Série : She was a boy and he was a girl
Titre :
Auteur :
malurette
Base : Family COMPO
Personnages/Couple : Wakanae Yukari & Sora
Genre :
Gradation : PG+ / T-
Légalité : propriété de Hōjō Tsukasa, je ne cherche ni à tirer profit ni à manquer de respect.
Nombre de mots : ~1200
***
Vers la moitié du terme, sa situation était devenue trop pénible, et sa capacité d'illustration, gâtée par la fatigue, les malaises, la douleur, la mauvaise humeur chronique, avait trop décru. Il n'arrivait plus à tenir ses délais et ne se sentait plus à la hauteur de la tâche qu'il lui avait été confiée.
La mort dans l'âme, profondément humilié par son échec, il dut se résoudre à s'arranger avec son employeur pour faire annuler la série pour raison de santé.
Ça ne fut pas difficile : il avait une vraie mine de déterré.
Le problème, craignait-il, c'est qu'il risquait de brûler ses chances dans le milieu pour la suite, s'il se présentait comme fragile et non fiable.
Libéré de la contrainte et refusant de se laisser aller à l'oisiveté et de prendre la main, il donna libre cours à ses envies et créa sa première mini série, sans se soucier de si elle se vendrait, d'à quel public elle plairait, de ce qu'un éditeur quelconque en penserait. Il avait besoin de créer, de dessiner, d'inventer une histoire, un monde, une vie où tout se passerait pour le mieux et où il ne serait pas prisonnier d'un corps déformé et malade.
Il y mit sa rage, sa passion, ses espoirs pour l'avenir.
Il y mit l'amour pour Yukari aussi, mais au second plan, et l'abnégation de son personnage y tenait du sacrifice irréfléchi.
Et Yukari était tellement heureuse d'être bientôt maman ! Elle rayonnait. La voir ainsi remplissait Sora de sérénité et lui rappelait qu'il avait pris la bonne décision. Combler son épouse, par tous les moyens possibles, le rendait heureux en retour, et fier. Il pouvait traverser cette épreuve pour elle, s'il se concentrait sur la joie qu'il lui donnait et faisait de son mieux pour oublier l'état physique dans lequel il se trouvait.
Les jours où ses nausées le laissaient en paix et où Yukari amenait quelque chose de nouveau pour leur futur bébé, il partageait son bonheur. Il se sentait une tendresse envers elle sans cesse renouvelée et une envie de la protéger, comme si c'était elle qui se trouvait dans un état « intéressant »… comme ç'aurait dû être, dans un monde parfait. Car c'était bien elle qui l'intéressait à ce qui se passait dans leur vie et aux bouleversements qui s'y déroulaient.
Alors qu'il faisait de son mieux pour ignorer ce qui se passait dans son propre corps, c'était les changements survenant dans le comportement de Yukari qui lui prouvaient qu'il serait papa dans quelques mois.
L'idée d'avoir un fils lui plaisait. Dans quelques années, bien sûr, quand ça serait un vrai petit garçon à élever et plus juste un bébé dont il n'avait pas la moindre idée de comment on en prendrait soin et qu'il laisserait entièrement à la charge adoratrice de Yukari.
« Je voudrais tellement être capable de te donner un fils, soupira Yukari un soir qu'ils passaient tranquillement ensemble.
Bien sûr, ajouta-t-elle, je serais heureuse aussi avec une petite fille. »
Sora n'avait même pas envisagé cette possibilité. Ça n'était pas qu'il tenait absolument à avoir un fils à qui transmettre son nom – qui de toute façon était celui de sa femme – et sa maison – qu'il était encore très loin d'avoir – mais, à part Yukari, il ne comprenait pas bien les femmes. Les filles étaient des êtres mystérieux, fascinants, mais incompréhensibles et à admirer de loin – sauf celle qu'on aime pour de bon. Il serait bien incapable d'éduquer une fillette ! Même sa propre petite sœur, il avait toujours été gêné de jouer avec elle, et pas seulement à cause de leur différence d'âge.
S'oubliant un moment, il attaqua ses économies pour acheter un gant de base-ball, rêvant déjà au jour où il apprendrait à son garçon à lancer et rattraper des balles.
...Et il fallut chercher des idées de prénom. Comme Sora refusait de retourner chez le médecin, il était impossible de demander une nouvelle échographie pour découvrir à l'avance le sexe du bébé. Et d'expérience, ils savaient tous les deux comme on peut ne pas aimer du tout le nom donné par ses parents, pour toutes sortes de raisons.
« Crois-tu qu'il sera normal ?
- Tant qu'il est en bonne santé et qu'il grandit heureux, c'est tout ce que je demande. »
Les idées avancées par Yukari étaient trop mignonnes, trop fleuries, même quand elle affirmait chercher des noms de garçon ou unisexes. Celles de Sora, évidemment, étaient trop outrageusement viriles, du genre manga vieille école, comme plus personne de jeune n'utilisait dans la vraie vie, et il n'essaya même pas de trouver des prénoms de fille : pour quoi faire ?
Ils avaient plus à s'inquiéter de tout l'aspect matériel. Car une fois le bébé né, s'en occuper demanderait du travail à plein temps. Sora ne se voyait pas père au foyer et Yukari ne l'imaginait pas non plus. Ils n'auraient pas les moyens de payer une aide. Mais si Yukari devait s'arrêter de travailler une fois mère, alors que Sora n'avait pas encore de contrat stable...
« Je retournerai faire des chantiers s'il le faut, » promit-il.
À vrai dire, il en avait presque envie. Ça voudrait dire que ce temps serait révolu, qu'il serait à nouveau un homme, un vrai, qu'il vivrait de ses muscles... à défaut de poursuivre son rêve de vivre de sa plume, mais, échaudé par les trop longues journées à avoir l'impression de ne rien faire, de ne rien créer de bon, il avait besoin de se sentir immédiatement utile. Et de reconstruire son corps et son image.
Ils allaient avoir vingt ans cette année et devenir officiellement majeurs. Mariés et avec un enfant en route, ils se sentaient déjà réellement adultes, alors que leurs camarades de cérémonie avaient toujours presque l'air d'enfants...
Le fait sema un moment le doute dans leur esprit : étaient-ils allés trop vite ? Non, s'assurèrent-il, pour leur mariage en tout cas ils étaient sûrs et certains de leur décision, et pour le bébé, he bien, ils n'avaient rien d'autre à faire que de l'attendre et l'accueillir désormais, ils ne pouvaient plus faire machine arrière.
Yukari, malgré le budget serré, décida que l'occasion était suffisamment importante pour marquer le coup et tint fermement à se procurer un kimono de bonne facture, qui servirait à nouveau plus tard dans sa vie. C'était un investissement raisonné, affirmait-elle. Sora quant à lui aurait préféré pouvoir porter un costume occidental, mais ne pouvait pas y entrer pour le moment : il était donc impossible d'en choisir un, à moins de vouloir le voir gâché pour les années à venir. Il envisagea d'en louer un à sa taille actuelle, mais se sentit boudiné et ridicule quand il l'essaya.
Yukari le convainquit donc que pour lui aussi, un beau kimono avait ses avantages, en plus de celui qu'il portait presque au quotidien ces temps-ci. Qu'il le choisisse sobre, passe-partout, mais élégant et surtout de bonne qualité, et il en profiterait longtemps et à d'autres occasions par la suite.
Titre :
Auteur :
Base : Family COMPO
Personnages/Couple : Wakanae Yukari & Sora
Genre :
Gradation : PG+ / T-
Légalité : propriété de Hōjō Tsukasa, je ne cherche ni à tirer profit ni à manquer de respect.
Nombre de mots : ~1200
Vers la moitié du terme, sa situation était devenue trop pénible, et sa capacité d'illustration, gâtée par la fatigue, les malaises, la douleur, la mauvaise humeur chronique, avait trop décru. Il n'arrivait plus à tenir ses délais et ne se sentait plus à la hauteur de la tâche qu'il lui avait été confiée.
La mort dans l'âme, profondément humilié par son échec, il dut se résoudre à s'arranger avec son employeur pour faire annuler la série pour raison de santé.
Ça ne fut pas difficile : il avait une vraie mine de déterré.
Le problème, craignait-il, c'est qu'il risquait de brûler ses chances dans le milieu pour la suite, s'il se présentait comme fragile et non fiable.
Libéré de la contrainte et refusant de se laisser aller à l'oisiveté et de prendre la main, il donna libre cours à ses envies et créa sa première mini série, sans se soucier de si elle se vendrait, d'à quel public elle plairait, de ce qu'un éditeur quelconque en penserait. Il avait besoin de créer, de dessiner, d'inventer une histoire, un monde, une vie où tout se passerait pour le mieux et où il ne serait pas prisonnier d'un corps déformé et malade.
Il y mit sa rage, sa passion, ses espoirs pour l'avenir.
Il y mit l'amour pour Yukari aussi, mais au second plan, et l'abnégation de son personnage y tenait du sacrifice irréfléchi.
Et Yukari était tellement heureuse d'être bientôt maman ! Elle rayonnait. La voir ainsi remplissait Sora de sérénité et lui rappelait qu'il avait pris la bonne décision. Combler son épouse, par tous les moyens possibles, le rendait heureux en retour, et fier. Il pouvait traverser cette épreuve pour elle, s'il se concentrait sur la joie qu'il lui donnait et faisait de son mieux pour oublier l'état physique dans lequel il se trouvait.
Les jours où ses nausées le laissaient en paix et où Yukari amenait quelque chose de nouveau pour leur futur bébé, il partageait son bonheur. Il se sentait une tendresse envers elle sans cesse renouvelée et une envie de la protéger, comme si c'était elle qui se trouvait dans un état « intéressant »… comme ç'aurait dû être, dans un monde parfait. Car c'était bien elle qui l'intéressait à ce qui se passait dans leur vie et aux bouleversements qui s'y déroulaient.
Alors qu'il faisait de son mieux pour ignorer ce qui se passait dans son propre corps, c'était les changements survenant dans le comportement de Yukari qui lui prouvaient qu'il serait papa dans quelques mois.
L'idée d'avoir un fils lui plaisait. Dans quelques années, bien sûr, quand ça serait un vrai petit garçon à élever et plus juste un bébé dont il n'avait pas la moindre idée de comment on en prendrait soin et qu'il laisserait entièrement à la charge adoratrice de Yukari.
« Je voudrais tellement être capable de te donner un fils, soupira Yukari un soir qu'ils passaient tranquillement ensemble.
Bien sûr, ajouta-t-elle, je serais heureuse aussi avec une petite fille. »
Sora n'avait même pas envisagé cette possibilité. Ça n'était pas qu'il tenait absolument à avoir un fils à qui transmettre son nom – qui de toute façon était celui de sa femme – et sa maison – qu'il était encore très loin d'avoir – mais, à part Yukari, il ne comprenait pas bien les femmes. Les filles étaient des êtres mystérieux, fascinants, mais incompréhensibles et à admirer de loin – sauf celle qu'on aime pour de bon. Il serait bien incapable d'éduquer une fillette ! Même sa propre petite sœur, il avait toujours été gêné de jouer avec elle, et pas seulement à cause de leur différence d'âge.
S'oubliant un moment, il attaqua ses économies pour acheter un gant de base-ball, rêvant déjà au jour où il apprendrait à son garçon à lancer et rattraper des balles.
...Et il fallut chercher des idées de prénom. Comme Sora refusait de retourner chez le médecin, il était impossible de demander une nouvelle échographie pour découvrir à l'avance le sexe du bébé. Et d'expérience, ils savaient tous les deux comme on peut ne pas aimer du tout le nom donné par ses parents, pour toutes sortes de raisons.
« Crois-tu qu'il sera normal ?
- Tant qu'il est en bonne santé et qu'il grandit heureux, c'est tout ce que je demande. »
Les idées avancées par Yukari étaient trop mignonnes, trop fleuries, même quand elle affirmait chercher des noms de garçon ou unisexes. Celles de Sora, évidemment, étaient trop outrageusement viriles, du genre manga vieille école, comme plus personne de jeune n'utilisait dans la vraie vie, et il n'essaya même pas de trouver des prénoms de fille : pour quoi faire ?
Ils avaient plus à s'inquiéter de tout l'aspect matériel. Car une fois le bébé né, s'en occuper demanderait du travail à plein temps. Sora ne se voyait pas père au foyer et Yukari ne l'imaginait pas non plus. Ils n'auraient pas les moyens de payer une aide. Mais si Yukari devait s'arrêter de travailler une fois mère, alors que Sora n'avait pas encore de contrat stable...
« Je retournerai faire des chantiers s'il le faut, » promit-il.
À vrai dire, il en avait presque envie. Ça voudrait dire que ce temps serait révolu, qu'il serait à nouveau un homme, un vrai, qu'il vivrait de ses muscles... à défaut de poursuivre son rêve de vivre de sa plume, mais, échaudé par les trop longues journées à avoir l'impression de ne rien faire, de ne rien créer de bon, il avait besoin de se sentir immédiatement utile. Et de reconstruire son corps et son image.
Ils allaient avoir vingt ans cette année et devenir officiellement majeurs. Mariés et avec un enfant en route, ils se sentaient déjà réellement adultes, alors que leurs camarades de cérémonie avaient toujours presque l'air d'enfants...
Le fait sema un moment le doute dans leur esprit : étaient-ils allés trop vite ? Non, s'assurèrent-il, pour leur mariage en tout cas ils étaient sûrs et certains de leur décision, et pour le bébé, he bien, ils n'avaient rien d'autre à faire que de l'attendre et l'accueillir désormais, ils ne pouvaient plus faire machine arrière.
Yukari, malgré le budget serré, décida que l'occasion était suffisamment importante pour marquer le coup et tint fermement à se procurer un kimono de bonne facture, qui servirait à nouveau plus tard dans sa vie. C'était un investissement raisonné, affirmait-elle. Sora quant à lui aurait préféré pouvoir porter un costume occidental, mais ne pouvait pas y entrer pour le moment : il était donc impossible d'en choisir un, à moins de vouloir le voir gâché pour les années à venir. Il envisagea d'en louer un à sa taille actuelle, mais se sentit boudiné et ridicule quand il l'essaya.
Yukari le convainquit donc que pour lui aussi, un beau kimono avait ses avantages, en plus de celui qu'il portait presque au quotidien ces temps-ci. Qu'il le choisisse sobre, passe-partout, mais élégant et surtout de bonne qualité, et il en profiterait longtemps et à d'autres occasions par la suite.