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[identity profile] ylg.livejournal.com posting in [community profile] glyfic
Titre : Un prénom d'enfant
Auteur : ylg
Base : Yoko Tsuno ; Le canon de Kra, Le dragon de Hong Kong
Personnages : Yoko Tsuno, Mme Onago, Rosée-du-matin ; mention de Vic/Yoko
Genre : gen/familial
Gradation : G / K
Disclaimer : propriété de Roger Leloup, je ne cherche pas à me faire de sous avec.

Thèmes : #12, "ambiguïté" pour [livejournal.com profile] yuri_a_tt_prix
+ "dossier" et "prénom" pour [livejournal.com profile] 31_jours (13 avril '08)
Nombre de mots : ~1350

***

Les papiers à remplir n'en finissent plus de se multiplier. Être chargée par son grand-père confiant de la tutelle de Rosée du Matin était facile. Apprenant la gravité de son état de santé, si Yoko ne lui avait pas demandé elle-même, peut-être est-ce lui qui aurait supplié la jeune fille de veiller sur cette enfant, s'ils ne trouvaient personne pour cela… avant.
Obtenir définitivement de Hong Kong la garde de la fillette fut légèrement plus compliqué, et la ramener ensuite en Belgique, autrement plus dur.

À côté du dédale administratif, il y avait aussi les propres parents de Yoko à mettre au courant, les explications à donner à Vic. Aménager son travail. Trouver un nouvel appartement. Une école pour cette petite ne parlant encore que le cantonnais. Les dossiers à remplir et les démarches à faire se multiplient à n'en plus finir.
Et elle qui avait trouvé sa propre installation ici difficile, à l'époque ! ça n'était pourtant rien à côté de tout ça.

Rien que le prénom de la fillette : que devait-elle dire, pour l'administration ? Les idéogrammes le composant passeraient mal. Il était ici question avant tout d'une prononciation, plus que de l'exactitude, il fallait quelque chose qui fonctionne avec l'alphabet roman.
Et Rosée du Matin, une fois traduit, c'est un si joli prénom, mais qui détonnera dans une cour de récréation. Elle deviendra vite Rosée tout court. Faudra-t-il en plus traduire et changer ce prénom pour ses futurs camarades de classe qui autrement en écorcherait les sons ? L'un comme l'autre lui semblent bien difficiles à accepter.
Cette petite Rosée qui a déjà perdu ses parents l'an passé, qui vient de perdre son ami dragon et va bientôt perdre son grand-père et devoir changer entièrement de vie, on ne peut pas en plus lui enlever son prénom, tout de même !

À propos d'un prénom à donner à sa fille, Yoko repense à cette anecdote… Aurore… le prénom suggéré par Pol, sans se douter qu'elle aurait si vite une enfant à charge. Elle a envie de rire à cette idée. Tout le monde devait s'attendre à ce qu'elle épouse un jour Vic et ait avec lui de jolis petits Eurasiens. Mais une vie rangée et convenue ne lui irait jamais. Même Vic sait combien il eut été utopique de tenter de le lui proposer.
(Et les petits enfants verts, fils de Vinéens, à propos desquels ce même Pol plaisantait, puisqu'elle repense à ses idées folles ? Non, voyons, même avec un être biologique plutôt qu'un androïde, elle n'aurait jamais songé à cela.)

Au moment où il en a été question, elle croyait vraiment à cette conversation.

L'image que lui présentait Mme Onago l'a laissée songeuse. Étrange tout cela, leur rencontre : comme Yoko avait surpris l'existence de cette femme à son insu, appris son identité et son histoire, sans savoir son prénom, et comme, en retour Mme Onago elle-même a pu être jalouse de l'image de Yoko que son mari a créée pour elle en la lui racontant, avant qu'elles n'aient le loisir de se rencontrer effectivement.

Le temps qu'elle a passé à côté du Capitaine Onago, Yoko s'est cru désirée de lui. L'adrénaline, sans soute… Combien elle se trompait : c'est son inquiétude pour son épouse qu'il projetait en s'érigeant en protecteur pour la tête brûlée qu'elle était. En rencontrant effectivement cette jeune femme frêle, le côté quelque peu misogyne qu'elle aurait pu trouver à cette attitude s'est de suite évaporé.
Une si jolie épouse : cet homme était bien chanceux ! Yoko enviait cette femme, quelque part.

Autrefois, elle voulait surtout ne pas ressembler à ce genre de femme. Aujourd'hui, elle ne peut toujours pas, mais s'est mise à regretter de ne toujours pas vouloir. Elle est ainsi et ne changera pas si facilement…

Mais elle espérait bien, un jour, changer. Ça n'était pas un mensonge, d'affirmer vouloir un jour se poser, et avoir une petite fille à bercer. C'est juste que pour l'instant, elle n'a pas le temps pour ça, jamais le temps. Il y a tant à faire. Elle venait juste de sauver ce coin d'Asie, et ça ne serait pas la dernière fois. Hertzel aurait encore besoin d'elle et de ses compagnons, demain ou dans deux ans. Reste aussi toujours la perspective d'être appelée par Khāny vers Vinéa : deux mois de trajet intersidéral à l'aller, autant au retour, comment élever un enfant quand sa vie sur Terre compte de tels trous ?
À force, craignait-elle, elle finirait par laisser passer sa chance. Mais à chaque fois, elle continue quand même sa route sans jamais s'arrêter. Plus tard, on verra plus tard. Un jour ça viendra, a-t-elle affirmé. Certainement un jour, mais pas maintenant.

Elle trouvera son propre style de vie, comme elle l'a toujours fait, depuis qu'elle a quitté le nid familial pour cette école d'ingénieur, puis délaissé son pays natal pour tenter sa chance en Europe.

Elle qui passe sa vie à courir le monde, les quatre coins du monde, et même du temps et de l'espace, jamais elle n'aurait pris le temps de se poser, de se ranger et de fonder une famille. Elle enviait ces femmes pour être capables d'endosser ce rôle auquel elle-même échappe encore et toujours.
Alors cette petite fille comme tombée du ciel, cadeau des dragons bienfaisants de Chine, qui a tant besoin d'elle, c'est une bénédiction. Une enfant perdue qui aurait bien besoin d'une grande sœur pour guider ses pas. Elle ne pourra jamais remplacer sa mère, non, elle n'a pas cette prétention. Mais au moins, elle fera de son mieux pour être une grande sœur capable de l'élever.

Ça lui semble une solution idéale. Ça serait tellement pratique, une petite fille à modeler selon son idée, comme une poupée.
Yoko a une pensée émue pour Masako sa mère. Sa poupée préférée… parce qu'elle pensait qu'elle aurait un garçon. Dans son enfance, Yoko n'a pourtant été traitée ni comme un garçon manqué ni comme une poupée ni comme une déception. Ce qu'elle est aujourd'hui, elle l'a construit elle-même. Sa mère l'a aimée et élevée comme il faut. Yoko espère se montrer à son tour à la hauteur et faire aussi bien, maintenant que c'est son tour.
(Bonjour l'angoisse, d'ailleurs… la décision de s'occuper de cette enfant était évidente à prendre, quant aux conséquences réelles… Yoko avait beau se sentir prête pour cela, il arrive qu'elle doute.)

En même temps, une petite fille instantanée... Il y a quelque chose de tristement ironique là-dedans, non ? pour quelqu'un qui connaît des jumelles avec quinze ans d'écart, une jeune fille qui jongle avec le temps, une technologie capable de créer des androïdes parfaits…
Et comme par hasard, l'avoir rencontré au moment où elle était le plus à même de vouloir la garder auprès d'elle, pour toujours. Si elle avait manqué ce rendez-vous du destin, que serait devenue Rosée sans elle ?

Rosée du matin, la fraîcheur qui naît quand le soleil levant efface la nuit. Ça plaira sans doute à Pol, cette métaphore. Aurore… non mais, quand même…

Au moins, elle n'aura pas à chercher un prénom elle-même. Il ne sera pas question d'en discuter avec qui que ce soit, avec sa mère ou Vic ou n'importe qui d'autre, sur la signification à y donner. Celui qu'elle avait choisi restera secret à jamais, désormais. Maintenant qu'elle a Rosée, Yoko ne peut vraiment, vraiment plus s'imaginer faire un enfant elle-même. Ça sera Rosée seule, et rien qu'elle.

Elle a toujours tenu ses relations à distance. Ingrid dans le pays voisin, Khāny par-delà les étoiles, Vic qui ne la touche jamais comme il le voudrait… pour se protéger, pour n'avoir pas à choisir, pour rester toujours libre.
Cette petite Rosée sera un rempart certain, désormais. L'amour de sa vie ?

Elle n'a jamais ressenti cela avant, un amour si inconditionnel. Quelqu'un qu'elle pourra chérir autant qu'elle veut, quelqu'un qui en retour a tellement besoin d'elle, et qui ne lui reprochera jamais sa distance. Elles ne se quitteront plus jamais, a-t-elle promis. Et c'est bien ainsi, décide-t-elle.

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