malurette: (blood)
[personal profile] malurette posting in [community profile] glyfic
Titre : Une place dans ce monde
Auteur : [personal profile] malurette
Base : LastMan (cartoon)
Personnages : Dave & Howard McKenzie, quelques OCs
Genre : gen
Gradation : PG / K+
Légalité : propriété de Balak, Vivès, Périn, etc ; je ne cherche ni à tirer profit ni à manquer de respect.

Thème : "rope" d’après [community profile] 15kisses (corde)
Avertissements : un peu de crade
Continuité/Spoil éventuel : pré série - Dave, 18/19 ans
Nombre de mots : ~2000

***

Dave aimait son club. Le reste de sa vie à côté pouvait à moitié nul, ou même complètement nul, quand il s’y retrouvait, là tout allait bien.
Les cordes du ring y formaient un espace délimité auquel tout son monde se réduisait le temps d’un combat, concentré à fond sur ce qu’il y faisait. Il éprouvait envers son coach un respect total qui frisait l’adoration. En fin de carrière, Mr Lawrence était un peu bourru mais enseignait encore avec passion à ses élèves, en tout cas aux meilleurs d’entre eux, sans se lasser. Et il apprenait tellement ! Sur la théorie comme sur la pratique, et aussi tous les détails à côté sur les tenants et aboutissants d’une carrière professionnelle. Il fit de lui rapidement un excellent boxeur.
Oui, c’était bien là où il voulait être, c’était bien ça qu’il voulait être.

Les camarades aussi partageaient quantité de machins plus ou moins utiles avec lui, qu’il écoutait toujours avec attention avant de les trier. Et pas juste sur les filles qu’ils se vantaient de séduire, mais des trucs et des astuces sur la vie quotidienne, sur le fonctionnement du club, les ententes tacites en plus du règlement édicté par le coach, des ficelles pour se faciliter l’entraînement…
Ce furent eux qui le renseignèrent sur où et comment se procurer son propre scooter pas cher mais suffisamment solide pour ne plus dépendre de celui des livraisons au restau’ qu’il n’était pas exactement censé emprunter hors des heures de services.
Une paire d’années plus tard, quand il envisagerait de s’acheter une vraie moto, ils lui conseillèrent de plutôt prendre directement une bagnole. Il n’y avait pas beaucoup de choix disponible dans ses prix et ses attentes, c’est un peu par hasard qu’il se retrouva avec son Impala bleue, mais une fois qu’il apprit à s’arranger, et l’adora presque instantanément.

Sans aller jusqu’à démolir le portrait, parce que ça ne se faisait pas hors du ring ou en défense suite à une attaque directe, il engueula vertement celui qui se mêla d’apprendre à Howard comment simuler de manière crédible une blessure un jour où il avait un peu trop visiblement envie d’être n’importe où sauf là. C’était déjà pas beau de mentir, alors tricher comme ça ! Et si au lieu de ça il se blessait pour de vrai, hein ?
Pendant ce temps le principal concerné boudait sur son coin de banc derrière un manuel scolaire, prétextant qu’il avait un devoir très important à préparer et pas de temps à perdre là-dessus.
« Oh, allez. Ça te fera du bien de te dépenser un peu, de t’aérer la tête en ne pensant justement plus à ça, et tu as largement le temps d’étudier ce soir quand on rentrera. »
Bon, d’accord, à la base il l’avait un peu recruté de force, mais hey,
« C’est pas comme si je t’attachais et te traînais ici au bout d’une laisse ! »
mais il n’avait pas le choix pour autant. Si c’était ça où rester à l’orphelinat…

En plus, le club lui faisait du bien ! Howard pouvait toujours ronchonner et prétendre le contraire, mais les jours où il était bien luné il pouvait sauter à la corde indéfiniment ou presque. C’était peut-être un gringalet sans grande motivation, mais il fallait lui reconnaître une chose : il avait une bonne coordination œil/main, quand il acceptait de commencer il faisait preuve de persévérance, et son endurance se construisait de manière constante. Il n’aimait toujours pas ça, d’accord, mais il le faisait correctement.
En revanche il ne mit jamais beaucoup de conviction à s’acharner dans le sac de frappe. Ça lui aurait pourtant permis de se défouler au lieu d’accumuler la frustration en-dedans… et il ne s’habitua jamais non plus aux exercices en duo. Apprendre à voir venir les coups et les parer à temps lui aurait beaucoup bénéficié, mais non, il bloquait toujours là-dessus.
Il renonçait toujours vite et préférait rester dans un coin ensuite.

Son manque de motivation et le fait que sa présence ici soit plus forcée que volontaire entraînèrent de temps en temps de mauvaises plaisanteries. Puisqu’il ne voulait pas bosser mais qu’il était quand même là, il devrait donner un coup de main sur tout le reste, donc pourquoi pas le charger de faire toute la lessive… et s’il veut se faire oublier au sous-sol on pourrait carrément l’aider en l’y attachant, hm ?
Blague à part, la moitié des membres profitaient de la buanderie. Le lave-linge commun, en théorie, était là pour leurs serviettes et les tenues de sport si on saignait dessus au cours d’un matche. En pratique, l’un ou l’autre casait toujours un peu plus de lessive personnelle, du petit linge, sa tenue de sport entière après avoir bien sué dedans, pour éviter de payer la laverie automatique quand on n’avait pas assez de sous. Le coach fermait les yeux là-dessus, sur ça et d’autres combines.
En revanche, il gueulait s’ils cognaient trop dans le distributeur de sodas pour en faire tomber des canettes sans payer. Il y avait une marge de tolérance à ne pas dépasser sinon ils finiraient par le retirer. Et puis zut, ils n’étaient pas censés se gaver de trucs sucrés en premier lieu ! les boissons énergisantes, à petites doses, les boissons pour sportifs, s’ils avaient confiance dedans, ok, mais les sodas… bah, tant pis pour eux s’ils pourrissaient leurs dents et leurs niveaux de sucre.

Ils avaient toujours des trucs sur comment faire des économies, notamment sur la bouffe… et parfois leurs tuyaux étaient pourris. Notamment, ce qui était fiable en termes de dates d’expiration ou pas. Les salauds. Ou les abrutis, il ne savait pas trop. Il n’aurait peut-être pas dû les écouter là-dessus.

Un moindre mal, c’est que ça se produisit un jour de semaine et qu’au moins Howard n’était pas là pour être témoin de ça.
Ce jour-là, l’idée de sauter à la corde lui sembla d’emblée très, très mauvaise. Il préféra éviter tout ce qui risquait de secoue trop… mais ça ne suffit pas. Jamais encore il n’avait perdu par abandon, même dans les entraînements les plus basiques. Aux points, oui, ou si le coach arrêtait l’exercice en estimant la démonstration suffisante. Pour la première fois de sa vie il dut demander grâce.
« Non, pas de crochet au foie ! »

Et sans bien se rappeler comment il avait quitté le ring, il se retrouva à embrasser la déesse de porcelaine. Bon, c’était des trucs qui arrivaient. De temps en temps. C’était la honte sur le moment mais c’était pas si grave en soi. Malheureusement ça ne s’arrêta pas là. Victime ensuite de crampes terribles, il dut se hisser sur le trône et arracher son short en catastrophe puis juste subir, horrifié. Il ne sentait même plus le mouvement, entendait seulement ce qui coulait sans pouvoir retenir quoi que ce soit. Puis il resta encore plusieurs minutes immobile, toujours plié en deux, à se demander si c’est enfin fini, s’il n’y aurait vraiment plus rien… et s’il allait avoir la force se relever.
Il avait l’impression affreuse d’être au bout du rouleau, de s’être complètement vidé, dévidé, de n’avoir plus rien en-dedans ni aucune énergie.
Il tâtonna pour actionner la chasse, se laissa glisser à terre. Il était trempé de sueur froide, grelottait, et pourtant le contact du carrelage froid lui faisait du bien. C’était solide. Il ne tomberait pas plus bas.

« Oh. McKenzie. Tu trafiques quoi ?
- Coach.
- Vingt minutes de pause tu trouves pas que ça commence à faire beaucoup ? »
Dave s’efforça de se redresser. Il ne pouvait pas aller loin, ni même se déplier vraiment, mais plutôt que rester roulé en boule sur le sol, il pouvait au moins se hisser en position assise, quitte à serrer toujours les genoux contre sa poitrine.

Le coach se pencha sur lui, sévère.
« Fais voir tes yeux…
» …bon ça va. T’es pas du genre à te planquer dans les toilettes pour t’envoyer un rail ou quelque chose comme ça, hm ?
- Quoi ? »
L’idée même que qui que soit puisse faire des trucs pareils ne lui avait jamais traversé l’esprit auparavant. Mais alors qu’on puisse le soupçonner lui !
Son étonnement parlait pour lui. Il ne pouvait pas douter de son honnêteté, mais le coach le regardait plus avec pitié, en fait. Dave eut honte de sa naïveté.

« Et je ne vais pas te demander ce qui s’est passé, c’est assez évident comme ça. N’empêche, tu peux pas rester ici comme ça. »
Dave se força à déplier les jambes, toujours tremblantes. Sa propre faiblesse le terrifiait, mais il ne pouvait pas mentir.
« Coach, si je me lève je tombe.
- Va quand même falloir. Allez, vas prendre l’air. »
L’attrapant par le bras, il le hissa et le remit debout.
Dave vacilla un peu mais tint bon.
« Garde les yeux fixés sur ton objectif, marche droit sans t’arrêter, oh, et si tu dois gerber fais ça dans le caniveau pas devant l’entrée du club. Ok ? go ! »

Il traversa la salle surchauffée comme un automate, sans voir ni entendre grand’ chose, entre un voile gris et des sifflements d’oreille, mais il atteignit la sortie sans problème et réussit même à aller s’asseoir sans tomber. La sueur glacée qui l’inondait n’avait pas fini de sécher, mais l’air froid dehors le revigorait.
Il frissonna de nouveau, sans arriver à savoir s’il avait vraiment froid ou pas.

Le coach le rejoignit, voulant s’assurer qu’il tenait le coup. Il lui posa son propre blouson sur les épaules et lui tendit une canette.
« Tiens, t’as gagné un coca. »
Dave remercia automatiquement, mais hésita avant d’accepter effectivement.
« Euh. Ça va pas me rendre encore plus malade ?
- Bien sûr que non voyons ! mais d’où tu sors ? …ah oui c’est vrai. »
La blague récurrente de l’orphelinat catholique qui ne leur avait pas appris grand’ chose de la vie, était franchement lourde à force.
« Sérieusement. C’était un médicament à la base. Les bulles devraient te faire du bien à l’estomac, l’acidité va ronger ce que tu n’arrives pas à digérer et désinfecter le reste, et puis tu vas besoin du sucre pour te requinquer. Pour une fois… Tes nonnes traitaient ça de boisson du diable ou quelque chose dans ce goût-là ?
- Plus ou moins. »
Un peu maladroitement, Dave ouvrit sa canette. Il aurait préféré un verre d’eau d’abord, mais tant pis.
« De la part de ton premier de la classe de frère je comprendrais d’y croire encore, mais je pensais que toi tu en savais un peu plus.
- J’apprends, Coach, j’apprends.
- Ouais. Lui on en tirera rien mais toi si tu ne me refais jamais ce coup pendant un vrai match tu as tes chances.
- J’espère. J’y travaille. »
L’acidité et les bulles de la première gorgée le firent grimacer mais il s’efforça d’avaler quand même.
« Si t’étais pas obligé de te le traîner comme un boulet…
- Oui. Mais c’est mon frère. …’scusez-moi. »
Il recracha la deuxième gorgée, regrettant de n’avoir pas pu se rincer la bouche correctement avant de commencer à boire.
« Bois tout quand même.
- Oui Coach. »
Le reste de la canette passa, une gorgée après l’autre. À la moitié, il dut reconnaître qu’effectivement, ça lui faisait du bien. Là-dessus comme sur beaucoup d’autres choses, le coach avait raison. Mais concernant l’existence de Howard, c’était tout, il n’y avait pas de discussion possible là-dessus. Il faisait partie de sa vie, point final.

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