ext_130622: (hakkai)
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Titre : Cette fille et son sourire
Auteur : [livejournal.com profile] ylg
Base : Saiyūki
Personnages/Couple : Cho Gonō, Cho Kanan
Genre : début
Gradation : PG / K+
Disclaimer : propriété de Minekura Kazuya, je ne cherche pas à me faire de sous avec.
 
Thème : 2#4, « rire » pour [livejournal.com profile] 5_sens
Nombre de mots : 1300

( mémoire )

***

Gonō a toujours été doué pour les études, dans tous les domaines, et avant même qu’il ne finisse son cursus de base il avait reçu de nombreuses propositions d’écoles supérieures prestigieuses.
Il a quitté l’orphelinat sans regret, tournant le dos à toute son enfance sans aucun regard en arrière. Sa nouvelle vie, sur un campus immense, ne lui apporte pas le bonheur : il n’est vraiment pas doué pour ça, mais au moins une grande satisfaction. Les cours les plus ardus présentent ce dont il avait besoin, intellectuellement. Quant aux autres étudiants, c’est à peine s’il remarque qu’ils existent. Il est toujours renfermé. Il ne se mêle pas beaucoup aux autres.

Alors pourquoi accepte-t-il de participer à une grande soirée de fête ?
Peut-être parce qu’on a triché en la lui présentant comme un séminaire auto-organisé par des étudiants d’années supérieures d’un cycle voisin. Et oui, ça a commencé comme ça, c’est vrai, dans un cadre non formel mais bien avec une conférence et un débat. Mais nombre dans l’assistance n’étaient pas bien sérieux et ça a vite dégénéré de manière festive. Pris dans une des dernières discussions animées en cercle restreint, il ne s’est pas aperçu tout de suite du relâchement progressif ambiant.

Et maintenant que, un peu déçu, il aimerait prendre congé, on le retient : mais non voyons, qu’il reste encore, la fête et les débats ne sont pas mutuellement exclusif et l’on aimerait continuer la discussion encore, accepte-t-il un verre et quel est son avis sur tel autre sujet ?

Pourquoi l’a-t-on invité exactement ? se demande-t-il alors seulement. Car un de ses condisciples lui en parlé spécialement et a insisté pour qu’il vienne. Ça n’était pas juste des invitations généralistes, quoi qu’il se retrouve ici du monde d’à peu près tous les horizons. Et il a accepté parce que le sujet l’intéressait, sans voir beaucoup plus loin.

Il obtient sa réponse rapidement : il y a les têtes d’œuf sur qui il peut compter pour s’accrocher au côté intellectuel de la discussion, qui ont dû avoir vent de ses intérêts académiques, et puis… des filles lui font de l’œil et essaient de l’entraîner des sommets du débat vers des pentes plus mouvantes. En pure perte, d’ailleurs. Gonō n’a pas vraiment conscience de l’attrait qu’il exerce sur elles.

Parce que malgré ses dehors froids, on lui reconnaît ces qualités : qu’il est du côté des génies, et qu’il est agréable à regarder, et certaines confondent même son indifférence au commun du monde pour de la timidité ou du grand mystère délicieux.

Il y a notamment cette fille, qui insiste pour faire connaissance. Que lui veut-elle donc, elle avec son sourire nerveux ? Il n’aurait pas dû accepter cette invitation.

Elle commence par se présenter, avec un petit rire poli. Parce que c’est ce qui se fait, apparemment. D’une une autre promotion mais qui a sensiblement le même âge que lui, et surtout le même nom de famille : alors que d’autres se présentent par le seul prénom, elle insiste là-dessus, attendant… quelque chose, une réaction de sa part.
Quelqu’un a dû parler de lui à cette fille, pour qu’elle trouve leur nom commun si intéressant à remarquer.
Il ne l’avait jamais remarquée lui-même. Il ne s’intéresse pas assez aux autres pour cela et il ne laisse même pas les autres lui parler assez longtemps pour que quiconque ait fait les présentations dans l’autre sens. C’est donc elle qui l’approche la première et le lui fait noter.

Et elle lui pose des questions terriblement personnelles : Son nom à lui et les caractères qui l’écrivent, sa date de naissance, et s’il a de la famille ?
Il lui répond quand même. Et même s’il s’efforce de ne rien laisser transparaître, parce qu’il ne veut pas se monter stupidement la tête, dans sa poitrine son cœur accélère.

Le même nom et la même date et elle aussi a l’air de chercher ; quelles sont les chances pour que ne soit qu’une coïncidence ?

Sous les yeux stupéfaits de l’assistance qui le prenait pour un pantin de bois incapable de sentiments ou une belle prise qui prendrait bien plus de temps que ça pour être ferrée, selon, Cho Gonō – 17 ans – première année – physique et théologie – tu sais celui qui a de si beaux yeux verts et qui pose toujours des questions qui font bicher les profs – Cho Gonō entraîne une fille quasiment inconnue à l’écart pour discuter avec elle.

Ils comparent donc leur situation de famille, ou plutôt son absence, leur région d’origine.

Il y a un moment de flottement où il n’y a plus rien d’autre que son visage figé. Tout ce qui les entoure disparaît, seulement leurs dernières paroles qui font écho, encore et encore, au point qu’il n’est plus sûr de les avoir bien comprises.

Il se surprend et s’effraie presque, à éclater de rire. Ça n’est pas qu’il trouve ça drôle, au contraire. C’est la surprise, le choc.
Elle semble comprendre, d’ailleurs. Et elle, c’est de plaisir qu’elle rit.

*

Cette fille – Kanan, sa sœur Kanan – sourit et rit tout le temps. Gonō ne sait qu’en penser.
Lui ne se souvient jamais avoir été assez heureux pour ça.
Oh bien sûr, beaucoup de filles font ça. Mais elle, il y a quelque chose de spécial dans la lumière de son sourire, dans le tintement de son rire. Ça n’est pas logique pourtant et ça le perturbe.
Ça devrait l’exaspérer. Quelque part ça l’exaspère effectivement. Et en même temps, depuis cette soirée et cet incroyable coup de chance, il recherche constamment cette fille et sa joie. Pas juste à cause de cette information : voilà, il a retrouvé la sœur qu’il avait perdue depuis plus d’une douzaine d’années. Ça ne fait pas tout.

Il ne se précipite pas aveuglément vers elle parce que les liens du sang. Il l’observe, il la détaille.
Elle ne lui ressemble pas beaucoup. Évidemment, jumeaux fraternels, de genres différents, ils ne pouvaient pas être la photocopie l’un de l’autre et si jamais leurs parents dont ils ne gardent pas souvenirs ne se ressemblaient déjà pas, les caractères pouvaient être distribués complètement aléatoirement. Des yeux noisette et des cheveux châtains rassemblés en une lourde tresse ; peut-être quelque chose de similaire dans la forme du visage ?
Elle a l’air de bien l’aimer, mais d’aimer aussi beaucoup de monde.
Qu’a-t-il de spécial ? A-t-il seulement de quelque chose de spécial ?

Il ne sait pas. Il ne sait plus. Pour la première fois, Gonō se fiche éperdument de comprendre le comment et le pourquoi d’un problème.

Il admet juste qu’il apprécie Kanan. Qu’il l’a trouve jolie et agréable à fréquenter même si elle est tellement déconcertante. Sur le plan personnalité, elle ne lui ressemble pas du tout, mais alors vraiment pas. Mais ça n’est pas grave. Il découvre qu’il peut faire avec. Que leurs différences ne sont pas incompatibles. Peut-être qu’elles pourraient même être complémentaires, quelque part.

Il n’a pas spécialement envie qu’elle soit plus comme lui. Il n’y en a aucun besoin ; dans l’autre sens non plus d’ailleurs. Et il ne sait pas encore si c’est un bien ou un mal, pourtant l’idée qu’il pourrait quand même, lui, devenir peut-être un peu plus comme elle, lui donne envie de sourire, du même plaisir qu’elle exprime si facilement et non pas d’un quelconque ridicule de situation… preuve que le changement a déjà commencé.

***


( mouvement )
( amour )
( pensée )

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glyfic

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