ext_130622: (yoko)
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Titre : Petite déesse de la mer
Auteur : [livejournal.com profile] ylg
Base : Yoko Tsuno, L’Écume de l’Aube
Personnages/Couple : Sau Sin Kwan -> Yoko Tsuno ; Wai
Genre : gen-ish/un peu de drama
Gradation : G / K
Disclaimer : propriété de Roger Leloup, je ne cherche pas à me faire de sous avec.
 
Thèmes : « nymphe » pour [livejournal.com profile] 31_jours (31 décembre ‘08) ;
et #02, « Dis donc, toi » pour [livejournal.com profile] yuri_a_tt_prix 
Continuité/Spoil éventuel : post-livre
Nombre de mots : ~1300

***

On l’appelle toujours Miss Sau Sin Kwan, malgré son âge et son statut.

Comment, son mari ? Allons. Mariage de raison, que croyez-vous ? Ça ne veut pas dire qu’elle n’était pas heureuse, juste d’une autre manière que vous le concevriez peut-être.

Ils n’ont jamais été très proches ; depuis l’accident de Wai ils ne vivent plus ensemble. Il ne savait déjà pas vraiment s’y prendre pour élever un petit enfant, alors qu’elle, adorant son bébé, y a mis tout son coeur. Après... la question ne se pose même pas. Cet homme n’a pas la force ni la patience de s’occuper d’un enfant handicapé.
Elle veille seule sur lui, quoi qu’il lui en coûte. Elle possède sa propre fortune de toute façon, même si son mari, par principe, la soutient financièrement à défaut de moralement, elle peut très bien se débrouiller par elle-même.
Elle n’a jamais beaucoup attendu de lui et a fini par perdre confiance en lui comme en tous les hommes d’affaires ; à se demander s’ils ont un coeur sous leur portefeuille.

Le seul homme de sa vie c’est Wai, son fils. Jamais aucun autre n’a pénétré son cœur. Aucune femme non plus d’ailleurs. Depuis bien longtemps, elle s’est réfugiée sous sa propre carapace, refermée comme une huître dans sa coquille pour protéger son fils, sa petite perle, le fruit de sa vie.

Et puis, elle est passée dans sa vie.

C’est une jeune fille curieuse qui s’est présentée ce jour-là devant elle.

Elle a aussitôt ressenti l’étrange besoin, l’envie de la percer à jour. Elle devine quelque chose en elle, d’indéfinissable...
Dis donc, toi, qui es-tu vraiment ? Qu’es-tu venue chercher ici ? Quel secret caches-tu donc ?

Cette demoiselle japonaise un peu étrange mais bien élevée malgré ses principes différents a piqué son intérêt.
Les journalistes ont toujours quelque chose de repoussant à fouiller sa vie privée à la recherche de quelque chose de croustillant, sans considération pour son privé... Elle est pourtant juste la femme au foyer d’un riche banquier et la mère d’un petit garçon, il n’y a rien d’extraordinaire dans sa vie ! (ou du moins, ce qu’il y a de spécial, elle le cache soigneusement.)
Mais celle-ci se contente d’observer, sans indiscrétion.

Elle a quelque chose d’avide tout de même en dedans, comme si elle voulait vraiment tout savoir de son hôtesse, pas juste pour faire son article. Et malgré cette avidité elle se montre pourtant encore respectueuse.

Cette fille-là attend, elle regarde, sans imposer de demande indiscrète.

Jusqu’au moment où l’on conclue la visite... Là, frustrée, elle révèle enfin son désir : comme tant d’autres, la Perle Diamant ! que Miss Kwan espérait tombée dans l’oubli.

Au lieu de seulement l’irriter cela l’émeut un peu aussi qu’elle fasse encore rêver cette jeune fille.
Mais bien sûr cela l’ennuie tout de même : l’exposer encore aux yeux du monde c’est risquer de troubler son fils...
Elle sait que c’est sa propre faute, si encore aujourd’hui des gens demandent à la voir, cette fameuse perle.

Elle n’aurait jamais cru à une telle trahison.

Toi. Je t’ai fait confiance. Et voici comment tu me remercies !

Elle aurait pu l’accabler de reproches, porter plainte comme elle a chargé Yin d’en faire menace.
Mais non, pour le bien-être de Wai, pour sa propre tranquillité, elle ne le fera pas.
D’autant qu’accabler cette fille n’effacera pas sa déception. En fait, cela ne fera même que la renforcer.

Elle souhaite encore arranger cette situation par le dialogue. (À vrai dire, elle n’a pas beaucoup le choix. Mais même si elle l’avait, elle pense bien qu’elle préfèrerait la confrontation au recours direct à de tierces forces.)

L’audace du vol la sidère.

Que cache-t-il : une fille si jeune, déjà si cupide ? Elle a peine à y croire. Victime de forces qui la dépassent et la poussent à dérober un objet de grand prix ? Pour quel usage ?

Il lui faut comprendre si elle veut pouvoir admettre et trouver ensuite une solution. Elle ne peut pas juste punir – surtout quand toutes les perles dérobées ne sont que des copies, pour prouver la tentative de vol il faudrait expertiser chaque exemplaire, étaler au grand jour qu’elles sont toutes fausse et avouer alors devant le monde la déchéance de la Perle Diamant... ça serait se livrer en pâture aux journalistes et piétiner le coeur de Wai.

Par la suite, elle pose sur elle un regard nouveau, elle découvre en elle une jeune fille blessée.

Elle comprend et pardonne. Mais pour la grâce de son fils qui croit encore aux nymphes et aux déesses, cette demoiselle ne peut rester ici et surtout ne doit jamais y revenir.

Ironiquement c’est par ce qu’elle a qui lui plaît tant qu’elle se trouve bannie de sa compagnie

Si elle avait utilisé une autre fable encore... ou d’ici une décennie quand il aura grandi ? Mais cela fait si loin ! Et oh, la blessure que cela lui apportera le jour où il comprendra... car il grandira, un jour il ne croira plus aux fées, aux nymphes et aux déesses... Elle ne veut pas y penser. Pourvu que d’ici là, il ait oublié cela comme un beau rêve, qu’il ne réalise pas la tromperie le jour où il cessera de croire...

En la laissant partir pourtant, malgré ce qu’elle a compris d’elle, elle comptait encore la laisser repartir et se venger plus tard en lui révélant la vérité. Elle reste déçue d’avoir vu cette étrange jeune fille, avec tout son courage et son audace, agir encore comme une voleuse, même après avoir révélé ce qu’elle croit être la vérité.
Mettre le doigt sur ses erreurs, avec condescendance, pas en se moquant directement, mais l’accuser tout de même, elle n’aime pas cela, mais elle y est forcée. Elle aime encore moins s’y voir forcée, d’ailleurs...

Quelles ne sont pas sa surprise et sa joie quand, moins d’une heure plus tard, elle découvre qu’elle n’en a finalement pas eu besoin!

Par une chance étrange, ses désirs fous se réalisent : cette fille, malgré tout, a un fond d’honnêteté remarquable. Voici la trahison admirablement rachetée.

Cette Yoko était bel et bien une fille de la mer, une petite déesse, une magicienne capable d’un étrange miracle : réjouir autant son fils !

Justement, à quelque temps de là, Wai se met à faire des siennes :

« Je veux apprendre à nager ! Pour aller chercher la petite princesse et ma nouvelle amie. »

La nouvelle amie dont il ne connaît pas le nom, juste le visage et la belle histoire qu’elle lui a racontée. Même sans avoir elle-même entendu ce conte qui a bercé son fils, elle sait immédiatement de quoi il parle aujourd’hui.

« Dans l’eau, on est plus libre... ça n’est pas une mauvaise idée, Madame, affirme le docteur à qui elle demande son avis. Ça pourrait même l’aider à remarcher, qui sait ? »

Il n’en faut pas plus pour la convaincre de céder à ce caprice.

« Moi aussi, mon enfant, j’aimerais la revoir, » murmure-t-elle, à part elle, avant d’accepter.

Cela ne la fera pas revenir Yoko, bien sûr. Mais faire plaisir à son fils est sa priorité. L’idée qu’elle repensera à la petite servante de la déesse Tin Hau et à sa contrepartie humaine, à chaque séance de piscine de Wai, amène deux petites perles diamant au coin de ses paupières. De joie pour Wai qui a décidé de se battre pour sortir de son fauteuil et de nostalgie et de reconnaissance envers le souvenir de Yoko. Pas de regret, affirme-t-elle même si personne n’est là pour les voir.

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