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Série : She was a boy and he was a girl
Titre :
Auteur : [personal profile] malurette
Base : Family COMPO
Personnages/Couple : Wakanae Yukari & Sora
Genre :
Gradation : PG / K+
Légalité : propriété de Hōjō Tsukasa, je ne cherche ni à tirer profit ni à manquer de respect.

Nombre de mots :

***

Les jours s'égrenaient. En journée, Yukari tenait la maison et Sora alternait entre retourner au chantier et dessiner. Le soir, Yukari tenait toujours son poste de serveuse, car il fallait bien ramener assez d'argent pour vivre. La nuit, ils se retrouvaient pour s'aimer, de leur manière traditionnelle.
Après quelques essais fructueux mais fatigants, ils renoncèrent aux acrobaties supplémentaires. Yukari réalisa que ça lui suffisait, tant qu'elle pouvait accueillir Sora d'un baiser soit chaste soit fougueux selon son humeur et décider de si la soirée se passerait en câlin calme sous la couette ou en étreinte passionnée qui ferait voler les draps.

Une semaine passa, puis une autre. Sora commença à s'énerver sur ses brouillons, son perfectionnisme l'empêchant de trouver ses dessins suffisamment bons pour exprimer parfaitement ce qu'il avait vraiment en tête. Ça n'était pas la faute de ses outils, mais de ses mains, de son cerveau, pas assez rapides, pas assez précis, estimait-il. Ou d'un manque de technique. Il fallait qu'il trouve la faille, l'approfondisse et la comble.
C'était la première fois qu'il avait à accomplir un travail aussi important, avec autant d'enjeux, et ça le stressait plus qu'il ne voulait l'admettre. Les tensions qu'il se créait malgré lui commençaient à avoir des retentissements sur sa relation avec Yukari, qui tentait pourtant de l'accompagner avec patience.
Le fait qu'elle doive continuer à travailler, parce qu'il n'avait pas encore de salaire fixe, le vexait.
Et toute cette tension l'épuisait.

Un mois avait passé ; Sora rendit avec peine et fierté mêlée, un premier dessin. Enfin, la conjonction de la pression et de l'énergie créatrice lui avaient permis de mettre la main à ce qu'il espérait. Et si ça n'était pas absolument parfait selon ses propres critères, le client s'en contentait, et lui estimait, de façon positive, qu'il lui restait de la marge pour s'améliorer d'ici au suivant.

Yukari continuait à meubler la maison, petit à petit, avec goût et sens de l'économie.

Souvent, en rentrant du café, elle trouvait Sora toujours à sa table de dessin, prétendant ne pas s'être endormi dessus, mais n'arrivant pas à avancer et s'obstinant en vain.
En son absence, il essayait de se forcer à rester concentré, mais finissait par craquer, devant soulager les tensions de son corps qui acceptait mal l'immobilité forcée. Il avait mal aux épaules, mal au dos… mal au ventre.
Les crampes auxquelles il avait échappé de peu le lendemain de leur mariage menacèrent à nouveau. Sans toutefois se déclarer ouvertement. Toute la journée, le lendemain, trois jours… il ressentit les signes avant-coureurs qu'il aurait aimé ne pas savoir reconnaître et se rongea d'appréhension à l'idée que le sang revienne.
Rien n'arriva pourtant. Son humeur se gâta encore plus. Il haïssait ses règles, mais il haïssait encore plus devoir attendre de les avoir. Une douleur franche, il pouvait faire avec. Quelque chose de larvé, ça l'exaspérait.
Une semaine d'inconfort plus tard, il dut se rendre à l'évidence qu'il s'était trompé. D'abord, il se sentit soulagé de constater qu'il échappait à quelque chose qu'il détestait. Ensuite, une inquiétude sourde prit la place : et s'il était… malade ?

L'idée seule était auto-réalisatrice. Il souffrait suffisamment de sa situation stressante, pour qu'envisager la maladie ajoute encore à son mal être et exacerbe ses symptômes. Devant une maladie inconnue, qui plus est, il se sentait désarmé.
Lui qui avait toujours bénéficié d'une santé robuste, il n'allait pas se laisser abattre par une grippe ou une gastro-entérite ou quoi que ce soit ! Il avait son travail à accomplir, il l'accomplirait, avec obstination et brio. Non, mais ! Il se montrerait à la hauteur. Il ne reconnaîtrait jamais qu'il avait peur de ne pas l'être. Il n'allait sûrement pas céder à l'angoisse qui lui tordait les tripes et dont il n'arrivait même pas à identifier la source.

Quand il commença à se sentir vraiment mal, il refusa d'admettre à quel point. Son dessin passait avant tout. Quand il aurait fini ce trait, peut-être, s'accorderait-il une pause, un verre d'eau. Mais pas pour l'instant.
Il tentait d'aiguiser sa concentration et de tromper son malaise en fumant, sans se rendre compte qu'il l'aggravait au contraire. Il écrasa sa cigarette à demi fumée, essayant de ne pas penser au gaspillage. Il s'accorda un café et de même, ne le but qu'à moitié.
Rien n'y faisait.
Il avait une boule dans la gorge et des sueurs froides. Mais il était sur le point de réussir un crayonné des plus importants, d'où sans doute les effets secondaires désagréables de sa concentration accrue. Il réprima un léger tremblement dans sa main. Puis un hoquet.
Incrédule, il ne comprit ce qui arrivait que quand le goût acide envahit sa bouche, et eut à peine le temps de saisir sa corbeille à papiers pour éviter de souiller sa précieuse esquisse, sa table à dessin, le tatami tenu si propre par Yukari.

Honteux de ce qui lui était arrivé, il préféra taire l'incident à Yukari. Il renonça, pour la journée, à la cigarette, au café ; il aéra la pièce, se fit un thé léger, s'octroya une pause de plus que ce qu'il avait prévu. Au déjeuner il se contenta de riz blanc et évita les petits plats que Yukari avait laissé pour qu'il se les réchauffe, fermement décidé à prétendre avoir tout simplement oublié de manger tellement il était absorbé par son travail. Mieux valait qu'elle le gronde pour sa négligence que lui avouer qu'il avait vomi. De toute façon, il n'avait pas forcément à lui dire, à moins d'être tellement malade qu'il se sente à l'agonie et ait un besoin urgent d'une infirmière pour le sauver. Or il se sentait mieux maintenant, sur la plan physique en tout cas, même si la vexation d'être ainsi malade aggrava encore sa mauvaise humeur.

Yukari lui trouva effectivement une petite mine quand elle rentra, mais il mit ça sur le compte de la fatigue – contrairement à d'autres personnes de sa connaissance, Yukari comprenait son travail et n'aurait jamais pensé que dessiner, c'était passer la journée à ne rien faire – ajouté au fait qu'il ait oublié de se nourrir convenablement…
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