Titre : Quelques années ça sera déjà bien
Auteur :
malurette
Base : Escalier C
Personnages/Couple : Forster Tuncurry, Coleen Shepherd
Genre : gen-ish/léger angst
Gradation : PG / K+
Légalité : propriété d’Elvire Murail, je ne cherche ni à tirer profit ni à manquer de respect.
Thème : "Immortel" d'après
10_choix
Nombre de mots : 385
**
Les artistes sont immortels, mon cher, dit un vieil adage dont Forster a oublié la source.
Mouais, il n'en est pas convaincu. Pas tous les artistes, déjà, et pour certains qui sont effectivement restés à la postérité ça n'est pas forcément une si bonne chose. Il formule son objection : l'art peut-être est immortel, mais les hommes qui le produisent - et plus encore les femmes - clairement pas. Eux sont oubliés.
Il reste un nom, peut-être des anecdotes, et leur vie disparaît.
De toute façon l'immortalité c'est très surfait.
Il a vu la mort et bizarrement peut-être il en a moins peur maintenant. De la sienne en tout cas. Il redoute beaucoup plus l'ignorance de son vivant - et après, bah, il sera trop tard : son monde disparaîtra avec lui. S'il n'est plus là pour ressentir quoi que que ce soit !
Il craint également beaucoup plus la disparition d'autrui à qui il s'est mis à tenir que la sienne propre. C'est assez agaçant d'ailleurs, d'avoir un trou au cœur comme ça.
Vraiment, tant que les gens de son entourage évitent de mourir dans les années, si possible les décennies à venir, ça sera déjà bien.
Il sait combien ils sont mortels, oh, il s'en est passé des choses dans cette cage d'escalier entre les baignoires sanglantes, les pendaisons et les crises d'angoisse, et puis si même les enfants peuvent mourir - il vu ça au travail de Bruce et voudrait continuer à ne pas y penser - personne n'est à l'abri de rien.
Ça ne servirait à rien de survivre, va-t-il le dire, à ceux qu'il aime ? Mais il sait qu'il n'y pourra rien.
Son père, par exemple, est une force de la nature, mais il est conscient qu'un jour, il ne sera plus là et laissera un trou dans le monde. Déclinera-t-il avant ou tombera-t-il d'un coup... pourquoi essayer d'anticiper ça ? d'où viennent ces idées moroses ? À tout prendre il préférerait la seconde solution, n'avoir pas le temps d'agoniser. Sa mère, au contraire, ça serait bien qu'elle ait le temps de mettre toutes ses affaires en ordre - elles le sont toujours, mais, vérifier celles des autres, plutôt ?
Et Bruce, et Coleen, et les autres habitants de l'immeuble, et lui...
...allez. Il va arrêter d'y penser maintenant.
Auteur :
Base : Escalier C
Personnages/Couple : Forster Tuncurry, Coleen Shepherd
Genre : gen-ish/léger angst
Gradation : PG / K+
Légalité : propriété d’Elvire Murail, je ne cherche ni à tirer profit ni à manquer de respect.
Thème : "Immortel" d'après
Nombre de mots : 385
Les artistes sont immortels, mon cher, dit un vieil adage dont Forster a oublié la source.
Mouais, il n'en est pas convaincu. Pas tous les artistes, déjà, et pour certains qui sont effectivement restés à la postérité ça n'est pas forcément une si bonne chose. Il formule son objection : l'art peut-être est immortel, mais les hommes qui le produisent - et plus encore les femmes - clairement pas. Eux sont oubliés.
Il reste un nom, peut-être des anecdotes, et leur vie disparaît.
De toute façon l'immortalité c'est très surfait.
Il a vu la mort et bizarrement peut-être il en a moins peur maintenant. De la sienne en tout cas. Il redoute beaucoup plus l'ignorance de son vivant - et après, bah, il sera trop tard : son monde disparaîtra avec lui. S'il n'est plus là pour ressentir quoi que que ce soit !
Il craint également beaucoup plus la disparition d'autrui à qui il s'est mis à tenir que la sienne propre. C'est assez agaçant d'ailleurs, d'avoir un trou au cœur comme ça.
Vraiment, tant que les gens de son entourage évitent de mourir dans les années, si possible les décennies à venir, ça sera déjà bien.
Il sait combien ils sont mortels, oh, il s'en est passé des choses dans cette cage d'escalier entre les baignoires sanglantes, les pendaisons et les crises d'angoisse, et puis si même les enfants peuvent mourir - il vu ça au travail de Bruce et voudrait continuer à ne pas y penser - personne n'est à l'abri de rien.
Ça ne servirait à rien de survivre, va-t-il le dire, à ceux qu'il aime ? Mais il sait qu'il n'y pourra rien.
Son père, par exemple, est une force de la nature, mais il est conscient qu'un jour, il ne sera plus là et laissera un trou dans le monde. Déclinera-t-il avant ou tombera-t-il d'un coup... pourquoi essayer d'anticiper ça ? d'où viennent ces idées moroses ? À tout prendre il préférerait la seconde solution, n'avoir pas le temps d'agoniser. Sa mère, au contraire, ça serait bien qu'elle ait le temps de mettre toutes ses affaires en ordre - elles le sont toujours, mais, vérifier celles des autres, plutôt ?
Et Bruce, et Coleen, et les autres habitants de l'immeuble, et lui...
...allez. Il va arrêter d'y penser maintenant.