malurette: (mad scientist)
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Titre : La fille du Nil, chapitre 5
Auteur : [personal profile] malurette
Base : Papyrus
Personnages/Couple : Theti Cheri/Papyrus, la Déesse aux Cheveux Resplendissants
Genre :
Gradation : PG-13 / T
Légalité : propriété de De Gieter, je ne cherche ni à tirer profit ni à manquer de respect.

Note/Avertissement : je blâme entièrement Les Larmes du Géant et ~le coup de la vache~ pour ce que je fais dans cette fic - un canon qui est capable de trafiquer des trucs pareils doit bien pouvoir accepter des handwaves encore pires !!
Nombre de mots : +1400/?

***

Les rumeurs furent par moments cruelles envers Papyrus qu’elles traitèrent d’arriviste, qu’elles accusèrent d’avoir agi à la sauvette, sans honnêteté, d’avoir peut-être même abusé de la confiance que lui faisait naïvement la Princesse.
D’autres le considéraient comme trop demeuré, trop timoré pour avoir tenté quelque chose d’aussi audacieux et suggérèrent qu’on l’avait utilisé comme pion pour cacher autre chose de pire encore. Était-ce bien lui qui avait mis ainsi la main à la pâte ? Certains se permettaient d’en douter, alors que personne n’oserait jamais remettre en question la droiture et la pureté d’une princesse royale, libre de ses choix mais peut-être aveuglée…

Hélas, la méchanceté des jaloux ne s’arrêta pas là et les mots perfides se doublèrent également d’actes sournois.

Par deux fois depuis sa réapparition à la cour, la princesse Theti Cheri échappa à des accidents. Ils n’auraient probablement pas été mortels pour elle-même, ils visaient plutôt à se débarrasser de la vie qu’elle portait.
Une main inconnue tenta de provoquer une mauvaise chute ; sans la réaction preste de Papyrus pour la rattraper et lui éviter de heurter durement le sol, elle aurait pu se blesser gravement, intérieurement.
Une boisson trouvée trop amère lors d’un banquet la rendit presque aussitôt malade. La réaction violente évita qu’elle n’en boive trop : elle contenait un poison qui, pris en quantité plus importante, aurait forcé son corps à rejeter l’enfant en devenir.

Si le premier incident aurait pu n’être qu’un accident fortuit, il était douteux que le second ne soit vraiment qu’une erreur de préparation fâcheuse, et suggérait que les deux étaient bien intentionnels. On avait utilisé d’abord la force brute, ensuite le poison : la Reine était persuadée qu’une menace était réelle. Ça ne s’arrêterait donc pas là et la prochaine fois, soupçonnait-elle, ils utiliseraient la magie. Elle consulta donc Raouser, le prêtre devin, qui confirma ses inquiétudes. Or, d’un envoûtement à distance, ni son fidèle Papyrus ni ses servantes dévouées ne pourraient protéger la Princesse…

Raouser fit porter à Theti Cheri des amulettes spécialement créées, il pria pour les protéger, elle et l’enfant, mais il ne pouvait jurer que ça serait suffisant. À moins de détourner la magie noire sur une autre victime, mais il y répugnait… et Theti ne pouvait y consentir non plus. Même si Papyrus proposa bien de s’offrir, elle se récria de plus belle. Elle ne pouvait pas faire courir de risque à quelqu’un qu’elle aimait… non plus qu’à un sujet innocent.

Rendus à l’intimité de leurs appartements, où ils pouvaient encore se croire l’abri et des yeux et des oreilles indiscrets et des attaques ouvertes ou larvées, Theti Cheri et Papyrus cherchaient le réconfort qu’ils pouvaient encore trouver l’un en l’autre. Ce palais qui avait vu grandir Theti depuis sa naissance et qui avait été la première véritable maison de Papyrus depuis la disparition prématurée de ses parents, comme il leur semblait étranger à tous deux désormais ! Il leur tardait de rentrer là où ils se considéraient vraiment comme chez eux : dans ce palais secondaire loin de tout. Hélas, ça serait également loin de la protection de la Grande Épouse Royale et de Raouser. Leurs pouvoirs agiraient-ils encore là-bas, malgré la distance ? Theti n’osait pas prendre un tel risque. Papyrus, trouvant l’ambiance de la cour royale délétère, aurait préféré partir le plus vite possible.

Alors qu’ils se lamentaient dans les bras l’un de l’autre au creux de leur jardin d’intérieur, au bord de leur étang artificiel, se produisit un miracle. Du point d’eau pourtant pas directement relié au Nil nourricier, suscitée par sa propre magie, la Déesse aux cheveux resplendissants leur apparut soudain.

« Non, non, ne vous prosternez pas. Mes félicitations et mes vœux de bonheur sont sur vous deux. Je sais dans quelle position délicate vous vous voyez et je partage votre inquiétudes mais j’ai justement une solution à vous proposer pour y remédier.
- Belle Déesse, nous sommes à votre écoute.
- L’idée est simple : si un mage noir visait Theti pour lui faire perdre l’enfant qu’elle portait, la solution la plus évidente pour l’en protéger est qu’elle ne le porte pas. Ou plus exactement, qu’elle ne le porte plus elle-même. »

Devant leur air effaré, encore plus inquiété même, elle se hâta d’expliquer :
« Le lien qui vous unit peut être exploité. Ce ne sont pas les attaques qu’il faut chercher à rediriger, mais la cible qu’il faut cacher… déplacer. Theti Cheri, si tu ne portes plus toi-même cet enfant, la magie noire n’aura plus d’emprise sur ton corps. Et Papyrus, ton corps n’étant pas celui d’une femme, elle ne pourra pas l’atteindre non plus.
- Que Papyrus, un homme, porte notre enfant ? Mais c’est impossible !
- Il n’y a rien d’impossible à la magie des dieux. En revanche, que les mortels continuent à le croire vous protégera. Si nul n’y pense, nul ne s’en doute, vous serez à l’abri. »

L’idée pouvait sembler simple à une déesse, mais à eux mortels elle apparaissait terriblement compliquée.
« Mais comment serait-t-ce possible ?
- De sortir un enfant à naître d’une ventre d’une femme et le placer dans celui d’un homme ?
- Et puisque ce n’est pas un corps de femme, qu’il continue à s’y développer ?
- Et comment ressortira-t-il de ce corps d’homme, comment naîtra-t-il ? »

Avec un sourire bienveillant, la Déesse éluda leurs questions.
« Cela, enfants, vous ne pourriez pas le comprendre vous-mêmes, aussi ne puis-je pas vous l’expliquer. La seule question que vous devez poser est, êtes-vous tous les deux prêts à le faire ?
Réfléchissez bien. Le consentement des deux époux est primordial pour tisser ce sortilège.
- J’ai toujours été prêt à tout pour protéger Theti Cheri. À lui faire rempart de mon corps au besoin. Si pour elle et… notre enfant, c’est réellement de ce corps que vous avez besoin, je le prête de mon plein gré. »

La Déesse accepta l’accord que lui donnait Papyrus comme s’il coulait de source. Mais rien de pouvait se faire sans celui de Theti Cheri qui hésitait encore, toujours incrédule.
« Theti ? Acceptes-tu de confier cette vie issue de vous deux à Papyrus ? »

Theti se savait pleine de cette vie minuscule depuis bien peu de temps et n’avait pas encore eu le temps de s’imaginer vraiment lourde. Son corps n’avait pas encore beaucoup changé et elle ne s’appropriait pas encore tous les changements qu’il pourrait subir encore si les choses suivaient leur cours. Sa poitrine et son ventre commençaient juste à s’arrondir légèrement, elle se sentait par moments souffrante, mais pas plus. Tout ce qu’elle savait de cet état difficilement palpable, c’est qu’il s’agissait du fruit de ses amours avec Papyrus et qu’elle refusait donc qu’on l’efface. Mais puisqu’il s’agissait de leur union, que ça soit elle-même ou Papyrus qui la porte, quelle différence ?
Elle accepta donc.

La Déesse leur remit deux ceintures d’amulettes ouvragées et leur montra comment les placer. La première devait être nouée par Papyrus à la taille de Theti Cheri, la seconde par Theti à la taille de Papyrus. Plaçant ensuite une main sur chaque, la Déesse prononça une formule sacrée dans la langue des dieux.

« Et c’est tout ? s’étonna un peu Papyrus.
- C’est tout, confirma la Déesse. »
Nul changement perceptible ne se produisit. Pas de lumière, pas de chaleur, pas de mouvement.
La croissance de l’enfant se fait tout doucement, leur expliqua-t-elle : vous ne sentirez donc pas immédiatement de différence.
« Theti, à partir du moment où la semence a quitté le cœur de Papyrus pour venir s’unir au tien, combien de temps a-t-il fallu pour que tu t’aperçoives que le résultat croissait en toi ? He oui, cela prend du temps. Ayez patience. Point d’inquiétude. Vous avez encore de nombreuses lunes devant vous. 
» Mais attention ! D’ici là, jamais vous ne devrez ôter ces ceintures.
» Ne pensez pas à ce qui arriverait si le sortilège était rompu.
» N’en parlez à personne.
» Mais profitez de cette vie qui est la vôtre, du bonheur qui vous est offert. »

Theti et Papyrus acquiescèrent solennellement.
« Belle Déesse, comment vous remercier ?
- En mettant au monde un enfant en plein santé et pleine beauté, évidemment. »

Sur ce dernier encouragement, la Déesse les salua et se dissout dans les eaux, les laissant seuls avec l’idée de l’étrange échange qu’ils venaient d’accepter… et que leur enfant se trouvait dans la main des dieux de plusieurs façons. Pas encore né, il était déjà peut-être l’instrument du destin voulu par les dieux ?

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