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Série : Criminel, chapitre 7
Titre : Le mur de l’administration
Auteur : [personal profile] malurette
Base : LastMan
Personnages : Dave & Howard McKenzie, quelques OCs
Genre : drama médical & légal
Gradation : PG-13 / T
Légalité : propriété de Balak, Vivès, Périn, etc ; je ne cherche ni à tirer profit ni à manquer de respect

Continuité/Spoil éventuel : pré-série/épisodes 17 & 25
Fork : l'éclat de miroir tenu horizontalement
Avertissement : emeto-adjacent
Nombre de mots : 2000

***

Dave avait eu beau supplier, il se heurtait au mur de l’administration.
« Mais c’est mon frère. C’est mon frère et il est blessé. Je vous en prie. Même si vous ne pouvez pas me laisser le voir, est-ce que je peux au moins savoir comment il va ?
- Je regrette, pas pour l’instant. Nous vous préviendrons dès que possible. »
De longues, longues heures s’écoulèrent. Il n’osa pas quitter l’hôpital, tourna en rond, essaya d’interroger l’accueil, des médecins, des infirmiers, et même un planton de police, lequel n’avait en fait rien à voir avec et n’était au courant de rien.

Enfin, quelqu’un s’approcha droit sur lui, pas juste vaguement dans sa direction par simple hasard.
« Monsieur McKenzie ?
- Oui ?
Veuillez me suivre. »
Dave hocha la tête brièvement et obtempéra immédiatement. Les explications vinrent en route.
« Le règlement est très clair : les prévenus sont placés en chambre individuelle sous surveillance policière et aucune visite n’est autorisée. En revanche, il stipule également qu’en salle de réveil, seuls les membres de la famille immédiate sont autorisés à visiter les patients, une personne à la fois et pour dix minutes maximum.
- Ah…
- Il est réveillé, conscient, mais il n’a pas encore fini de procéder la perte de sa main.
- La perte de…
- Ne le fatiguez pas. En cas d’incident je devrai vous demander de sortir immédiatement.
- Euh. Attendez. La perte de… je crois que moi non plus je ne procède pas, là.
- Les dégâts tissulaires étaient trop importants, la reconstruction impossible, et l’infection se propageait au point de devenir généralisée. Il a fallu amputer.
- Mais…
- Non, il n’y avait pas d’autre solution, pas dans un état si avancé. Il a fallu procéder à une amputation transradiale, un peu au-dessus du poignet.
- Il n’y avait vraiment pas d’autre solution? Il a donné son accord pour ça?
- Il n’était pas assez cohérent à ce moment-là et la décision à prendre était urgente.
- Et vous ne m’avez pas demandé mon avis? J’étais là!
- Vous n’avez pas autorité sur la question… mais je vous le répète, sa situation était trop critique pour attendre plus.
- Enfin, on ne meurt pas d’une coupure à la main… elle était moche, mais… »
Le médecin le regarda avec pitié. Ah ces familles qui s’imaginaient savoir mieux que les professionnels ce qui était bon ou pas pour leurs proches… se peignat sur son visage.
« J’ai examiné son dossier. Entre les premiers soins inadaptés et le trop long délai de prise en charge…
- Vous allez dire que c’est sa propre faute s’il a perdu sa main ?
- Non, enfin.»
Et il donnait l’air de penser quand même que si.
« Évidemment, le garrot n’a pas aidé les choses, et s’il avait désinfecté la plaie immédiatement ç’aurait peut-être limité les dégâts… mais, principalement, le problème venait d’avoir laissé la plaie exposée des heures dans un environnement malsain. Je ne veux pas imaginer quelles cultures bactériennes grouillent dans un matelas de cellule.
- Ce sera la faute de la police et ils ne le reconnaîtront jamais… seigneur. »

Dave prit une grande inspiration, se forçant à se calmer.

« Et maintenant?
- Il est sous calmants pour maîtriser la douleur liée à l’inflammation et à la section osseuse nécessaire, mais autant que nous puissions juger, il est cohérent.
- Et. Il a pu voir un psychiatre, finalement ?
- Ça sera fait plus tard, pour gérer les perspectives…
- Et pour ce qu’il avait déjà avant ? Quand il a débarqué avec juste cette coupure, il délirait déjà à propos de démons et de dimensions parallèles. Et j’ai vu l’état de son appartement, je ne sais pas ce qu’en conclut la police, mais il ne tournait forcément pas rond pour s’être embarqué dans des trucs pareils. Il est malade. Je veux qu’on trouve quel est son problème et qu’on le soigne. Je sais que sa main est plus urgente là tout de suite, mais…
- Monsieur McKenzie. Calmez-vous. Je vous assure que nous faisons de notre mieux pour assurer à votre frère tous les soins nécessaires à son état.
- Et quand vous avez laissé les flics l’embarquer alors que sa plaie n’était pas finie de traiter, il a reçu les soins nécessaires, peut-être ?
- Monsieur McKenzie, répéta le médecin en martelant chaque mot, calmez-vous ou je ne pourrai pas vous autoriser à le visiter.
- D’accord. D’accord. Laissez-moi juste une minute.
- Voulez-vous un verre d’eau d’abord ? Ça fait combien de temps que vous attendez ici ?
Pour la première fois, il montrait un peu de compassion. Pour le peu que ça aidait…
« Le temps qu’il a fallu. Je ne sais pas et ça m’est égal, tant qu’il va mieux.
» Mon dieu mais ça va jamais pouvoir aller mieux…
» Bon. Allons-y s’il vous plaît. Ça ne sert à rien d’attendre encore, j’ai juste besoin de le voir pour… pour savoir. »

Le médecin hocha la tête.
« Avant que vous entriez. Il est sous perfusion, sous oxygène, et pour des raisons concernant la sécurité du patient lui-même il a fallu placer une bande de restriction. Il est possible qu’il souffre de nausées. Pour l’instant il n’a rien demandé pour la douleur, mais si à vous il se plaint de quoi que ce soit d’autre, relayez-nous l’information. Certains patients restent stoïques devant le personnel médical et n’osent rien réclamer mais s’ouvrent plus facilement à leurs proches. Pour d’autres évidemment c’est l’inverse. »

-

La salle de réveil valait presque la salle d’attente en termes d’agitation. Il y avait des brancards qui arrivaient avec des patients sortant de chirurgie encore sous anesthésie, d’autres qui repartaient avec des patients réveillés vers leurs chambres, des infirmiers qui passaient de lit en lit, des visiteurs avec l’air complètement perdu… et Dave n’était pas en reste sur ce dernier point. Il se laissa guider sans mot dire en se demandant ce qu’il allait trouver.

Howard était couché sur le côté, les yeux ouverts mais plongés dans le vague, très pâle, un tuyau souple courant le long de la joue et disparaissant dans les narines. Une bassine était posée non loin, mais hors de portée de main : une attache en velcro à son bras, au-dessus du coude, limitait ses mouvements et l’empêcherait peut-être bien de la saisir même s’il en avait besoin.

Le garde n’étant pas autorisé à entrer en salle d’opération ni même en salle de réveil et personne n’avait exigé qu’ils placent des restreintes sur les autres membres, mais tout de même !
« ...sa propre sécurité, vraiment ?
- Oui : pour éviter qu’il ne se blesse en mobilisant par réflexe son bras blessé à son réveil. »
Le bras blessé… le poignet disparaissait sous les bandages. L’absence lui leva le cœur. Ils avaient vraiment coupée sa main…

Dave se força à retrouver son calme. Il était là pour Howard. Il fallait qu’il soit calme, qu’il soit fort, qu’il soit rassurant. Qu’il tienne son rôle grand frère. Il appela doucement.

« Hey. »
Howard leva les yeux vers lui, les cligna lentement.
Dave hésita. Il avait besoin de le toucher, pour le rassurer, pour se rassurer, mais comment ? Sa main ? Le geste n’était pas évident. L’avant-bras valide ? Il y avait le tube de la perfusion. L’avant-bras blessé ? Sûrement pas, il avait trop peur de lui faire mal. Il se décida pour l’épaule. Tapota doucement.
« Comment tu te sens ? »
Howard déglutit, chercha ses mots. Il souffla à mi-voix,
« Lessivé.
- Tu as mal ?
- Je ne sais pas. Ils m’ont bourré de drogues. C’est affreux d’ailleurs, je ne sais pas si c’est ça ou la fièvre mais ça me donne des cauchemars terribles.
- Ou ce que tu as vu avant de te blesser… » essaya-t-il de suggérer.
Mais Howard ne suivit pas du tout.
« Et peut-être même des hallucinations. Je ne sais plus trop ce dont je me souviens.
Dave tressaillit à ce mot. Et si... Il insista,
Et avant ? Tu te rappelles ce qui s’est passé, avant ?
Howard murmura simplement,
C’était affreux.
Et s’il débloquait déjà avant ? C’était important, ça. Crucial même. S’il souffrait de troubles mentaux, pour son suivi médical, et pour faire face aux accusations de meurtre...
« Tu en as parlé avec un médecin ? De ces hallucinations ?
- Je ne sais même plus non plus. Tu… tu es vraiment là ? Dave ?
- Oui. Promis. Je suis désolé, je n’aurais pas dû te laisser. Je ne voulais pas te laisser. »
Est-ce qu’il aurait pu le protéger mieux? Empêcher ce fiasco? Lui assurer de meilleurs soins, plus de sécurité? Qu’est-ce qu’il pouvait encore faire maintenant, qu’il était trop tard...
« Est-ce que… tu as besoin de quelque chose ? Avec quoi je puisse t’aider ?
- Je ne crois pas. Je ne sais pas. J’ai l’impression d’avoir le cerveau en morceaux. Pas que le cerveau d’ailleurs. Dave, je ne sais plus où j’en suis. Je ne sais pas ce que je vais devenir.
- Du calme, du calme. Tu es entre… »
Il avait failli dire, de bonnes mains, et se retint juste à temps.
« Des professionnels qui savent ce qu’ils font. On va te soigner, t’aider à surmonter tout ça. Ne t’inquiète pas. Pour le reste, on verra plus tard. Pour l’instant, repose-toi, prends soin de toi. Laisse-toi faire. Ça va aller. Promis.
- Ça va pas vraiment.
- Ça va s’arranger.
- Non. Ça va pas… je ne me sens pas bien. »
Howard eut un tremblement, un geste mal coordonné. Par réflexe, il avait voulu utiliser sa main droite, désormais absente. Répéter le geste de la gauche fut plus lent, plus maladroit. Dave fut plus rapide, l’attrapa et la lui tendit. Les doigts crispés sur le bord de la bassine, le front en sueur, Howard se força à respirer profondément.
« Tu veux que j’appelle l’infirmière ? »
Howard hocha brièvement la tête. Avant de se détourner pour chercher de l’aide, Dave l’aperçut qui commençait à hoqueter. Rien que le fait que Dave se lève brusquement et promène un regard inquiet autour de lui suffit à attirer l’attention d’une infirmière trois lits plus loin, qui s’approcha rapidement. Dave hésita à se rasseoir. Aider Howard, lui tenir la bassine, ou lui soutenir le front ? À sa grande honte, l’idée le dégoûtait. Et puis, dans cette position, il ne savait pas comment s’y prendre. Howard souffrait de haut-le-cœur, s’étouffait, mais sans rien arriver à vomir pour autant.
Le temps que l’infirmière contourne les lits et vienne l’aider, la crise était déjà en train de passer.
« Un effet secondaire de l’anesthésie, commenta-t-elle. L’état général morbide avant l’opération n’aide pas, en plus. Je vais voir si je peux augmenter les doses d’anti-émétiques.
» Monsieur, je vais devoir vous demander de sortir.
Non, protesta Howard. Ça va aller. C’est passé.
- Vous avez besoin de calme.
- Me laisse pas. S’il te plaît.
- Écoute, je ne vais pas commencer à me mettre le personne soignant à dos. Je te promets de revenir dès que je pourrai. »
Sans savoir quand ni même si on l’y autoriserait à nouveau.
« Et de voir ce que je peux faire en attendant. »

Les médecins, pour l’instant, ne pouvaient pas l’aider beaucoup plus. Les chirurgiens, en tout cas. La question d’une greffe ou d’une prothèse, à ce stade, n’était pas pertinente. Un psychiatre, en revanche, Dave n’avait toujours pas renoncé à sa certitude qu’il en fallait un à Howard, le plus vite possible. L’aider à accepter la perte de sa main, c’était tellement secondaire en regard de ces questions d’hallucinations, dont il était persuadé qu’elles dataient de bien avant le traitement en cours.
Mais son insistance à réclamer un avis psychiatrique ne menait à rien. Il lui fallait plus d’aide que ça pour arriver à se faire entendre.
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