoon)
Personnagess : Dave & Howard McKenzie
Genre : gen/drama
Gradation : PG / K+
Légalité : propriété de Balak, Vivès, Périn, etc ; je ne cherche ni à tirer profit ni à manquer de respect.

Thème : "work" d’après [community profile] 15kisses (travail)
Continuité/Spoil éventuel : pré série – Howard 17 ans, Dave
Nombre de mots : 2900

***

La fin de l’année universitaire amena des tensions supplémentaires entre Dave et Howard. Ils avaient encore un dernier weekend à passer ensemble avant que Howard ne doive quitter le dortoir du campus, fermé pour l’été. En une semaine, Howard avait largement eu le temps de se remettre à la fois de ses écarts de conduite et de ses émotions.

Pour arriver à aborder la perspective de l’été, il fallait bien enterrer cette dispute. Mais comme rien de ce qu’avait pu dire Dave n’avait eu d’effet jusque là, il choisit finalement, non pas le silence complet, du moins l’ignorance. Il le salua comme si de rien n’était, Howard y répondit pareillement, et ensuite… ils firent semblant qu’elle n’existait tout simplement pas, comme si tout était oublié, de l’histoire ancienne.
Il n’y eut pas de poignée de main comme les Sœurs les y forçaient, ou pire de bisou comme Maman le faisait il y avait si longtemps. Howard avait dit au revoir à son enfance depuis un an déjà, Dave depuis tellement plus encore… Pas d’excuses formelles, du coup, juste l’oubli. Ils avaient peur tous les deux de revenir dessus.

Howard avait fini par retrouver sa voix mais ne causait pas beaucoup pour autant, ni de l’incident et d’aucune de ses suites, ni de l’avenir proche, trop angoissé à l’idée que les choses déraillent à nouveau. Il passa le plus clair de son temps plongé dans ses bouquins, ses paperasses, bouclant avec sérieux son tout dernier dossier ; il répondit laconiquement aux questions de Dave sur comment s’étaient passés ses derniers examens, mais rien de plus. Ça a été, mais à part ça, des détails sur ses oraux, ses dossiers, et pire encore, des espoirs et des prévisions sur ce que ça voudra dire pour l’année suivante ? ça non, il ne tenait vraiment pas à en parler.
Parce qu’avant l’année suivante, il avait à affronter l’été et des soi-disant vacances. Ce qui réjouissait la plupart des autres étudiants promettait de poser de sérieux problèmes d’organisation pour eux deux. Et qu’il allait bien falloir régler la question avant de se laisser dépasser par les événements.
Au moment de le raccompagner pour la dernière fois de l’année au campus, il serait déjà presque trop tard.

« Bon. T’’auras besoin d’aide la semaine prochaine pour vider ta chambre et récupérer toutes tes affaires ?
- Non. Non. Je n’ai pas grand’ chose de toute façon. »
Même en un an c’était difficile d’accumuler des affaires avec virtuellement aucune source de revenus. Il possédait peu de vêtements, un ou deux livres à lui seulement, et tous ceux qui avaient pu encombrer sa chambre cette année étaient empruntés à la bibliothèque ou à des camarades de promotion, et avaient été rendus depuis. Son binôme était déjà parti depuis deux semaines, la chambre était quasiment vide. Le peu qui restait tiendrait facilement dans un seul sac.
Dave trouvait souvent sa propre situation spartiate, mais au moins, ce qu’il avait dans son appartement minable et minuscule était à lui, c’était chez lui. Ce dortoir, ça tenait de la cellule carcérale… ou monastique. Il se demanda à nouveau comment Howard avait réussi à y tenir toute une année.
…en le fuyant dès que possible pour se réfugier chez lui, ou à la bibliothèque universitaire, évidemment.

Et ce qui l’attendait à l’orphelinat était pire : tout aussi vide, démuni, spartiate, mais dans un dortoir plus grand, à partager avec une douzaine d’adolescents plus jeunes, moins matures, au lieu d’un seul étudiant avec qui il pouvait ou non avoir des affinités, mais dont il pouvait au moins respecter les ambitions universitaires.
Pas étonnant qu’après une année à avoir goûté à une semi-liberté, il n’ait aucune envie d’y retourner. Mais officiellement, il en dépendait toujours, n’étant pas encore majeur et pas entièrement émancipé non plus.

« Dave. Je t’en prie. Ne me renvoie pas là-bas, » supplia-t-il.
Et le pire, c’était qu’il n’était même plus paniqué comme à l’époque où ils avaient été séparés pour la première fois, quand Dave avait quitté l’orphelinat et que lui y était resté : maintenant il savait pertinemment ce qui l’attendait. C’était du désespoir résigné, à ce stade.
« Tu sais bien qu’on n’a pas le choix. »

Techniquement pourtant, si, Dave savait qu’il y avait un choix, une autre possibilité : il pourrait négocier avec les Sœurs pour garder Howard tout l’été, mais ça lui poserait des problèmes financiers majeurs. Il faudrait pour ça que Howard trouve un boulot et c’était toujours possible de s’arranger. Mais il y avait aussi des problèmes de logistique pires encore : passer deux longs mois à deux dans cette piaule minuscule ? Deux semaines cet hiver ç’avait été bien assez long, deux jours ces derniers temps avec leurs nouveaux problèmes de communication c’était devenu difficile…

Mais s’il était obligé de retourner au pensionnat une dernière fois alors qu’il n’y était tellement plus à sa place, ça deviendrait encore pire. Tous les arguments logiques et logistiques du monde ne changeaient rien à cette certitude viscérale : s’il l’abandonnait maintenant, même pour une durée limitée, même en sachant ce qui arriverait ensuite, il serait un sale traître et il aurait quand même raison de lui en vouloir.
Si ça ne tenait qu’à lui, oui, il l’aurait tiré de là beaucoup plus tôt, quitte à peut-être le regretter ensuite.

Même si Dave était en train de construire sa propre vie, Howard n’avait toujours que lui au monde. Et il ne pourrait pas se pardonner de le laisser tomber, de ne pas faire cet effort, si difficile soit-il. Il ne faisait que ça, des efforts, depuis un an qu’il travaillait pour survivre et qu’il s’entraînait pour faire carrière, alors pourquoi pas continuer encore puisqu’il ne connaissait plus que ça ?

Quand il le regardait, il voyait toujours un enfant grandi trop vite. Déjà à la fac, mais toujours pas indépendant ! Et, même quand il serait enfin adulte, il resterait sans doute toujours son petit frère, toujours plus jeune que lui et dont il portait la responsabilité. Combien de temps allait-il devoir l’élever comme ça encore, d’ailleurs ?

Ces quelques dernières années, il n’avait pas été juste un grand frère, mais presque un père pour Howard. Ça l’épuisait, il le savait, mais c’était comme ça. Dans cette optique d’être responsable d’un jeune garçon, il se disait que les enfants ont besoin de vacances et que ça lui ferait du bien de retourner chez les Sœurs pour les vacances d’été, d’avoir peut-être la chance d’être envoyé quelques semaines à la cambrousse, et ça lui donnerait à lui aussi l’occasion de respirer un peu, d’avoir plus de temps pour lui et se reposer enfin.
Lui-même n’avait jamais eu de véritables vacances. Ses weekend étaient toujours chargés. Physiquement, il tenait le coup, mais mentalement, il s’épuisait. Il faudrait bien qu’il puisse vivre un peu lui aussi, et ne pas faire que s’occuper de son frère.

Évidemment, tout ça, ça ne restait valable que si Howard était effectivement toujours l’enfant qu’il cherchait à protéger des duretés de la vie. Et s’il l’avait encore regardé avec le même air suppliant qu’une année plus tôt, il y aurait cru. Mais avec un an de plus à découvrir au moins une partie de ce qui se passait vraiment autour de lui à la fac… il avait vieilli, mûri. Suffisamment pour être capable de s’occuper de lui-même, finalement ?

« Si je te dis que j’ai trouvé un travail ? »
Ça ne changeait pas tout, mais assez pour qu’il réévalue la situation.
« OK. Je vais voir avec les Sœurs ce qui est possible. Mais tu sais que je peux rien promettre, hein, ça dépend pas de moi… »

*

Howard n’était pas assez costaud pour un travail physique et n’avait aucune envie de s’abrutir dans la restauration ou la grande distribution. En revanche, côté académique, il se défendait et ça pouvait payer. La bibliothèque universitaire restait ouverte six semaines sur les huit où les étudiants étaient officiellement en congé, dont quatre où seul un accueil restreint serait assuré envers les enseignants et les doctorants, permettant au personnel de faire du tri et du rangement dans les collections, et finalement seulement deux où elle serait entièrement fermée.
Ayant fait preuve de sérieux et d’assiduité tout au long de l’année, il était dans les petits papiers d’un des archivistes qui le pistonna pour un boulot d’été. Il avait bien assez de muscles pour déménager les piles de livres sans se bousiller le dos. La mise à jour des inventaires et le recensement des ouvrages, si fastidieux que ça pouvait avoir l’air à première vue, le passionnèrent. L’élimination des ouvrages obsolètes ou abîmés, un peu moins. En bonus, il eut même à faire du secrétariat, de la bibliographie et de la tape sous la dictée pour un vieux schnoque de professeur qui préférait payer des étudiants chaque année pour ça que s’y fatiguer lui-même.

Ce type portait une chevalière à tête de lion qui ressemblait étrangement à l’embossage de son vieux livre. Howard hésita à le questionner dessus, mais préféra se taire. Il exprima tout son intérêt pour la légende sur laquelle le professeur le faisait plancher, laissant croire qu’il la découvrait pour la première fois. Pourquoi, il n’en était pas très sûr ; par peur de se faire voler son livre sans doute si on lui demandait de le prêter pour examen. L’ouvrage était ancien, rare et précieux après tout.
Il s’était spécialisé dans la recherche des légendes concernant les passages, les mondes différents, leur origine, les similitudes et les différences dans leurs variations, les indices et les preuves quant à leur viabilité.
Howard y avait toujours cru depuis qu’il était enfant et n’avait jamais remis en doute la véracité de la légende. En grandissant il avait oublié de la questionner. Aujourd’hui face à l’affirmation de sa réalité et la comparaison avec d’autres légendes équivalentes il acquérait la certitude de sa réalité.
Dave en revanche n’y croyait plus depuis longtemps ; tant pis pour lui. Il n’en parlait plus, mais bossait dur dessus dans son coin.

Seul souci, encore et toujours, le fait qu’il était encore mineur, l’obligeait à donner les chèques à Dave. Il en était un peu vexé, mais bon, apparemment ça simplifiait quand même les choses puisque c’était lui qui payait les factures ? Au contraire pourtant, ça les compliquait pour la répartition du budget et des tâches domestiques : et quand c’était son tour d’aller faire les courses, ou s’il voulait récupérer un peu d’argent de poche, il fallait prévoir assez à l’avance.

*

L’été fut pénible. Entre une vague de chaleur et l’organisation compliquée pour transformer le campement jusqu’ici provisoire des weekend en cohabitation durable, il n’eut absolument rien de vacances. La situation était même plutôt encore plus stressante pour tous les deux que le reste de l’année.
Ils réussirent quand même à ne provoquer aucune nouvelle engueulade, trop conscients du fait que si quoi que ce soit explosait maintenant, ils en paieraient les conséquences bien plus durement qu’ils ne pouvaient supporter.
Même la fois où Dave surprit Howard à fumer à la fenêtre une demi cigarette, il choisit de ne rien dire. Il était plus perplexe qu’irrité, à vrai dire. À voir ce qu’il faisait de ses lèvres autour de la cigarette et souffler la fumée avec un contentement visible, son visage étrangement plus expressif que jamais quand il lui parlait ces derniers temps, à donner plus d’attention, plus d’importance à cette petite horreur qu’à son propre frère, il découvrait une facette de lui entièrement inconnue. C’était un peu vexant, et plus encore, légèrement dérangeant.
Ce frère avec qui il avait grandi, qu’il croyait connaître, avait une vie, une personnalité si différentes de la sienne. Sans aller jusqu’à lui cacher volontairement les choses, il y avait sans doute des tas de détails à propos de lui qu’il ignorait. Il était forcé de constater qu’il était presque devenu un inconnu, et se demanda qui il était vraiment.

Alors de l’animosité, non, ils se forçaient à tout tolérer sans grogner. Mais de la distance…
Il leur aurait été impossible de respirer sinon. Si c’était pour finir par ne plus se parler du tout, se détester autant qu’ils s’aimaient pourtant !


Si elle leur tapait sur les nerfs, c’était quand même une chance, quelque part, que la chaleur soit suffocante cet été-là : ça leur coupait régulièrement l’appétit.

Toute l’année, Dave avait du mal à joindre les deux bouts et à manger à sa faim. Il était même arrivé plusieurs fois qu’il se prive durant la semaine pour être sûr de ne pas tomber à cours pendant le weekend, d’où ses craintes pour les deux mois à venir. Howard ne gagnait pas grand’ chose, mais en fait assez pour que cet apport d’argent supplémentaire leur permette de se nourrir convenablement tous les deux.
Le loyer n’avait pas doublé pour autant, après tout, et même s’il leur fallait aller plus souvent à la laverie – il n’était pas possible de squatter autant celle du club – l’augmentation des charges diverses n’étaient pas significative. Au moins quelque chose de positif à devoir s’entasser à deux dans cet espace réduit ! Finalement, au contraire même, de ce côté-là la situation s’améliora.

D’accord, ils mangeaient toujours beaucoup de patates – malédiction culturelle, sans doute, pour des fils d’Irlandais – et des légumes secs en boîte, mais plus de plats industriels périmés – Dave avait appris sa leçon, là-dessus. Il savait s’y prendre pour trouver des produits simples et les moins chers possible et Howard apprit rapidement à en faire autant pour arriver à se nourrir correctement malgré leurs moyens limités et sans rien gâcher. Ça demanda d’apprendre à cuisiner sur le tas, mais maintenant qu’à deux, ils avaient plus de temps, c’était faisable. Et ça ne pouvait pas être bien compliqué, affirma Howard en prenant ça comme un problème de travaux pratiques : après tout, c’était de la chimie, il suffisait de suivre la recette, et les termes inconnus se trouvaient dans un dictionnaire. Il se débrouillait plutôt bien, tout compte fait.

*

Ça n’était pas possible pour Dave de continuer à déposer Howard à la fac chaque matin et le récupérer chaque soir, mais enfin, ça n’était pas nécessaire non plus : il y avait des bus pour ça. Ou il pouvait toujours se procurer un vieux vélo d’occasion et se débrouiller seul.

La douche avec ses tendances à fuir et se boucher à la fois leur causait toujours souci, et pour le coup ça n’était plus possible pour Howard de squatter le club de boxe, mais même si ça ne lui plaisait pas il avait pris l’habitude des installations sportives : le terrain de sport de l’université restait ouvert aussi pendant cette période, alors qu’il n’était quasiment plus fréquenté.
Ça demandait de se lever aux aurores, d’arriver assez en avance pour faire un tour de piste symbolique, et profiter des douches chaque matin. Mais après tout, ça le maintenait en grande forme, et de meilleure humeur que la boxe ne l’avait jamais fait.


Et pour les deux semaines où la bibliothèque était entièrement fermée ? Il n’avait plus de boulot et même pas de lieu d’étude.
« Tu vas faire quoi du coup ? »
Glander toute la journée ? Sûrement pas.
Tenir l’appartement et la popote, potasser ses bouquins, ou du moins essayer. Il n’arriva jamais à convaincre Dave de leur importance. S’il ne fournissait aucun travail physique, et même aucune preuve matérielle de ce qu’il apprenait et d’à quoi ça devait lui servir par la suite, ça donnait l’air de ne pas compter.

En plus, enfermé dans cette piaule minuscule, minable, à la merci de la chaleur environnante et du vacarme incessant des voisins, cris des enfants qui eux non plus ne partaient pas en vacances, disputes, voire même bruits de coups, il était bien difficile de se concentrer sur ce qu’il faisait.
Sortir de l’appartement, pour quoi faire ? Le reste autour était tout aussi nul. Il faudrait qu’il puisse partir vraiment très loin, et ça n’était pas possible.

Non seulement le voisinage était bien triste, mais ça n’était pas tellement mieux ailleurs ; ce monde entier semblait de plus en plus pourri. Juste quand il trouvait de quoi s’évader mentalement, il se vit rejeté brutalement dedans.

Ils tenaient en se disant qu’allez, après cet été, il leur restait seulement un dernier semestre à devoir encore s’arranger comme ça, et ensuite, Howard serait enfin majeur à son tour. Il pourrait alors changer de dortoir, décider de ses propres horaires, ne plus avoir tant d’obligations à la semaine. Surtout, il disposerait de la bourse d’études qui pour l’instant payait le dortoir alors qu’il n’avait pas le droit de toucher au reste et qui s’accumulait sur un compte protégé entre temps. Quelle arnaque ! Il s’était produit plusieurs incidents au cours de l’année face auxquels ils auraient vraiment eu besoin de pouvoir l’entamer pour des dépenses d’urgences imprévues, et il avait fallu se débrouiller sans.

Dave se promit à lui-même que ça irait vraiment mieux l’année suivante, que ça serait plus facile. Avec plus de distance, moins de responsabilité, plus de patience, il serait de nouveau vraiment son frère et plus un semi père. Des amis peut-être ? Ils étaient tellement différents, si n’avaient pas grandi ensemble, s’il y avait d’autres gens dans leur vie, tiendraient-ils autant l’un à l’autre ? Il voulait croire que oui.
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