Titre : Dans une bulle
Auteur :
malurette
Base : Escalier C
Personnages : le docteur McCornish et le petit Paul
Genre : gen
Gradation : PG-13 / T
Légalité : propriété d’Elvire Murail, je ne cherche ni à tirer profit ni à manquer de respect.
Thèmes : « mentir » + contrainte accessoire « dualité » d’après
31_jours (o2 avril ’17)
Prompt : journée mondiale de l’autisme
Avertissements : vision cynique du handicap
Nombre de mots : 400
**
Le petit Paul est un très bel enfant, tous ceux qui le rencontrent sont d’accord là-dessus. Assez souvent, les handicaps mentaux sont associés à des déformations du faciès et ça se voit sur leur visage, dans leur attitude, que ces enfants ne sont pas normaux. Chez lui, rien de tout ça. Il est très calme, il vit dans sa bulle et rien ne le dérange.
D’autres, affectés différemment, piquent des colères terribles si quoi que ce soit les dérange. C’est terriblement difficile mais on peut communiquer avec eux si on a la patience et les outils nécessaires, on peut essayer de comprendre l’élément déclencheur. Il y a pour eux des possibilité d’éducation, certes limitées. Le problème c’est que les soignants n’ont pas le temps, pas l’énergie pour ça ; il y a trop à faire avec tous.
Avec lui, c’est juste impossible. Ça n’est pas compliqué de s’occuper de lui : comme d’une une poupée. Il faut l’habiller, le nourrir, et il n’y a même pas besoin de jouer avec lui, de l’occuper d’aucune façon. Personne n’a encore trouvé comment l’atteindre. Il n’y a rien qui le fasse réagir, aucun stimulus auquel il réponde d’une façon ou d’une autre. Encore une fois, ils n’ont pas le temps, pas l’énergie pour chercher le truc qui marcherait, en positif ou négatif.
On ne peut même pas mentir aux parents et prétendre que ça peut s’améliorer. Certains trouvent que c’est bien triste… mais pas pour lui. Il ne souffre pas, en tout cas il ne montre aucun signe de souffrance. Il y a un paradoxe là-dedans ; tout le monde aime le petit Paul : comparé aux autres patients, il est tellement facile d’entretien, et on sait qu’il ne va pas mourir brutalement en leur laissant une place vide dans le cœur après s’y être attaché. Mais pour ses parents, c’est impossible à subir, cet enfant qui n’existe pas dans le même monde ; eux préféreraient encore un de ces débiles qui hurlent mais au moins réagissent au monde et peuvent se dresser comme des chiens à se comporter mieux. Dégoûtant, n’est-ce pas, qu’on en vienne à de telles extrémités de langage ?
Mais enfin, il n’y a pas le temps pour se lamenter là-dessus ; il y a tant d’autres enfants, avec leurs maladies traitables ou non, qui réclament de l’attention, souvent bruyamment, et l’énergie qu’ils peuvent garder leur sera d’abord consacrée.
Auteur :
Base : Escalier C
Personnages : le docteur McCornish et le petit Paul
Genre : gen
Gradation : PG-13 / T
Légalité : propriété d’Elvire Murail, je ne cherche ni à tirer profit ni à manquer de respect.
Thèmes : « mentir » + contrainte accessoire « dualité » d’après
Prompt : journée mondiale de l’autisme
Avertissements : vision cynique du handicap
Nombre de mots : 400
Le petit Paul est un très bel enfant, tous ceux qui le rencontrent sont d’accord là-dessus. Assez souvent, les handicaps mentaux sont associés à des déformations du faciès et ça se voit sur leur visage, dans leur attitude, que ces enfants ne sont pas normaux. Chez lui, rien de tout ça. Il est très calme, il vit dans sa bulle et rien ne le dérange.
D’autres, affectés différemment, piquent des colères terribles si quoi que ce soit les dérange. C’est terriblement difficile mais on peut communiquer avec eux si on a la patience et les outils nécessaires, on peut essayer de comprendre l’élément déclencheur. Il y a pour eux des possibilité d’éducation, certes limitées. Le problème c’est que les soignants n’ont pas le temps, pas l’énergie pour ça ; il y a trop à faire avec tous.
Avec lui, c’est juste impossible. Ça n’est pas compliqué de s’occuper de lui : comme d’une une poupée. Il faut l’habiller, le nourrir, et il n’y a même pas besoin de jouer avec lui, de l’occuper d’aucune façon. Personne n’a encore trouvé comment l’atteindre. Il n’y a rien qui le fasse réagir, aucun stimulus auquel il réponde d’une façon ou d’une autre. Encore une fois, ils n’ont pas le temps, pas l’énergie pour chercher le truc qui marcherait, en positif ou négatif.
On ne peut même pas mentir aux parents et prétendre que ça peut s’améliorer. Certains trouvent que c’est bien triste… mais pas pour lui. Il ne souffre pas, en tout cas il ne montre aucun signe de souffrance. Il y a un paradoxe là-dedans ; tout le monde aime le petit Paul : comparé aux autres patients, il est tellement facile d’entretien, et on sait qu’il ne va pas mourir brutalement en leur laissant une place vide dans le cœur après s’y être attaché. Mais pour ses parents, c’est impossible à subir, cet enfant qui n’existe pas dans le même monde ; eux préféreraient encore un de ces débiles qui hurlent mais au moins réagissent au monde et peuvent se dresser comme des chiens à se comporter mieux. Dégoûtant, n’est-ce pas, qu’on en vienne à de telles extrémités de langage ?
Mais enfin, il n’y a pas le temps pour se lamenter là-dessus ; il y a tant d’autres enfants, avec leurs maladies traitables ou non, qui réclament de l’attention, souvent bruyamment, et l’énergie qu’ils peuvent garder leur sera d’abord consacrée.