Série : She was a boy and he was a girl
Titre :
Auteur :
malurette
Base : Family COMPO
Personnage : KikuchiHaruka Sora
Genre : gen-ish
Gradation : PG-13 / T
Légalité : propriété de Hōjō Tsukasa, je ne cherche ni à tirer profit ni à manquer de respect.
Nombre de mots : ~900/?
***
La première chose qu'a faite Haruka après avoir eu dix-huit fut de quitter la maison et son connard de père et sa mère impuissante et sa petite sœur gentille mais trop jeune pour l'aider en quoi que ce soit. Et ses amis. Et son passé.
La seconde chose, immédiatement après, fut changer de nom. Ça faisait longtemps que ses amis l'appelaient juste Haru, mais même eux il les laissait derrière. Il était Sora désormais ! Il n'avait aucun avenir chez les bouseux de Kōchi. À Tōkyō en revanche…
Avec ses rêves, son courage, sa détermination et ses petits muscles il se mit en route. Les économies de trois étés à travailler dans les fermes et les entrepôts seraient bien employées.
D'abord, un aller simple pour la capitale. Ensuite, trouver un endroit même temporaire où dormir. Enfin…
…enfin, faire la tournée des éditeurs n'apporta pas le succès escompté.
Il lui fallut bien prendre le premier petit boulot possible pour se loger et se nourrir en attendant de faire fructifier son véritable talent. Et ce fut sur un chantier.
C'était dur. Les mecs autour de lui étaient des rustres. Pendant qu'il se cassait le dos, il n'avait plus le temps de penser et de scénariser ses futurs manga. Mais il était un homme parmi les hommes et continuait à construire son corps.
À force de traîner avec des mecs qui gonflaient leurs muscles, Sora finit par apprendre deux-trois sur les stéroïdes, mais, mis en garde sur les possibles effets secondaires en cas de surdose, il resta méfiant. Lui qui se rêvait fonceur, préféra y aller avec circonspection. Il apprenait la patience depuis des années, de toute façon, et rongeait son frein en silence en attendant le jour où sa vie d'homme et d'artiste serait enfin comblée…
Enfin satisfait de son apparence et de la façon dont son entourage le percevait, et manquant d'argent pour payer régulièrement un coiffeur, Sora céda à la mode récente et se laissa pousser les cheveux. Ça n'enlevait rien à sa virilité… au contraire, ça lui rajoutait un petit côté mauvais garçon qui aidait à vendre son attitude aux filles.
Depuis qu'il était arrivé à Tōkyō, il avait du succès, surtout auprès des étudiantes.
Dans son village, les filles de son âge le connaissaient toutes. Même celles qui venaient des villages voisins. Elles le trouvaient facilement attirant, mais son histoire avec le directeur du lycée et les uniformes brûlés était entrée dans la légende de l'établissement et ça finissait toujours pas se savoir. Alors, plus effrayées qu'attirées par l'aura de scandale, elles se détournaient. Une seule tenta de le poursuivre… pour le convaincre qu'elles seraient mieux entre filles. Haru se fâche comme rarement.
Une paire d'années plus tard, Sora était beau, plutôt bien bâti, et même si contrairement à ses collègues il ne se mettait pas torse nu même par fortes chaleurs pour travailler, elles devinaient, ou en tout cas imaginaient ses muscles sous la chemise humide de sueur.
Qu'il quitte le chantier et reprenne son carnet et son crayon pour croquer visages et paysages et elles fondaient complètement. Tant qu'il évitait de mentionner son projet de devenir mangaka pour s'en tenir au rêve d'être artiste, son prestige augmentait encore plus. À leurs yeux romanesques, un homme aussi observateur et aussi précis de ses dix doigts était forcément d'une sensibilité égale à la leur. Lui préférait dire que non, il observait les filles de loin mais ne les comprenait pas.
Plusieurs se montrèrent entreprenantes et lui firent des avances, que, terrifié, il commença par repousser. Il brûlait de désir, assez pour s'en inquiéter, et ne savait pas comment s'y prendre.
L'une, une jeune fille plus âgée, une jeune dame plus exactement – il n'avait pas encore assez d'expérience pour vraiment se rendre compte de la différence – refusant de se laisser démonter, lui montra presque de force quelques trucs et ficelles pour la contenter de ses mains sous sa chemise et sous sa jupe. Quand elle voulut lui rendre la pareille en revanche, il se déroba.
Il prétexta la galanterie et ne pas vouloir qu'elle s'abaisse à ça. Au lieu de cela, il la vexa et leur histoire se finit mal.
Elle eut quand même une conséquence heureuse : c'est qu'il apprit au passage comment se contenter lui-même, quand la frustration se faisait trop grande. Ça lui apportait toujours autant de colère que de soulagement, de constater à chaque fois que l'organe qui réclamait si fort était si petit et si fuyant, mais à la fin sa rage de dominer son désir venait toujours à bout des obstacles au plaisir. Il était entêté et ce qu'il voulait, il l'obtenait d'une manière ou d'une autre.
Pour ne rien gâter, la petite serveuse du café où il aimait prendre ses pauses pour regarder passer la vie avant de devoir rentrer s'enterrer dans son logement minuscule et à la limite de la salubrité, était jolie, gentille, distinguée, et semblait apprécier qu'il devienne un client régulier, même si ça n'était pas sérieux de dépenser sa paie là. Elle travaillait dur, elle aussi, avec sérieux. Il la trouvait fraîche et innocente, et en même temps, plus mature que ses étudiantes : elle donnait l'air de connaître la vie, et de l'affronter vaillamment sans la laisser détruire ses rêves. Et plus que l'insouciance qui lui manquait désormais et qu'il aurait aimé recherché, ça l'impressionnait favorablement.
Titre :
Auteur :
Base : Family COMPO
Personnage : Kikuchi
Genre : gen-ish
Gradation : PG-13 / T
Légalité : propriété de Hōjō Tsukasa, je ne cherche ni à tirer profit ni à manquer de respect.
Nombre de mots : ~900/?
La première chose qu'a faite Haruka après avoir eu dix-huit fut de quitter la maison et son connard de père et sa mère impuissante et sa petite sœur gentille mais trop jeune pour l'aider en quoi que ce soit. Et ses amis. Et son passé.
La seconde chose, immédiatement après, fut changer de nom. Ça faisait longtemps que ses amis l'appelaient juste Haru, mais même eux il les laissait derrière. Il était Sora désormais ! Il n'avait aucun avenir chez les bouseux de Kōchi. À Tōkyō en revanche…
Avec ses rêves, son courage, sa détermination et ses petits muscles il se mit en route. Les économies de trois étés à travailler dans les fermes et les entrepôts seraient bien employées.
D'abord, un aller simple pour la capitale. Ensuite, trouver un endroit même temporaire où dormir. Enfin…
…enfin, faire la tournée des éditeurs n'apporta pas le succès escompté.
Il lui fallut bien prendre le premier petit boulot possible pour se loger et se nourrir en attendant de faire fructifier son véritable talent. Et ce fut sur un chantier.
C'était dur. Les mecs autour de lui étaient des rustres. Pendant qu'il se cassait le dos, il n'avait plus le temps de penser et de scénariser ses futurs manga. Mais il était un homme parmi les hommes et continuait à construire son corps.
À force de traîner avec des mecs qui gonflaient leurs muscles, Sora finit par apprendre deux-trois sur les stéroïdes, mais, mis en garde sur les possibles effets secondaires en cas de surdose, il resta méfiant. Lui qui se rêvait fonceur, préféra y aller avec circonspection. Il apprenait la patience depuis des années, de toute façon, et rongeait son frein en silence en attendant le jour où sa vie d'homme et d'artiste serait enfin comblée…
Enfin satisfait de son apparence et de la façon dont son entourage le percevait, et manquant d'argent pour payer régulièrement un coiffeur, Sora céda à la mode récente et se laissa pousser les cheveux. Ça n'enlevait rien à sa virilité… au contraire, ça lui rajoutait un petit côté mauvais garçon qui aidait à vendre son attitude aux filles.
Depuis qu'il était arrivé à Tōkyō, il avait du succès, surtout auprès des étudiantes.
Dans son village, les filles de son âge le connaissaient toutes. Même celles qui venaient des villages voisins. Elles le trouvaient facilement attirant, mais son histoire avec le directeur du lycée et les uniformes brûlés était entrée dans la légende de l'établissement et ça finissait toujours pas se savoir. Alors, plus effrayées qu'attirées par l'aura de scandale, elles se détournaient. Une seule tenta de le poursuivre… pour le convaincre qu'elles seraient mieux entre filles. Haru se fâche comme rarement.
Une paire d'années plus tard, Sora était beau, plutôt bien bâti, et même si contrairement à ses collègues il ne se mettait pas torse nu même par fortes chaleurs pour travailler, elles devinaient, ou en tout cas imaginaient ses muscles sous la chemise humide de sueur.
Qu'il quitte le chantier et reprenne son carnet et son crayon pour croquer visages et paysages et elles fondaient complètement. Tant qu'il évitait de mentionner son projet de devenir mangaka pour s'en tenir au rêve d'être artiste, son prestige augmentait encore plus. À leurs yeux romanesques, un homme aussi observateur et aussi précis de ses dix doigts était forcément d'une sensibilité égale à la leur. Lui préférait dire que non, il observait les filles de loin mais ne les comprenait pas.
Plusieurs se montrèrent entreprenantes et lui firent des avances, que, terrifié, il commença par repousser. Il brûlait de désir, assez pour s'en inquiéter, et ne savait pas comment s'y prendre.
L'une, une jeune fille plus âgée, une jeune dame plus exactement – il n'avait pas encore assez d'expérience pour vraiment se rendre compte de la différence – refusant de se laisser démonter, lui montra presque de force quelques trucs et ficelles pour la contenter de ses mains sous sa chemise et sous sa jupe. Quand elle voulut lui rendre la pareille en revanche, il se déroba.
Il prétexta la galanterie et ne pas vouloir qu'elle s'abaisse à ça. Au lieu de cela, il la vexa et leur histoire se finit mal.
Elle eut quand même une conséquence heureuse : c'est qu'il apprit au passage comment se contenter lui-même, quand la frustration se faisait trop grande. Ça lui apportait toujours autant de colère que de soulagement, de constater à chaque fois que l'organe qui réclamait si fort était si petit et si fuyant, mais à la fin sa rage de dominer son désir venait toujours à bout des obstacles au plaisir. Il était entêté et ce qu'il voulait, il l'obtenait d'une manière ou d'une autre.
Pour ne rien gâter, la petite serveuse du café où il aimait prendre ses pauses pour regarder passer la vie avant de devoir rentrer s'enterrer dans son logement minuscule et à la limite de la salubrité, était jolie, gentille, distinguée, et semblait apprécier qu'il devienne un client régulier, même si ça n'était pas sérieux de dépenser sa paie là. Elle travaillait dur, elle aussi, avec sérieux. Il la trouvait fraîche et innocente, et en même temps, plus mature que ses étudiantes : elle donnait l'air de connaître la vie, et de l'affronter vaillamment sans la laisser détruire ses rêves. Et plus que l'insouciance qui lui manquait désormais et qu'il aurait aimé recherché, ça l'impressionnait favorablement.