malurette: (victim)
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Série : n/a
Titre : Es-tu avec moi ?
Auteur : [personal profile] malurette
Base : LastMan
Personnages/Couple : Howard McKenzie, Charles Vales
Genre : gen-ish/début de film d’horreur ?
Gradation : PG-13 / T
Légalité : propriété de Balak, Vivès, Périn, etc ; je ne cherche ni à tirer profit ni à manquer de respect

Continuité/Spoil éventuel : pré-série/épisodes 17 & 25
Fork : canon compliant avant de brancher un premier AU
Nombre de mots : ~1000

***

Des années de recherches et de préparation touchaient à leur but ! Ça ressemblait à une soirée entre gros nerds innocente, pourtant. Les pizzas, les bières… et puis la boîte de Scrabble. Disposer toutes les lettres en cercle. Le verre au milieu. L’invocation. Et c’est là que tout tourna au désastre.
Gobniu répondit. Qui vouliez-vous que ça soit d’autre qu’un esprit, si le verre continuait à bouger après qu’ils l’aient tous lâché ? Six lettres furent pointées. Un nom s’épela. Raghan.
Bien sûr. Tout forgeron de la Coupe qu’il fut, Gobniu n’avait sans doute pas assez de puissance seul pour ouvrir une brèche dans la réalité. Raghan le Clairvoyant, en revanche, l’instigateur de la révolte des Roitelets, le sage aux pouvoirs mystiques, en savait forcément plus.

Mais Benji et Thomas abandonnèrent. Bande de lâches, d’incrédules ! Charles commença par les suivre, à contre-cœur. Furieux, mais refusant de se laisser abattre, Howard s’obstina. En théorie, il fallait être au moins trois pour une séance de spiritisme. Mais si Gobniu pouvait manifester assez de présence pour faire bouger le verre sans avoir besoin de posséder leurs bras, nul doute que Raghan le pourrait aussi. D’autant, s’il était encore plus puissant !
Il vérifia méticuleusement l’intégrité de son cercle, l’espacement et l’ordre des tuiles. Repositionna soigneusement le verre en son centre. Il fallait que ça soit parfait.
Il se rassit. Tenta de faire taire à la fois le ressentiment envers ses camarades et l’excitation à l’idée de ce qu’il faisait. Il lui fallait un esprit, calme, composé. Il se lança.

« Raghan le Clairvoyant. Instigateur de la Révolte contre Théodore. Roitelet maudit. Âme errante. Connaisseur de toute chose. J’en appelle à ta sagesse. J’en appelle à ton savoir. »
Il hésita juste un court instant sur la tournure… La formule consacrée du parmi nous n’avait plus lieu d’être.
« Es-tu avec moi ? »
L’idée était étrangement… intime. Presque dérangeante par son côté audacieux.
Il entendit une voix siffler à son oreille,
« Oui. »
Avec des compagnons autour de lui, il se serait demandé s’il l’avait imaginée. Ou si l’un d’eux l’avait soufflée. Seul, il aurait dû encore plus questionner sa réalité. Si ça n’était qu’un effet de son exaltation… Mais non. Il était persuadé du fondement de ce qu’il était en train d’improviser.

Le verre dansa. Les lettres volèrent. Des mots se formaient dans son esprit. Des images…
Il connaissait déjà ces diagrammes. Ces cercles d’invocation. Il avait travaillé dessus. Jusqu’ici, tous ceux qu’il avait tenté de reconstituer étaient incomplets. Maintenant, il savait parfaitement ce qu’il leur manquait.
Le savoir affluait directement dans son esprit, depuis l’Éther.
Comme s’il était lié à Raghan, dont le Livre du Lion vantait les capacités de télépathie et de manipulation. Il aurait dû se méfier. Il en était bien au-delà. Il se passait quelque chose de merveilleux, de formidable, une chance unique au monde.

C’est le moment que Charles choisit pour changer d’avis et revenir. La porte était restée entr’ouverte, les garçons n’ayant même pas pris la peine de la claquer en partant et Howard, trop absorbé par ses préparatifs, n’ayant pas non plus pris le temps d’aller la boucler.
Charles poussa la porte et découvrit Howard en pleine illumination.

Avec son aide, il fut facile de rassembler papier, crayon, craie – oui, Charles avait un bâton de craie sur lui, empoché plus tôt ce même jour après avoir résolu un problème de physique au tableau noir en enseignement dirigé.
Howard transcrivit soigneusement les incantations dictées par Raghan, vite, avant de risquer de les oublier. Il les compara, pour plus de sûreté, aux prières évoquées par le Livre. Il reproduisit fébrilement les diagrammes, couvrant toutes les surfaces. Il était chez lui de toute façon, il était libre de faire ce qu’il voulait ! Et prisonnier de son obsession, plus rien n’avait d’importance. Ce que dirait le propriétaire en trouvant l’endroit dégradé, et quoi encore ? S’il pouvait ouvrir une porte vers un autre monde, celui-ci ne compterait plus.

Charles aurait bien aimé participer un peu plus. Il pouvait aider à tracer les cercles : sa main ne tremblait pas. Mais pour réciter les invocations, lui qui souffrait de bégaiement, se trouva relégué au rôle de souffleur au cas où, mais Howard n’oublia aucune ligne, aucun mot et les récita tous sans la moindre erreur, sans la moindre hésitation. Les seules coupures vinrent du fait que, peu habitué à déclamer ainsi et emporté par son élan, il gérait mal son souffle.
Une pause de quelques secondes s’étendit.
L’inquiétude de Charles se fit contagieuse.
Il se sentit tout à coup bien bête, au milieu de ses gribouillis, l’écho de ses mots résonnant encore dans sa mémoire.
« Il se passe rien, là, non ? »
Et puis quelque chose frémit. Une lueur se fit. Un souffle se leva.
« Si. Je crois que ça a marché ! »

Mais ça n’était pas ce qu’il avait cru appeler. Il voulait la Coupe de Gobniu. À la place…

Le monde se déchira, mais ce qui s’ouvrit n’était pas le portail espéré vers la Vallée des Rois. Une brèche se créa sur les Limbes et n’en libéra pas seulement l’esprit de Gobniu. Quelque chose… quelque chose s’abattit sur Charles.

Une odeur d’ozone s’éleva, suivie par une puanteur de vêtements brûlés, les cris de douleur et plus encore de terreur de Charles remplirent les ténèbres. Tout les plombs sautèrent. Des éclairs anarchiques déchiraient la nuit et le brouillard d’incompréhension dans lequel ils flottaient tous deux.

Quelque chose avait pris la place de Charles et marchait vers lui. La mort marchait sur lui.

Le miroir mural s’était brisé sous le choc et reflétait une réalité en miettes.

Il y avait quelque chose de dur, de froid dans ses yeux cruels. Quelque chose de dur, de froid sous sa main. Il la referma, serrant les doigt sur le bord coupant comme la terreur et la colère serraient sa poitrine.
Howard ne savait pas se battre. Dave avait bien essayé de le forcer ces dernières années à au moins essayer la boxe pour voir. Ça s’était toujours mal fini. Il ne voulait plus en entendre parler.

L’éclat de verre lança un éclair de douleur dans sa main refermée mais il ne pouvait pas penser clairement aux causes et aux conséquences de cette douleur. Dans un mouvement de défense se changeant en attaque, il visa le visage et ces yeux clairs et froids qui n’étaient plus ceux de Charles. Un bout de miroir pour finir de trancher son âme brisée…

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