Titre : Le fantôme, le diable et l'homme
Auteur :
ylg
Base : Gensōmaden Saiyūki
Personnage : Cho Hakkai
Genre : surnaturel/angst
Gradation : PG / K+
Disclaimer : cette interprétation du personnage et la création de ses facettes alternatives sont la propriété de Minekura Kazuya, je ne me fais pas de sous avec.
Prompt : 8/8/8 Day – Hakkai au cube
Note : pas du spoil en soi mais c'est mieux si vous avez lu les tomes de Gensoumaden Saiyuki #4 et Saiyuki Reload #7
Nombre de mots : 1150
center>***
Ils sont trois à partager cette enveloppe corporelle.
Les nuits où il reste allongé sans dormir, les yeux fixés sur le plafond ou le mur, avec ou sans le bruit de la pluie, il sait qu'il n'est jamais seul dans ce lit.
*
Il y a le fantôme de Gonō, qui continue à souffrir, à se demander pourquoi ses parents l'ont séparé de sa soeur et abandonné, et qui se reproche d'avoir aimé Kanan : elle était sa moitié, un autre lui-même ; l'aimer elle lui donnait la possibilité de s'aimer lui-même... il n'aurait peut-être simplement jamais dû se l'autoriser.
Il était déjà fou. L'enfant qui ne souriait jamais, qui faisait peur aux autres orphelins, tellement déstabilisé par la rencontre de cette fille à qui d'autres Sœurs avaient appris à sourire en toutes circonstances, même si elle n'était pas heureuse... depuis le jour de leurs retrouvailles, il n'a vécu que pour elle. Ensemble, ils se sont mutuellement appris le bonheur.
Pour vivre ensemble, ils ont sans remords abandonné l'un et l'autre des études brillantes pour mener une petite vie sans histoire dans un village perdu.
Malgré tout, il ne regrette pas d'en avoir été aimé. Avec elle, il était heureux. Quel que soit le jugement que le monde pourra porter sur eux, il était pleinement heureux de leur relation.
Mais s'il ne l'avait pas emmenée avec lui, serait-elle encore en vie aujourd'hui ? et lui-même, aurait-il pu continuer à survivre sans avoir vécu avec elle ?
Les nuits de pluie, comme le ciel, il pleure. Gonō lui reproche, « Tu as laissé mourir Kanan ».
Couché sur le dos, mains jointes au-dessus des couvertures, yeux rivés au plafond comme les Sœurs l'y ont conditionné à l'orphelinat, il voit Gonō se dresser, à cheval au-dessus de lui et l'invectiver. Selon les fois, il se contente de le secouer ou tente de le frapper, voire de l'étrangler.
*
Il y a le yōkai sans nom. Il porte en lui le sang d'un millier de yōkai – et de quelques centaines d'humains, aussi. Il porte le poids de leurs vies et de leur mort. En lui coule le sang qu'il hait le plus. Il est devenu le frère de ce détesté Chin Yi-sō.
Tout son corps est couvert de marques en forme de lianes interminables, ornées de feuilles. Une feuille par yōkai qu'il a tué, peut-être ? Vu leur nombre, impossible de passer à côté : là où d'autres yōkai n'ont que des marques discrètes, comme des tatouages simples, lui en a qui s'étendent absolument partout, immanquables. Un seul regard suffit à l'identifier pour ce qu'il est. Elles courent sur son corps comme les scolopendres du clan Hyakugan, elles l'enchaînent à sa haine et à son péché.
Des yeux d'or (ou au moins un, celui qu'il n'a pas arraché), la marque de l'hérésie : un yōkai créé artificiellement. Les oreilles pointues qui dépassent de ses cheveux longs, l'air sauvage. Des griffes acérées, capables de déchirer si facilement la chair ; il n'aura plus jamais besoin d'un couteau. Mais en même temps, avant même d'avoir ces griffes, il était plus que capable de tuer à mains nues...
Tout en lui rappelle sa nature violente et dangereuse.
Celui-là, il le cache le plus possible. Trois petits clips d'argent magique pour le dissimuler mordent dans son oreille. Les ôter serait pourtant dangereusement facile...
Le yōkai le tente, encore et encore, demande à ce qu'on le laisse sortir. « Tu es déjà un criminel, ça ne changera grand' chose désormais, » susurre-t-il à son oreille.
S'il roule sur le côté pour chasser ses cauchemars, se tournant vers le mur, le yōkai se love dans son dos, se coule tout contre lui et lui murmure des insanités.
Il est toujours quelque part derrière lui, là où il voudrait ne plus le voir, mais aussi là où ne peut plus le surveiller. Ses griffes l'effleurent souvent, et occasionnellement un coup de ses dents acérées, avec ses paroles dangereuses, mord dans sa chair.
*
Il y a Hakkai. Un homme neuf, en théorie. Il a dû abandonner son ancienne vie et recommencer de zéro ailleurs, sous un nouveau nom. Ces « Huit Préceptes » sont là pour le guider, même s'il ne les respecte pourtant pas tous. Après tout, ça n'est pas comme s'il comptait se convertir au bouddhisme et devenir moine. Ce nom est plus un symbole qu'une obligation à suivre.
Il fait de son mieux pour vivre une vie paisible, désormais. Par reconnaissance envers Gojyō et Sanzō qui l'ont sauvé et lui ont permis de renaître, et aussi par peur de ce qui l'attend s'il dévie de nouveau du droit chemin, s'il cède encore à la folie.
Cette seconde chance qui lui est offerte, il en prendra soin. Et même si la mission confiée par la Trinité Bouddhique vient perturber ce projet, il s'en acquittera du mieux possible, par devoir, par respect des règles établies et pour vivre selon sa conscience.
Ce qu'il est et affiche désormais est un personnage créé de toutes pièces, ce que les Sœurs n'ont pas su faire de Gonō, ce dont Kanan lui a donné un bref aperçu, et autant que possible le contraire du yōkai qu'il est devenu.
Il mesure chacune de ses paroles, chacun de ses gestes, pour s'accorder à ce qu'il veut être désormais. Avec le temps, cela devient de plus en plus naturel. La personnalité de Hakkai prend le pas sur les deux autres, qui ne disparaîtront pas totalement pour autant. Ces deux autres facettes, il continue à les porter avec lui partout où il va.
*
Longtemps, il a pensé qu'il ne pourrait plus jamais enlacer personne avec ses mains salies par ses crimes. Il ne pourra plus non plus dormir avec personne, avec ces deux-là qui prennent tellement de place à ses côtés. Gonō serait capable de tuer toute personne qui voudrait prendre la place de Kanan. Le yōkai pourrait tenter de la dévorer ou pire encore ; impossible de lui faire confiance, à cet être de violence. Hakkai préfère faire le vide autour de lui, ne laisser personne l'approcher pour ne plus être blessé.
À prendre de l'assurance, il se dit qu'il lui faudrait quelqu'un capable de tenir dans ses bras Gonō et ses insécurités, de l'apaiser comme le faisait Kanan. Il faudrait quelqu'un de sain et de solide, capable de résister au yōkai, de l'apprivoiser. Il lui faudrait quelqu'un de généreux, capable de l'accepter avec tous les défauts qu'il a du mal à gommer, et surtout, quelqu'un de fort, très fort, assez pour le serrer jusqu'à ce que tous les trois ne fassent plus qu'un. Jusqu'à ce qu'il arrête de se battre avec lui-même.
Quelqu'un qui pourrait poser la main sur son épaule et lui souffler de se rendormir. Quelqu'un dont le contact lui ferait réaliser qu'il est seul dans ce lit. Seulement, il n'est toujours pas prêt à accueillir ce quelqu'un à ses côtés...
Auteur :
Base : Gensōmaden Saiyūki
Personnage : Cho Hakkai
Genre : surnaturel/angst
Gradation : PG / K+
Disclaimer : cette interprétation du personnage et la création de ses facettes alternatives sont la propriété de Minekura Kazuya, je ne me fais pas de sous avec.
Prompt : 8/8/8 Day – Hakkai au cube
Note : pas du spoil en soi mais c'est mieux si vous avez lu les tomes de Gensoumaden Saiyuki #4 et Saiyuki Reload #7
Nombre de mots : 1150
center>***
Ils sont trois à partager cette enveloppe corporelle.
Les nuits où il reste allongé sans dormir, les yeux fixés sur le plafond ou le mur, avec ou sans le bruit de la pluie, il sait qu'il n'est jamais seul dans ce lit.
Il y a le fantôme de Gonō, qui continue à souffrir, à se demander pourquoi ses parents l'ont séparé de sa soeur et abandonné, et qui se reproche d'avoir aimé Kanan : elle était sa moitié, un autre lui-même ; l'aimer elle lui donnait la possibilité de s'aimer lui-même... il n'aurait peut-être simplement jamais dû se l'autoriser.
Il était déjà fou. L'enfant qui ne souriait jamais, qui faisait peur aux autres orphelins, tellement déstabilisé par la rencontre de cette fille à qui d'autres Sœurs avaient appris à sourire en toutes circonstances, même si elle n'était pas heureuse... depuis le jour de leurs retrouvailles, il n'a vécu que pour elle. Ensemble, ils se sont mutuellement appris le bonheur.
Pour vivre ensemble, ils ont sans remords abandonné l'un et l'autre des études brillantes pour mener une petite vie sans histoire dans un village perdu.
Malgré tout, il ne regrette pas d'en avoir été aimé. Avec elle, il était heureux. Quel que soit le jugement que le monde pourra porter sur eux, il était pleinement heureux de leur relation.
Mais s'il ne l'avait pas emmenée avec lui, serait-elle encore en vie aujourd'hui ? et lui-même, aurait-il pu continuer à survivre sans avoir vécu avec elle ?
Les nuits de pluie, comme le ciel, il pleure. Gonō lui reproche, « Tu as laissé mourir Kanan ».
Couché sur le dos, mains jointes au-dessus des couvertures, yeux rivés au plafond comme les Sœurs l'y ont conditionné à l'orphelinat, il voit Gonō se dresser, à cheval au-dessus de lui et l'invectiver. Selon les fois, il se contente de le secouer ou tente de le frapper, voire de l'étrangler.
Il y a le yōkai sans nom. Il porte en lui le sang d'un millier de yōkai – et de quelques centaines d'humains, aussi. Il porte le poids de leurs vies et de leur mort. En lui coule le sang qu'il hait le plus. Il est devenu le frère de ce détesté Chin Yi-sō.
Tout son corps est couvert de marques en forme de lianes interminables, ornées de feuilles. Une feuille par yōkai qu'il a tué, peut-être ? Vu leur nombre, impossible de passer à côté : là où d'autres yōkai n'ont que des marques discrètes, comme des tatouages simples, lui en a qui s'étendent absolument partout, immanquables. Un seul regard suffit à l'identifier pour ce qu'il est. Elles courent sur son corps comme les scolopendres du clan Hyakugan, elles l'enchaînent à sa haine et à son péché.
Des yeux d'or (ou au moins un, celui qu'il n'a pas arraché), la marque de l'hérésie : un yōkai créé artificiellement. Les oreilles pointues qui dépassent de ses cheveux longs, l'air sauvage. Des griffes acérées, capables de déchirer si facilement la chair ; il n'aura plus jamais besoin d'un couteau. Mais en même temps, avant même d'avoir ces griffes, il était plus que capable de tuer à mains nues...
Tout en lui rappelle sa nature violente et dangereuse.
Celui-là, il le cache le plus possible. Trois petits clips d'argent magique pour le dissimuler mordent dans son oreille. Les ôter serait pourtant dangereusement facile...
Le yōkai le tente, encore et encore, demande à ce qu'on le laisse sortir. « Tu es déjà un criminel, ça ne changera grand' chose désormais, » susurre-t-il à son oreille.
S'il roule sur le côté pour chasser ses cauchemars, se tournant vers le mur, le yōkai se love dans son dos, se coule tout contre lui et lui murmure des insanités.
Il est toujours quelque part derrière lui, là où il voudrait ne plus le voir, mais aussi là où ne peut plus le surveiller. Ses griffes l'effleurent souvent, et occasionnellement un coup de ses dents acérées, avec ses paroles dangereuses, mord dans sa chair.
Il y a Hakkai. Un homme neuf, en théorie. Il a dû abandonner son ancienne vie et recommencer de zéro ailleurs, sous un nouveau nom. Ces « Huit Préceptes » sont là pour le guider, même s'il ne les respecte pourtant pas tous. Après tout, ça n'est pas comme s'il comptait se convertir au bouddhisme et devenir moine. Ce nom est plus un symbole qu'une obligation à suivre.
Il fait de son mieux pour vivre une vie paisible, désormais. Par reconnaissance envers Gojyō et Sanzō qui l'ont sauvé et lui ont permis de renaître, et aussi par peur de ce qui l'attend s'il dévie de nouveau du droit chemin, s'il cède encore à la folie.
Cette seconde chance qui lui est offerte, il en prendra soin. Et même si la mission confiée par la Trinité Bouddhique vient perturber ce projet, il s'en acquittera du mieux possible, par devoir, par respect des règles établies et pour vivre selon sa conscience.
Ce qu'il est et affiche désormais est un personnage créé de toutes pièces, ce que les Sœurs n'ont pas su faire de Gonō, ce dont Kanan lui a donné un bref aperçu, et autant que possible le contraire du yōkai qu'il est devenu.
Il mesure chacune de ses paroles, chacun de ses gestes, pour s'accorder à ce qu'il veut être désormais. Avec le temps, cela devient de plus en plus naturel. La personnalité de Hakkai prend le pas sur les deux autres, qui ne disparaîtront pas totalement pour autant. Ces deux autres facettes, il continue à les porter avec lui partout où il va.
Longtemps, il a pensé qu'il ne pourrait plus jamais enlacer personne avec ses mains salies par ses crimes. Il ne pourra plus non plus dormir avec personne, avec ces deux-là qui prennent tellement de place à ses côtés. Gonō serait capable de tuer toute personne qui voudrait prendre la place de Kanan. Le yōkai pourrait tenter de la dévorer ou pire encore ; impossible de lui faire confiance, à cet être de violence. Hakkai préfère faire le vide autour de lui, ne laisser personne l'approcher pour ne plus être blessé.
À prendre de l'assurance, il se dit qu'il lui faudrait quelqu'un capable de tenir dans ses bras Gonō et ses insécurités, de l'apaiser comme le faisait Kanan. Il faudrait quelqu'un de sain et de solide, capable de résister au yōkai, de l'apprivoiser. Il lui faudrait quelqu'un de généreux, capable de l'accepter avec tous les défauts qu'il a du mal à gommer, et surtout, quelqu'un de fort, très fort, assez pour le serrer jusqu'à ce que tous les trois ne fassent plus qu'un. Jusqu'à ce qu'il arrête de se battre avec lui-même.
Quelqu'un qui pourrait poser la main sur son épaule et lui souffler de se rendormir. Quelqu'un dont le contact lui ferait réaliser qu'il est seul dans ce lit. Seulement, il n'est toujours pas prêt à accueillir ce quelqu'un à ses côtés...