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[personal profile] malurette posting in [community profile] glyfic
Titre : Frère de famille responsable
Auteur : [personal profile] malurette
Base : LastMan, cartoon
Personnages : Dave & Howard McKenzie
Genre : gen
Gradation : G / K
Légalité : propriété de Balak Vivès Sanlaville & Périn ; je ne cherche ni à tirer profit ni à manquer de respect.

Thème : « stress » d’après [community profile] 15kisses
Continuité/Spoil éventuel : pré série - Dave : 18 ans, Howie : 14 1/2 ?
Nombre de mots : ~2400

***

Les deux premiers jours où Dave a été assez vieux pour aller vivre sa vie ailleurs alors que Howard restait seul au pensionnat et qu’il s’est retrouvé seul pour la première fois furent exaltants. Il était libre ! Et adulte ! Les deux premières semaines, il commença à accumuler les tracas. Par la suite des deux premiers mois il connut même des moments d’angoisse terribles – comment allait-il s’en sortir, tout seul d’abord, et avec Howard à charge deux jours par semaine à partir de la rentrée scolaire ?

À l’internat, les orphelins participaient aux corvées de nettoyage, mais c’était à peu près tout. Personne ne lui avait appris à vraiment tenir un ménage, faire les courses, la cuisine, équilibrer un budget. Avant de le lâcher dans la nature, on l’aida à trouver son premier appartement, son premier boulot, et pour le reste, il dut se débrouiller à la dure.
Il avait une piaule minuscule dans un voisinage craignos, mal chauffée, mal éclairée. Le frigo antique fonctionnait mal. Il avait un lit avec un matelas trop mince, le comptoir qui séparait le coin cuisine du reste de la chambre, deux tabourets – dont un passablement bancal – un petit placard – il n’avait pas beaucoup de fringues à y ranger de toute façon donc ça suffisait comme ça – et une salle d’eau minuscule avec une cabine de douche qui avait tendance à fuir, des toilettes à se boucher, et à peine la place pour un lavabo entre les deux – il s’y cognait régulièrement – et les réparations prenaient toujours des longues semaines. C’était à peu près tout, mais le loyer n’était pas cher et il ne pouvait pas se permettre mieux.

Il choisit un travail de livraison avec préférence pour des horaires en soirée, pour se dégager le plus de temps possible en journée à s’entraîner. C’était mieux que de la manutention en usine, dont il aurait été capable aussi, mais qui aurait pu risquer de blesser un de ses précieux muscles et qui lui aurait laissé moins de liberté.

Parmi les dépenses incompressibles, il prit un abonnement dans une salle de sport. Il s’y sentait chez lui : là au moins c’était correctement chauffé, l’eau aussi était chaude et personne ne comptait combien de temps il passait sous la douche, il renforçait sa masse musculaire, affinait sa technique, se créait des contacts, se faisait des amis, et même des rivaux cordiaux qui le poussaient à se dépasser. Il ne rentrait chez lui que pour dormir. Il mangeait sur le pouce, mais se rendit vite compte qu’acheter systématiquement des plats à emporter, ça n’était bon ni pour son équilibre alimentaire ni pour son budget.
Très vite, il décida de ne chauffer que le weekend, quand Howard venait ; la semaine, il n’était pas là de toute la journée, et la nuit, he ben, avec une bonne couverture ça suffisait. Il rallumait ponctuellement seulement les nuits de grand gel, quand il faisait vraiment, vraiment trop froid.

Il fallait quand même que la chambre soit habitable les weekend pour recevoir Howard. Et prévoir dans son organisation de nourrir deux jours par semaine un adolescent qui n’avait pas encore fini sa croissance.
Au bout de ces deux premiers mois, à la fin des vacances d’été, quand il fut décidé qu’il pourrait s’occuper de Howard les weekend, il avait le dos à demi démoli et ça faisait deux justifications pour en acheter un second matelas, aussi mince que le premier – il n’avait pas les moyens de s’offrir mieux de toute façon. En semaine, il empilait les deux et ça allait ; le week-end, ils en avaient un chacun et pour une nuit à la fois c’était bien suffisant.

Dave hésitait régulièrement entre préparer tout de suite Howard aux duretés de la vie mieux que lui l’avait été, et le préserver le plus longtemps possible. Lui avait embrassé ses responsabilités plein pot et pour l’instant, métaphoriques et littéraux, il y avait plus de pains dans la gueule que de caresses.

Il venait le chercher le samedi matin, le raccompagnait le dimanche en fin de journée. De toute cette année, il arriva une seule fois qu’il ne puisse pas venir le chercher un weekend à cause d’un match et Howard bouda. La semaine suivante il prétendit être trop occupé avec ses devoirs à rendre pour pouvoir s’absenter.
« Sérieux, tu me fais quoi là ? »
La troisième fois, Dave vexé hésita un peu, vint quand même mais arriva en retard sur son horaire habituel – il n’avait pas fait exprès non plus, mais… bon. Quand il arriva enfin, Howard semblait terrifié par ce qu’il prenait comme une absence de plus – et craignait qu’elle devienne définitive.
« Ne m’abandonne plus. S’il te plaît. Je suis désolé. Je te promets que je ne t’embêterai pas, mais ne me laisse plus tout seul ici. »

Ensuite, il ne manqua plus qu’un seul autre weekend de façon imprévue – une fois où il fut malade – et il se débrouilla quand même pour prévenir à l’avance la veille qu’il était forcé d’annuler. Les jours de matchs, c’était noté à l’avance et il arrivait tôt et se dépêchait pour le récupérer avant, tant pis si Howard ne s’intéressait pas à la boxe et s’ennuyait dans le public, ou potassait ses bouquins en douce dans un coin.


Vers la fin de l’année, il eut la mauvaise surprise de ne pas trouver Howard à la sortie du samedi.
Le surveillant à l’entrée n’avait pas d’explication, ce fut un autre sortant qui la lui lança au passage :
« À l’infirmerie, il est tombé dans l’escalier.
- Tombé ? Ou quelqu’un l’a poussé ? »
Un de ses anciens camarades qui passait et les entendit, renifla, méprisant ;
« Heh, McKenzie, fais-lui un peu confiance. Ton frère n’a besoin personne pour se vautrer tout seul sans qu’on ait besoin de l’y aider. »
Dave, trop inquiet, les abandonna là sans remercier le premier ni corriger le second et se précipita à l’infirmerie, sans se soucier du portier qui prétendant l’arrêtait.

Il y trouva Howard assis sur un des lits, la matrone auprès de lui ; conscient et apparemment pas blessé, mais pâle, les yeux cernés, et agité.
« Hey. Qu’est-ce qui t’arrive ? On m’a dit que tu avais fait une chute.
- Je ne suis pas tombé. J’ai eu… une sorte de vertige, il a fallu que je m’asseye deux minutes. C’est tout.
- Tu as eu une absence, corrigea la matrone. Il n’y avait pas moyen de te faire réagir et ça a duré beaucoup plus que deux minutes. »
Howard l’ignora complètement, focalisé sur une seule idée :
« Tu es venu m’emmener ? »
Dave aurait voulu considérer que ça voulait dire qu’il n’avait rien d’inquiétant. Le regard sévère de l’infirmière le refroidit.
« Pas si tu es malade, répondit-il avec prudence.
- Mais ça va. C’est passé.
- Repos toute la journée, ordonna la Sœur.
- Oh non ! Mais… je ne suis pas obligé de rester ici pour ça, n’est-ce pas ? Je peux très bien aller me reposer chez mon frère ? »
Ils furent obligés de doucher ses espoirs. Elle n’autoriserait jamais ça et Dave n’avait pas les billes nécessaires pour discuter contre. Il négocia de rester juste une heure et qu’ils aillent faire un tour dans le parc de l’institut, puis qu’ils reviendraient sagement ensuite. L’air frais et le calme lui ferait du bien, non ?

« Allez. Tu m’expliques ce qui t’arrive ?
- Mais rien. Peut-être un peu de fatigue, c’est tout. »

Dave pouvait reconnaître là des symptômes dont il souffrait lui-même régulièrement. Fatigue physique autant que nerveuse… Il était partagé entre la colère envers les Sœurs qui ne le cadraient pas mieux, envers Howard lui-même qui s’obstinait stupidement dans une tâche auto-imposée au-dessus de ses moyens… et la pitié. Il ne pouvait pas le laisser s’abîmer comme ça, bon sang, pas son petit frère, pas sans rien faire pour tenter de l’aider.
Il travaillait avec obstination, tous les jours, y compris les weekend. Il emmenait des lectures à faire, des devoirs à rédiger. Le temps qu’il ne consacrait pas à prendre de l’avance dans ses propres études, il faisait encore du tutorat auprès d’autres élèves. Il y passait même ses heures libres.
Et la seule distraction qu’il s’accordait, c’était relire ce vieux livre de légendes. Dave l’avait lu aussi ; l’épopée des Roitelets était cool et avait de quoi plaire à un ado en mal d’aventure, mais c’était juste ça ; de la fantasy. Que Howard croie dur comme fer à la réalité de cette légende… bah, après tout, tant pis, c’était de son âge, et si ça l’aidait à tenir, il ne dirait rien.

« Alors tu me racontes ce que tu as fait de ta semaine ; »
il ravala la suite : » pour te mettre dans cet état ? »
« J’ai déposé mon dossier de candidature la semaine dernière et j’attends la réponse du college. Et s’ils ne veulent pas de moi ?
- Et c’est ça qui t’angoisse comme ça ? Un, je te fais confiance pour qu’il soit bétonné, pourquoi ils ne voudraient pas ? Et deux, même si ça arrivait, c’est pas si grave. Il te reste un an, tu sais ? Tu n’es pas obligé de te presser autant pour essayer de sauter cette classe. Tu peux rester là une année de plus, prendre ton temps. Ça ne vaut vraiment pas la peine de rendre malade pour ça.
- Je ne me rends pas malade ! Mais je ne veux pas rester ici. »

Ça aurait pourtant été plus simple qu’il profite le plus longtemps possible du système. À l’orphelinat, Howard était logé, nourri, blanchi, au frais des généreux donateurs et des subventions d’état, et si jamais Dave ne pouvait pas le faire bénéficier d’une sortie le weekend, les Sœurs le gardaient sans sourciller. Mais bon, il comprenait qu’il déteste l’endroit. Lui-même avait prévu de le quitter plus vite que ça et aurait préféré, finalement, avoir un an de plus rien que pour lui. Et il ne pouvait pas l’abandonner là.

L’heure écoulée, pourtant, malgré la demande renouvelée de Howard, Dave le raccompagna à l’infirmerie. Non, il ne pouvait pas se permettre de l’emmener cette semaine. Tout ce qu’il obtint, ce fut le droit de regagner son dortoir au lieu d’être confiné là à l’écart… mais surtout loin de ses livres.
« Tu me promets que tu passes ta journée au calme ?
- Oui, oui. »
Allez. Tout bien réfléchi, il allait en profiter pour relire son livre de contes au lieu de s’acharner sur des programmes de fac avancés, juste cette fois.


Évidemment, Howard s’inquiétait pour rien et fut non seulement reçu, mais bénéficia d’une bourse de mérite. Heureusement, sans ça il n’aurait jamais été capable de payer ses études. Malheureusement, l’organisation de la fac sur l’accueil des étudiants mineurs était pensée en dépit du bon sens.

Il y eut un second été de liberté pour Dave, les dernières vacances que Howard fut forcé de passer encore une fois là, avant de devoir refaire sa vie dehors.

L’année suivante, quand Howard se retrouva dans ce dortoir pour étudiants mineurs pensé de travers, il était obligé de le quitter chaque vendredi soir pour ne revenir que le lundi matin et d’avoir un membre de la famille majeur pour l’accompagner. Ça rendait les choses encore plus compliquées qu’au pensionnat. Jongler entre les alea de son boulot et les horaires fixes du campus agaçait Dave, mais qu’y pouvait-il ? Il avait de la chance d’avoir un patron à peu près compréhensif à qui il avait expliqué qu’il était chargé de famille, mais il avait toujours peur de trop tirer sur la corde et de se faire congédier s’il manquait de souplesse. Il s’efforçait toujours d’être à l’heure, mais plusieurs fois, il eut un petit peu de retard, heureusement jamais beaucoup.

L’année civile touchait à sa fin. Décembre s’étirait ; la dernière semaine fut remplie non plus de cours mais des examens de fin de semestre, et puis ensuite ça serait enfin les vacances. Au lieu d’un weekend à la fois, ils allaient devoir passer deux semaines à la file et ça demandait de l’organisation.

Dave récupéra Howard passablement fatigué, mais soulagé d’en avoir fini.
Il se mit naturellement à la popote ; pour l’instant, c’était encore un vendredi soir ordinaire. Howard n’avait pas voulu fêter spécialement la fin du semestre ; à quoi bon ? Il verrait à la rentrée, quand il aurait ses résultats. Pour le moment, il voulait juste rentrer.
Et se reposer, visiblement. Tassé sur le lit avec un livre resté fermé posé sur les genoux, il ne répondit aux questions de Dave sur sa semaine et ses projets pour les suivantes que par monosyllabes, puis bientôt plus du tout.
Depuis le coin cuisine où il s’affairait, Dave finit par se retourner, agacé.
« Oh, tu me réponds quand je te parle ? »
Howard s’était endormi sur place, roulé en boule sur le lit. Dave hésita quelques secondes, avant de le secouer. Ça n’était plus l’heure de faire la sieste et il n’allait pas laisser brûler ni refroidir le repas en attendant.

Il se réveilla en sursaut, passant de l’abrutissement à la panique presque instantanément.
« Oh non ! Il est quelle heure ?
- Sept heures et demie déjà.
- Le partiel de physique !
- Hey. Du calme. Il est sept heures du soir, c’est fini tes partiels, là. »
Il n’aurait sans doute pas dû, mais Dave rit malgré lui. Howard, cependant, semblait ne même pas l’entendre.
« Je me suis trompé à la troisième question, geignit-il. Je sais que je me suis trompé. Quel imbécile…
- Du calme bon sang. Tu peux plus rien y faire maintenant de toute façon, alors n’y pense plus. Profite des congés puisque t’en as ! Tu devrais faire un peu de sport à partir de demain, tiens, ça te changera les idées.
- Il faut que je prenne de l’avance sur le semestre suivant…
- Ben tiens. Le contraire m’aurait étonné. Howard. Stop. Je ne veux plus entendre parler de ta fac du tout ce soir. N’importe quoi d’autre mais pas ça. Tu m’en parleras demain si tu veux, mais juste ce soir, déconnecte. OK ?
- OK…
- Bon. Tu as faim?
- Et comment ! Ça sent rudement bon, d’ailleurs.
- Bon, j’aime mieux ça. Allez, à l’attaque. »

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