ext_130622: (mélusine)
[identity profile] ylg.livejournal.com posting in [community profile] glyfic
Titre : Au bord du Grand Défilé
Auteur : [livejournal.com profile] ylg
Base : Belle et Sébastien, Le document secret
Personnages/Couple : Jean, les douaniers ; indices de Jean/Norbert
Genre :
Gradation : G / K
Disclaimer : propriété de Cécile Aubry, je ne cherche pas à me faire de sous avec.
 
Thème : "défilé" pour [livejournal.com profile] 31_jours (14 juillet 07)
Nombre de mots : près de 800
 
***

Les années ont passé, depuis l’affaire du « document secret ». Le jeune Jean a mûri, Sébastien a grandi et a fini par quitter sa famille d’adoption. César se fait de plus en plus vieux, mais refuse de changer pour autant ses habitudes de courir la montagne. Un jour, craint Jean, il ne reviendra pas, et Belle viendra le chercher lui pour qu’il découvre le corps de son grand-père dans une ravine. Pourvu que ça n’arrive pas de sitôt.
Les enfants grandissent et remplacent leurs pères, les vieillards s’éclipsent, c’est dans l’ordre des choses. Mais ce n’est pas pour autant qu’il l’acceptera si facilement, bien sûr.

La seule chose qui ne change pas, c’est la montagne elle-même. Le Grand Baou surplombe toujours le village ; chaque hiver, les avalanches ravinent le Grand Défilé, chaque été les pierres s’y éboulent, mais ça ne suffira jamais à abattre ni la montagne ni ses habitants, malgré les quelques malheureux qui y finissent encore à l’occasion, d’année en année.
Les douaniers, toujours fidèles à leur travail, observent le Petit défilé depuis le poste et patrouillent aux abords du Grand lors de leurs rondes. De loin en loin, des imprudents s’y aventurent, croyant pouvoir gagner par là l’Italie. Certains n’apprennent jamais les dangers de la montagne….

Et régulièrement, c’est Jean qui s’en approche. Jamais il ne s’y aventure, il reste toujours au bord de ce couloir d’avalanche qui balafre le Grand Baou. Il peut rester à contempler les pierres ravagées quelques minutes comme une couple d’heure, douaniers, tous les quatre, connaissent bien ce garçon, depuis tout môme. Ils ont tout le respect du monde pour son grand-père, et pour le Dr Guillaume qui est quand même son beau-frère, ne l’oublions pas. Lors de l’affaire avec ce "Norbert Legrand" quelques années auparavant, ils ont été bien embêtés de le voir mêlé à des histoires de vol et de contrebande, même si à son corps défendant. Et il a bien prouvé son honnêteté, lors de la résolution de cet embrouillamini. Mais quand même, ils ne peuvent s’empêcher de trouver son comportement suspect, à la longue. Ils ne feraient pas correctement leur travail de surveillance s’ils étaient capables de donner le bon dieu sans confession à n’importe qui, après tout…

Un jour où, une fois de plus, Jean est venu s’asseoir aux abords du Grand Défilé en rentrant du barrage, Berg et Johannot viennent tirer au clair les raisons de sa présence dans un endroit pareil. Jean garde les yeux rivés sur la moraine, jonglant d’une main avec un caillou ramassé non loin. Un enfant de la montagne comme lui sait bien qu’il ne devra, en aucun cas, le jeter dans le défilé devant lui. Mais rien de l’empêche de jouer avec, sans y penser vraiment.
« On peut savoir ce que tu fais là ? »

Jean ne sursaute pas à la voix dans son dos ; malgré sa rêverie apparente, il a entendu les deux hommes approcher.
« Rien, m’sieur.
- Vraiment ?
- Juste regarder le paysage en repensant aux erreurs du passé, c’est pas un crime quand même ?
- Mais observer le paysage en pensant à répéter les erreurs du passé, si. »

Les yeux de Jean étincèlent. Mais il a suffisamment appris pour ne pas essayer de se justifier avec véhémence et risquer de s’accuser faussement par sa colère. Il ne fait rien de mal, point. Les douaniers doivent bien le savoir, quand même.
Berg sourit, paternellement.
« Allez, on sait bien que tu es un bon gars. Mais sincèrement, rester là à ruminer n’est pas une bonne idée. »
Et ça peut être dangereux de s’aventurer par ici, parce que ça reste suspect et parce que l’endroit menace toujours de s’effondrer, sous-entend le regard que l’homme appuie sur son cadet. Tu devrais bien le savoir…
« Bien sûr. »
Heureusement, il a tout de même passé l’âge où même le plus protecteur des douaniers pouvait lui suggérer de se dépêcher de rentrer chez lui sous peine d’inquiéter inutilement son grand-père. Ils lui reconnaissent enfin cela.

Quand ils tournent les talons, Jean repose délicatement sa pierre dans un creux de rocher d’où elle ne risquera pas de rouler intempestivement et se relève. Que les douaniers le surveillent ou non du coin de l’œil en partant, ça lui est égal. Mains dans les poches, il met lentement le cap sur la Bastide.
Il ne veut pas continuer à contempler ce fichu Défilé en repensant si fort aux douaniers et aux soupçons qui ont pesé sur lui autrefois. Ils ont gagné ; il rentre. Mais ça ne l’empêchera sans doute pas de revenir là le lendemain ou le surlendemain ou la semaine suivante et repenser encore et encore à ses parents ou aux mensonges de Norbert.

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