Titre : Tu seras toujours trop jeune pour ça
Auteur :
malurette
Base : LastMan (cartoon)
Personnages/Couples : Dave McKenzie, Howard/des filles
Genre :
Gradation : PG-15 / T+
Légalité : propriété de Balak, Vivès, Périn, etc ; je ne cherche ni à tirer profit ni à manquer de respect.
Thème : "charm" d’après
15kisses (charme)
Continuité/Spoil éventuel : pré série –
Avertissements :
Nombre de mots : 2000
***
Dave s’entendait bien avec tous les membres du club, ses voisins, les gens du quartier en général. Le coach l’avait à la bonne. Autant que possible, quand il pouvait, il essayait d’aider, autant qu’on l’aidait quand il en avait besoin.
Cette dame de l’immeuble d’en face, par exemple, avec un fils un plus jeune que son propre frère : d’expérience, plus avec les autres jeunes qu’avec Howard, mais un peu quand même aussi, il savait que c’était un âge difficile. Cooper avait besoin d’être recadré et elle était dépassée. Elle s’était prise d’amitié pour lui, petit jeune homme avec trop de responsabilité, mais ça n’était jamais allé plus loin. Ils avaient assez à faire comme ça, l’un et l’autre, dans leurs vies personnelles, pour aller compliquer les choses en partageant leurs problèmes.
Howard, quinze ans et demi et pas encore de poil au menton, était un adolescent dégingandé et ces dernières semaines sa main droite dans le plâtre le rendait maussade. Farah le rencontra devant le club où elle parlementait avec le coach à propos d’une éventuelle inscription de son fils et où lui-même ne se sentait pas du tout à sa place en ce moment.
« Toi, je parie que tu es le frère de Dave.
- Ça se voit tant que ça ?
- Il m’a parlé de toi… T’as quinze ans, c’est ça ?
- Et demi.
- T’es droitier ?
- Oui.
- Quel manque de bol. Tu t’en sors comment du coup ?
- Je me débrouille.
- Heh, tu as besoin d’aide avec ça ?
- Avec..? »
Elle désignait sa main avec un sourire beaucoup trop large et un geste qu’il ne comprit pas. Il ouvrit des yeux ronds et remercia poliment.
« Non, non, je m’en sors seul, merci. »
Ça partait d’un élan de tendresse maternelle, mais ça pouvait aussi être le premier indice d’autre chose.
« Dis donc, s’étonna Dave quand il eut l’occasion de lui causer seul à seule, c’est un truc sexuel que tu as proposé à mon frère ?
- C’était une plaisanterie.
- Je suis pas sûr qu’il l’ait comprise. C’est encore presque un bébé.
- Je vois ça. T’inquiète pas, va. »
Dave avait toujours autre chose dont s’inquiétait. Et à lui aussi, ce genre de plaisanterie passait en général au-dessus la tête.
Une nuit, des mois et des mois plus tard, il dut pourtant les envisager comme une réalité possible. Quelque chose le réveilla, mais il ne savait pas quoi.
…Howard ?
Il n’osa pas appeler directement, préférant écouter d’abord attentivement. Ça pouvait être un vrai bruit comme un simple rêve de sa part. il mit du temps à l’entendre et s’en inquiéta un peu. Il respirait calmement, très lentement, très doucement, un peu trop même. Mais à côté de ça, un léger bruit qu’il n’arrivait pas à comprendre lui fit froncer les sourcils. C’était à la limite de l’audible, il n’était pas sûr de ne pas l’avoir imaginé, mais c’était tellement bizarre : d’où aurait-il pu l’inventer s’il ne savait même pas ce que c’était ?
C’était quelque chose d’humide, de rythmique, un peu comme un très léger claquement de langue ou une tétée. Howard ne suçait plus son pouce depuis l’âge de sept ans… il rêvait d’embrasser quelqu’un, peut-être ? S’y ajouta une froissement de drap. Dave retint sa respiration.
Une idée à la con absolument terrifiante lui vint tout à coup, et ensuite il ne put plus se la sortir de la tête : que c’était une membrane muqueuse… le glissement du prépuce sur le gland. Il essaya de repousser cette pensée. D’abord, ce genre d’activité, à sa connaissance, s’accompagnait d’une respiration au contraire plus rapide, plus forte. Est-ce qu’il pouvait vraiment le faire en retenant son souffle ? Il chercha d’autres indices, un froissement de drap, un grincement du matelas, et n’entendit rien de probant. Si Howard était bel et bien en train de faire ça, c’était le plus discrètement possible, pour ne pas risquer de le réveiller et le déranger.
Mais c’était pas croyable, enfin.
Non, s’horrifia Dave : je suis pas en train d’écouter mon frère et me dire qu’il… Non. C’était vraiment dérangé comme idée, pour le coup.
Il ne percevait plus aucun bruit de toute façon depuis plusieurs longues secondes. Lui-même, se rendit-il compte, sans aller jusqu’à complètement retenir sa respiration, l’avait ralentie… pour écouter sans produire de bruit supplémentaire et donner l’illusion qu’il dormait toujours. Il y eut une respiration étranglée, un léger tremblement dans les draps, et puis de nouveau le silence. Qui s’étira. Dave eut tout le temps de se répéter qu’il se faisait de fausses idées, en tout cas de l’espérer très fort. Il finit par se rendormir avant qu’il se passe quoi que soit d’autre.
Le lendemain il n’était même plus sûr de ne pas avoir rêvé l’incident. Mais pourquoi son imagination aurait-elle produit un truc aussi bizarre ?
En voyant Howard tirer un mouchoir sale de la poche de son pyjama pour le jeter, toutefois, le doute revint. Il se rappela que plusieurs fois, le soir avant de se coucher, il l’avait vu prépare un mouchoir propre bien plié, et jusqu’ici il n’en avait rien pensé de particulier. Pour ce qu’il en savait c’était une précaution apprise du temps de l’internat, pendant la saison des rhumes, rien de plus.
Quoi qu’il en soit, que ses soupçons soient fondés ou non, il en vint à la réalisation effrayante que son petit frère grandissait vraiment. Il était au lycée, bientôt à la fac… au même âge, Dave s’était considéré comme déjà adulte ou presque, et Howard au contraire lui semblait toujours tellement jeune ! Il était en avance dans ses études, pas pour tout le reste. C’était un adolescent, pas encore un homme. Il avait trois poils de moustache, il était maigrichon et pas franchement épanoui. Dave n’aurait jamais considéré qu’il puisse avoir du charme, mais bon… il était le premier à reconnaître qu’il ne savait pas vraiment juger ce genre de choses.
Une musculature et son harmonie, oui, parce que ça allait de pair avec le potentiel d’un sportif, d’un coéquipier ou d’un adversaire, mais un visage ? pas du tout. Il avait de l’admiration pour les qualités sportives, pas pour le sex appeal. Il restait complètement étranger à ça, même pour les autres boxeurs, il n’avait jamais pensé à lui-même en ces termes, alors son propre frère, son petit frère ! Non, décidément non, il était toujours trop jeune pour ça. C’était encore un bébé qui s’accrochait à lui il n’y avait pas si longtemps de ça, un garçonnet à protéger des bullies. L’envisager comme un être sexué, sexuel… non ! il était trop petit pour ça, point. Il était toujours mineur, d’abord, et resterait en partie un bébé à ses yeux sans doute toute leur vie.
Lui-même n’était toujours pas intéressé par cet aspect de la vie.
Mais il fallait pourtant qu’il reconnaisse que Howard était sa propre personne, avec ses propres intérêts, même s’il n’était pas encore adulte. Qu’il puisse attirer du monde, et en être attiré, ça lui semblait tellement étrange…
Il n’était pas moche, c’est sûr, mais conventionnellement beau ? il ne savait pas trop. Il ne savait pas vraiment ce qui était conventionnel, de toute façon. Tout ce dont il était sûr c’est que Howard était encore trop jeune pour être considéré beau, un point c’est tout. Joli garçon peut-être, à la limite ? pour ce qu’il savait !
Joli garçon, peut-être, sauf quand il le retrouvait avec des hématomes au visage.
« OK. Qu’est-ce qui est arrivé ? Tu t’es battu ? …On t’a battu, plutôt ?
- C’est ça, ironise.
- Désolé.
- J’en sais rien, en fait. J’étais à la bibliothèque en train de potasser mes bouquins, un type que je ne connais même pas débarque, me frappe, et s’en va sans un mot.
- La vache ! et t’as aucune idée de pourquoi, vraiment ?
- Pas du tout. Ça devait être une erreur sur la personne, j’imagine.
- Hm-mh. »
Ou pas. Dave savait qu’ Howard agaçait le monde, souvent même s’en rendre compte.
« Tu lui as piqué sa copine ?
- Et puis quoi encore ?
- Son sujet de mémoire ?
- Comme si j’avais besoin de ça ! »
Il ne lui arrivait pas que des mésaventures non plus. Il se fit des amis, il avait l’air heureux au sein d’un petit groupe. Dave eut l’occasion de les croiser une ou deux fois et s’étonna du fait qu’ils ressemblaient un peu, bizarrement, à Jack Clete et ses deux potes d’autrefois à l’orphelinat. Mais juste un peu. C’était un simple hasard.
Un gros type salace, un autre un peu dans le même genre nerd, et puis un maigrichon minuscule qui regardait Howard d’un air d’adoration… Il ne voulut pas en savoir plus là-dessus.
Comme il aurait ne pas voulu en savoir plus sur d’autres aspects de son intégration à la fac.
Après la façon désastreuse dont se solda sa première fête étudiante, Howard se tint à distance des soirées régulières entre étudiants. Et puis, finalement, à la fin du semestre suivant, juste avant les fêtes de fin d’année, comme tout le monde dans sa promotion avait l’air d’y aller et qu’il était presque majeur désormais, il suivit le mouvement.
« Ne m’attends pas, je risque de rester tard.
- Sois raisonnable.
- Ne te fais pas de souci là-dessus. »
Il le récupéra au matin ; Howard attendait devant le club, l’air bouleversé.
« He quoi ? Tu t’es à nouveau rendu malade ?
- Non. J’ai bu une seule bière cette fois.
- Qu’est-ce qui s’est passé, alors ? »
Howard hésita, cherchant ses mots.
« J’ai couché avec une fille, » balança-t-il crûment.
S’il avait réfléchi à l’avance à l’entendre parler de sexe, Dave se serait plus attendu à ce qu’il emploie des termes froids, distants, du style rapports ou relations. Ça le surprit.
« Et c’est ça qui te met dans cet état ? »
De surpris, il resta perplexe. De ce qu’il en savait, les mecs de son âge avaient plutôt tendance à s’en vanter quand ça arrivait.
« J’imagine que des félicitations sont de mise ..?
- Je ne suis même pas sûr de son nom. Ni comment c’est arrivé.
- Sérieux ? Attends, ça arrive pas par accident ce genre de choses, quand même.
- Je t’assure… un moment on était en train de discuter théorie des cordes, et puis tout à coup non seulement elle a sa bouche sur la mienne, elle a ses mains sous mes vêtements et mon cerveau court-circuite.
- La vache. Et c’était bien, au moins ?
- Difficile à dire.
- Oh, allez… »
C’était censé être bien, pourtant, de ce qu’il entendait tout le monde dire. Mais Howard semblait à moitié paniqué.
« Je n’ai aucune intention d’entamer une relation suivie avec elle !
- Boh, ça ? Je pense pas que t’y sois obligé. C’est des trucs qui arrivent dans les soirées étudiantes. Non ?
- J’en sais rien !
- Moi non plus… Euh. Tant que t’as pris des précautions ?
- C’est elle qui a tout fait.
- Elle avait l’air de savoir ce qu’elle faisait ?
- Plus que moi en tout cas.
- He ben, te prends pas la tête pour ça. Profite de tes congés, penses-y ou n’y pense plus, comme tu veux. Tu verras bien à la rentrée. »
Pour Dave, l’histoire était classée. Howard n’aborda plus jamais ce sujet avec lui, en tout cas.
Mais ça le força à y penser et à s’interroger dessus : et lui, où en était-il sur ce plan ? Il savait qu’il y avait du monde qui l’admirait, qui le jalousait. On lui faisait parfois des propositions qui le rendaient perplexe, à la fois de la part d’un de ses rivaux et d’une paire d’admiratrices. Il les a toujours repoussées avec autant de tact que possible. Mais honnêtement, il craignait de juste ne pas savoir y faire.
Et il s’est rendu compte deux ou trois fois après coup qu’il s’était mépris sur des avances qu’on lui faisait et les avait repoussées sans même réaliser vraiment ce qui se passait. Aurait-il compris, il les aurait repoussées de toute façon, mais peut-être avec plus de ménagements.
Si Howard s’en sortait mieux que lui de ce côté-là, alors, tant mieux pour lui, il y avait de l’espoir, ça n’était peut-être pas juste la faute à leur éducation, mais il y avait vraiment quelque chose de différent chez lui, voilà tout.
Auteur :
Base : LastMan (cartoon)
Personnages/Couples : Dave McKenzie, Howard/des filles
Genre :
Gradation : PG-15 / T+
Légalité : propriété de Balak, Vivès, Périn, etc ; je ne cherche ni à tirer profit ni à manquer de respect.
Thème : "charm" d’après
Continuité/Spoil éventuel : pré série –
Avertissements :
Nombre de mots : 2000
Dave s’entendait bien avec tous les membres du club, ses voisins, les gens du quartier en général. Le coach l’avait à la bonne. Autant que possible, quand il pouvait, il essayait d’aider, autant qu’on l’aidait quand il en avait besoin.
Cette dame de l’immeuble d’en face, par exemple, avec un fils un plus jeune que son propre frère : d’expérience, plus avec les autres jeunes qu’avec Howard, mais un peu quand même aussi, il savait que c’était un âge difficile. Cooper avait besoin d’être recadré et elle était dépassée. Elle s’était prise d’amitié pour lui, petit jeune homme avec trop de responsabilité, mais ça n’était jamais allé plus loin. Ils avaient assez à faire comme ça, l’un et l’autre, dans leurs vies personnelles, pour aller compliquer les choses en partageant leurs problèmes.
Howard, quinze ans et demi et pas encore de poil au menton, était un adolescent dégingandé et ces dernières semaines sa main droite dans le plâtre le rendait maussade. Farah le rencontra devant le club où elle parlementait avec le coach à propos d’une éventuelle inscription de son fils et où lui-même ne se sentait pas du tout à sa place en ce moment.
« Toi, je parie que tu es le frère de Dave.
- Ça se voit tant que ça ?
- Il m’a parlé de toi… T’as quinze ans, c’est ça ?
- Et demi.
- T’es droitier ?
- Oui.
- Quel manque de bol. Tu t’en sors comment du coup ?
- Je me débrouille.
- Heh, tu as besoin d’aide avec ça ?
- Avec..? »
Elle désignait sa main avec un sourire beaucoup trop large et un geste qu’il ne comprit pas. Il ouvrit des yeux ronds et remercia poliment.
« Non, non, je m’en sors seul, merci. »
Ça partait d’un élan de tendresse maternelle, mais ça pouvait aussi être le premier indice d’autre chose.
« Dis donc, s’étonna Dave quand il eut l’occasion de lui causer seul à seule, c’est un truc sexuel que tu as proposé à mon frère ?
- C’était une plaisanterie.
- Je suis pas sûr qu’il l’ait comprise. C’est encore presque un bébé.
- Je vois ça. T’inquiète pas, va. »
Dave avait toujours autre chose dont s’inquiétait. Et à lui aussi, ce genre de plaisanterie passait en général au-dessus la tête.
Une nuit, des mois et des mois plus tard, il dut pourtant les envisager comme une réalité possible. Quelque chose le réveilla, mais il ne savait pas quoi.
…Howard ?
Il n’osa pas appeler directement, préférant écouter d’abord attentivement. Ça pouvait être un vrai bruit comme un simple rêve de sa part. il mit du temps à l’entendre et s’en inquiéta un peu. Il respirait calmement, très lentement, très doucement, un peu trop même. Mais à côté de ça, un léger bruit qu’il n’arrivait pas à comprendre lui fit froncer les sourcils. C’était à la limite de l’audible, il n’était pas sûr de ne pas l’avoir imaginé, mais c’était tellement bizarre : d’où aurait-il pu l’inventer s’il ne savait même pas ce que c’était ?
C’était quelque chose d’humide, de rythmique, un peu comme un très léger claquement de langue ou une tétée. Howard ne suçait plus son pouce depuis l’âge de sept ans… il rêvait d’embrasser quelqu’un, peut-être ? S’y ajouta une froissement de drap. Dave retint sa respiration.
Une idée à la con absolument terrifiante lui vint tout à coup, et ensuite il ne put plus se la sortir de la tête : que c’était une membrane muqueuse… le glissement du prépuce sur le gland. Il essaya de repousser cette pensée. D’abord, ce genre d’activité, à sa connaissance, s’accompagnait d’une respiration au contraire plus rapide, plus forte. Est-ce qu’il pouvait vraiment le faire en retenant son souffle ? Il chercha d’autres indices, un froissement de drap, un grincement du matelas, et n’entendit rien de probant. Si Howard était bel et bien en train de faire ça, c’était le plus discrètement possible, pour ne pas risquer de le réveiller et le déranger.
Mais c’était pas croyable, enfin.
Non, s’horrifia Dave : je suis pas en train d’écouter mon frère et me dire qu’il… Non. C’était vraiment dérangé comme idée, pour le coup.
Il ne percevait plus aucun bruit de toute façon depuis plusieurs longues secondes. Lui-même, se rendit-il compte, sans aller jusqu’à complètement retenir sa respiration, l’avait ralentie… pour écouter sans produire de bruit supplémentaire et donner l’illusion qu’il dormait toujours. Il y eut une respiration étranglée, un léger tremblement dans les draps, et puis de nouveau le silence. Qui s’étira. Dave eut tout le temps de se répéter qu’il se faisait de fausses idées, en tout cas de l’espérer très fort. Il finit par se rendormir avant qu’il se passe quoi que soit d’autre.
Le lendemain il n’était même plus sûr de ne pas avoir rêvé l’incident. Mais pourquoi son imagination aurait-elle produit un truc aussi bizarre ?
En voyant Howard tirer un mouchoir sale de la poche de son pyjama pour le jeter, toutefois, le doute revint. Il se rappela que plusieurs fois, le soir avant de se coucher, il l’avait vu prépare un mouchoir propre bien plié, et jusqu’ici il n’en avait rien pensé de particulier. Pour ce qu’il en savait c’était une précaution apprise du temps de l’internat, pendant la saison des rhumes, rien de plus.
Quoi qu’il en soit, que ses soupçons soient fondés ou non, il en vint à la réalisation effrayante que son petit frère grandissait vraiment. Il était au lycée, bientôt à la fac… au même âge, Dave s’était considéré comme déjà adulte ou presque, et Howard au contraire lui semblait toujours tellement jeune ! Il était en avance dans ses études, pas pour tout le reste. C’était un adolescent, pas encore un homme. Il avait trois poils de moustache, il était maigrichon et pas franchement épanoui. Dave n’aurait jamais considéré qu’il puisse avoir du charme, mais bon… il était le premier à reconnaître qu’il ne savait pas vraiment juger ce genre de choses.
Une musculature et son harmonie, oui, parce que ça allait de pair avec le potentiel d’un sportif, d’un coéquipier ou d’un adversaire, mais un visage ? pas du tout. Il avait de l’admiration pour les qualités sportives, pas pour le sex appeal. Il restait complètement étranger à ça, même pour les autres boxeurs, il n’avait jamais pensé à lui-même en ces termes, alors son propre frère, son petit frère ! Non, décidément non, il était toujours trop jeune pour ça. C’était encore un bébé qui s’accrochait à lui il n’y avait pas si longtemps de ça, un garçonnet à protéger des bullies. L’envisager comme un être sexué, sexuel… non ! il était trop petit pour ça, point. Il était toujours mineur, d’abord, et resterait en partie un bébé à ses yeux sans doute toute leur vie.
Lui-même n’était toujours pas intéressé par cet aspect de la vie.
Mais il fallait pourtant qu’il reconnaisse que Howard était sa propre personne, avec ses propres intérêts, même s’il n’était pas encore adulte. Qu’il puisse attirer du monde, et en être attiré, ça lui semblait tellement étrange…
Il n’était pas moche, c’est sûr, mais conventionnellement beau ? il ne savait pas trop. Il ne savait pas vraiment ce qui était conventionnel, de toute façon. Tout ce dont il était sûr c’est que Howard était encore trop jeune pour être considéré beau, un point c’est tout. Joli garçon peut-être, à la limite ? pour ce qu’il savait !
Joli garçon, peut-être, sauf quand il le retrouvait avec des hématomes au visage.
« OK. Qu’est-ce qui est arrivé ? Tu t’es battu ? …On t’a battu, plutôt ?
- C’est ça, ironise.
- Désolé.
- J’en sais rien, en fait. J’étais à la bibliothèque en train de potasser mes bouquins, un type que je ne connais même pas débarque, me frappe, et s’en va sans un mot.
- La vache ! et t’as aucune idée de pourquoi, vraiment ?
- Pas du tout. Ça devait être une erreur sur la personne, j’imagine.
- Hm-mh. »
Ou pas. Dave savait qu’ Howard agaçait le monde, souvent même s’en rendre compte.
« Tu lui as piqué sa copine ?
- Et puis quoi encore ?
- Son sujet de mémoire ?
- Comme si j’avais besoin de ça ! »
Il ne lui arrivait pas que des mésaventures non plus. Il se fit des amis, il avait l’air heureux au sein d’un petit groupe. Dave eut l’occasion de les croiser une ou deux fois et s’étonna du fait qu’ils ressemblaient un peu, bizarrement, à Jack Clete et ses deux potes d’autrefois à l’orphelinat. Mais juste un peu. C’était un simple hasard.
Un gros type salace, un autre un peu dans le même genre nerd, et puis un maigrichon minuscule qui regardait Howard d’un air d’adoration… Il ne voulut pas en savoir plus là-dessus.
Comme il aurait ne pas voulu en savoir plus sur d’autres aspects de son intégration à la fac.
Après la façon désastreuse dont se solda sa première fête étudiante, Howard se tint à distance des soirées régulières entre étudiants. Et puis, finalement, à la fin du semestre suivant, juste avant les fêtes de fin d’année, comme tout le monde dans sa promotion avait l’air d’y aller et qu’il était presque majeur désormais, il suivit le mouvement.
« Ne m’attends pas, je risque de rester tard.
- Sois raisonnable.
- Ne te fais pas de souci là-dessus. »
Il le récupéra au matin ; Howard attendait devant le club, l’air bouleversé.
« He quoi ? Tu t’es à nouveau rendu malade ?
- Non. J’ai bu une seule bière cette fois.
- Qu’est-ce qui s’est passé, alors ? »
Howard hésita, cherchant ses mots.
« J’ai couché avec une fille, » balança-t-il crûment.
S’il avait réfléchi à l’avance à l’entendre parler de sexe, Dave se serait plus attendu à ce qu’il emploie des termes froids, distants, du style rapports ou relations. Ça le surprit.
« Et c’est ça qui te met dans cet état ? »
De surpris, il resta perplexe. De ce qu’il en savait, les mecs de son âge avaient plutôt tendance à s’en vanter quand ça arrivait.
« J’imagine que des félicitations sont de mise ..?
- Je ne suis même pas sûr de son nom. Ni comment c’est arrivé.
- Sérieux ? Attends, ça arrive pas par accident ce genre de choses, quand même.
- Je t’assure… un moment on était en train de discuter théorie des cordes, et puis tout à coup non seulement elle a sa bouche sur la mienne, elle a ses mains sous mes vêtements et mon cerveau court-circuite.
- La vache. Et c’était bien, au moins ?
- Difficile à dire.
- Oh, allez… »
C’était censé être bien, pourtant, de ce qu’il entendait tout le monde dire. Mais Howard semblait à moitié paniqué.
« Je n’ai aucune intention d’entamer une relation suivie avec elle !
- Boh, ça ? Je pense pas que t’y sois obligé. C’est des trucs qui arrivent dans les soirées étudiantes. Non ?
- J’en sais rien !
- Moi non plus… Euh. Tant que t’as pris des précautions ?
- C’est elle qui a tout fait.
- Elle avait l’air de savoir ce qu’elle faisait ?
- Plus que moi en tout cas.
- He ben, te prends pas la tête pour ça. Profite de tes congés, penses-y ou n’y pense plus, comme tu veux. Tu verras bien à la rentrée. »
Pour Dave, l’histoire était classée. Howard n’aborda plus jamais ce sujet avec lui, en tout cas.
Mais ça le força à y penser et à s’interroger dessus : et lui, où en était-il sur ce plan ? Il savait qu’il y avait du monde qui l’admirait, qui le jalousait. On lui faisait parfois des propositions qui le rendaient perplexe, à la fois de la part d’un de ses rivaux et d’une paire d’admiratrices. Il les a toujours repoussées avec autant de tact que possible. Mais honnêtement, il craignait de juste ne pas savoir y faire.
Et il s’est rendu compte deux ou trois fois après coup qu’il s’était mépris sur des avances qu’on lui faisait et les avait repoussées sans même réaliser vraiment ce qui se passait. Aurait-il compris, il les aurait repoussées de toute façon, mais peut-être avec plus de ménagements.
Si Howard s’en sortait mieux que lui de ce côté-là, alors, tant mieux pour lui, il y avait de l’espoir, ça n’était peut-être pas juste la faute à leur éducation, mais il y avait vraiment quelque chose de différent chez lui, voilà tout.