Série : She was a boy and he was a girl
Titre :
Auteur :
malurette
Base : Family COMPO
Personnages/Couple : Wakanae Yukari & Sora
Genre : drama médical
Gradation : PG / K+
Légalité : propriété de Hōjō Tsukasa, je ne cherche ni à tirer profit ni à manquer de respect.
Nombre de mots :
***
Quelle que soit l'avis professionnel sur « l'avancée » de Sora, ce qu'il savait, lui, c'est qu'il en avait largement assez. Ça faisait mal, ça revenait trop souvent, ça durait trop longtemps. Il ne supportait pas de rester allongé, et ses jambes lui faisaient vite très mal à leur tour s'il voulait rester assis. Si ridicule qu'il se sente, c'était encore à quatre pattes que c'était le plus supportable, mais alors il sentait tout le poids de son ventre qui pendait et qu'il ne pouvait pas ignorer. Les massages offerts par Yukari n'aidaient plus.
« Il faut forcément que ça arrive bientôt... Comment veulent-ils que ça continue encore ? »
Maintenant, les contractions lui tiraient des exclamations de douleur, vite ravalées, mais qui lui échappaient malgré lui... et qui se poursuivaient par des râles de frustration et de colère.
Qui redoublèrent quand il s'aperçut qu'il était en train de mouiller le lit.
« Ne panique pas, fit Yukari avec plus d'excitation enthousiaste que d'appel au calme : c'est sûrement la poche des eaux. »
Vu la quantité et l'absence d'odeur...
Pour Sora, c'était au contraire une nouvelle raison de paniquer. Il voulait que tout se termine, mais ne se sentait toujours pas prêt à affronter le passage obligé de la naissance pour de vrai.
Avec cette nouvelle étape, la sensation de pesanteur entre chaque contraction s'était faite plus forte encore. Il sentait comme le poids dans son corps était descendu et appuyait de plus en plus bas, de plus en plus fort, menaçant de forcer un passage à travers tout à chaque contraction. Contractions qui lui semblaient maintenant incessantes : il avait à peine le temps de reprendre son souffle après la précédente, que la suivante s'enchaînait, et durait, et forçait.
Les crampes lui tordant le ventre violemment, il se remit à vomir, crachant à grand' peine un peu de bile, n'ayant plus rien d'autre à rejeter. Yukari, dépassée par l'intensité des choses, s'empressa d'appeler de l'assistance, pour nettoyer, pour se rassurer elle-même autant que Sora, et parce qu'à son tour, elle était persuadée que ça ne pouvait plus durer bien longtemps ainsi.
Sora n'eut même pas la force de protester contre un nouvel examen, qui se révéla concluant :
« Vous approchez de la dilatation nécessaire. Ça ne sera plus très long maintenant ; je vais vous faire conduire en salle d'accouchement.
Madame, il va falloir vous habiller si vous voulez assister à la naissance. On va vous donner une blouse et tout l'équipement stérile. »
Pendant qu'on préparait Sora d'un côté, Yukari de l'autre, ils étaient forcément séparés... et en proie à l'angoisse. Cette fois ça y était. Pour de bon. Pour de vrai.
« Le premier qui m'appelle madame, prévint Sora entre ses dents serrées, se prend un bon coup de pied. »
Tant pis s'il n'était plus en état de mettre sa menace à exécution.
Jamais il ne s'était senti aussi humilié de toute sa vie, que coincé sur cette table gynécologique avec un médecin entre ses jambes écartées de force, et la présence de Yukari à ses côtés ne suffisait pas à le rassurer et à le calmer.
Son seul espoir, maintenant, c'était ce qu'il restait d'amour-propre. Il allait leur prouver qu'il en était capable. Sans hurler, sans pleurer, en trois poussées et sans problème. De toutes ses forces. Ils allaient voir la puissance de ses muscles et de sa volonté !
« Plus fort. N'ayez pas peur.
- Je n'ai pas peur, beugla Sora, absolument terrifié par la sensation de gonflement, de déchirement, qui s'emparait du bas de son corps.
- Continue comme ça. Tu t'en sors bien. Tu es formidable.
- Encore un petit effort... »
Le cri de rage de Sora sur l'expulsion noya les premiers vagissements du bébé.
Il n'entendit pas non plus les félicitations d'usage et l'annonce du sexe. Ça lui était bien égal. Il avait fait sa part. Il se sentait beaucoup plus léger désormais. Un peu trop, même.
Quand on voulut poser la chose gluante, glapissante et gigotante sur son ventre, il protesta.
« Donnez-le à Yukari. C'est elle la maman. »
Ça n'était pas l'usage, mais pour une fois, ils acceptèrent de placer l'enfant entre les bras de la mère assise tout à côté sur le bord du lit, pour qu'elle le serre sur sa poitrine trop maigre mais toute offerte.
Un instant plus tard, Sora émergeait un mauvais rêve, allongé sur le dos, les jambes à nouveau serrées, mais avec une impression d'humidité persistante sur tout le corps. Il était en nage.
« Tu as fait un petit malaise. Il paraît que ça arrive souvent aux papas trop émotifs.
- J't'en ficherai des émotifs, maugréa Sora.
- Tu as été formidable.
- C'est fini ?
- Presque. Il reste l'arrière-faix à expulser et ça sera fini.
- Le quoi ?
- Ne te pose pas de question. Ça va venir tout seul.
Ne regarde pas, non plus. »
La dernière étape, ce qui sortit sous la dernière poussée qu'on lui demanda, Sora la gomma ensuite consciencieusement de sa mémoire.
La suite fut encore plus floue. Il eut vaguement conscience de se faire laver et changer. Il ne garda pas souvenir du transfert en chambre personnelle.
Mais quand il reprit pleine possession de ses moyens, il était dans un lit d'hôpital en chambre individuelle, en nemata, Yukari somnolait dans un fauteuil à ses côtés, et dans le berceau entre eux deux reposait non plus une espèce de monstre parasite sanguinolent, ni une poupée parfaite, mais un vrai bébé, encore un peu rouge et déformé, mais entièrement humain. Et si minuscule. Et quelque chose dans les traits du tout petit, petit visage, lui rappelait un peu sa sœur.
Au regard suivant, c'était Yukari. Ensuite, plus personne, que lui.
Leur enfant.
Celui que Yukari avait tant désiré.
Celui qu'il avait accepté de lui donner.
Celui qu'il allait élever avec elle désormais...
Dont ils feraient quelqu'un de bien.
Ce fut bien sûr Yukari qui alla déclarer la naissance à la mairie et enregistrer le prénom de leur enfant. Sur les quelques jours que Sora passa à la maternité, elle s'arrangea pour boucler le budget pour les quelques mois à venir et achever les ultimes préparatifs pour accueillir le bébé à la maison.
Elle prit congé de son travail, comptant soigneusement sa dernière paie, les économies qu'ils avaient de côté, et la facture d'hôpital à régler.
Ça serait juste, il faudrait que, dès qu'il aurait récupéré, Sora trouve quelque chose. À moins qu'elle continue à mi-temps et qu'ils se partagent le temps au foyer autour du bébé, mais ça, Sora aurait tout fait pour y échapper, même retourner sur un chantier dès le lendemain de la naissance.
Titre :
Auteur :
Base : Family COMPO
Personnages/Couple : Wakanae Yukari & Sora
Genre : drama médical
Gradation : PG / K+
Légalité : propriété de Hōjō Tsukasa, je ne cherche ni à tirer profit ni à manquer de respect.
Nombre de mots :
Quelle que soit l'avis professionnel sur « l'avancée » de Sora, ce qu'il savait, lui, c'est qu'il en avait largement assez. Ça faisait mal, ça revenait trop souvent, ça durait trop longtemps. Il ne supportait pas de rester allongé, et ses jambes lui faisaient vite très mal à leur tour s'il voulait rester assis. Si ridicule qu'il se sente, c'était encore à quatre pattes que c'était le plus supportable, mais alors il sentait tout le poids de son ventre qui pendait et qu'il ne pouvait pas ignorer. Les massages offerts par Yukari n'aidaient plus.
« Il faut forcément que ça arrive bientôt... Comment veulent-ils que ça continue encore ? »
Maintenant, les contractions lui tiraient des exclamations de douleur, vite ravalées, mais qui lui échappaient malgré lui... et qui se poursuivaient par des râles de frustration et de colère.
Qui redoublèrent quand il s'aperçut qu'il était en train de mouiller le lit.
« Ne panique pas, fit Yukari avec plus d'excitation enthousiaste que d'appel au calme : c'est sûrement la poche des eaux. »
Vu la quantité et l'absence d'odeur...
Pour Sora, c'était au contraire une nouvelle raison de paniquer. Il voulait que tout se termine, mais ne se sentait toujours pas prêt à affronter le passage obligé de la naissance pour de vrai.
Avec cette nouvelle étape, la sensation de pesanteur entre chaque contraction s'était faite plus forte encore. Il sentait comme le poids dans son corps était descendu et appuyait de plus en plus bas, de plus en plus fort, menaçant de forcer un passage à travers tout à chaque contraction. Contractions qui lui semblaient maintenant incessantes : il avait à peine le temps de reprendre son souffle après la précédente, que la suivante s'enchaînait, et durait, et forçait.
Les crampes lui tordant le ventre violemment, il se remit à vomir, crachant à grand' peine un peu de bile, n'ayant plus rien d'autre à rejeter. Yukari, dépassée par l'intensité des choses, s'empressa d'appeler de l'assistance, pour nettoyer, pour se rassurer elle-même autant que Sora, et parce qu'à son tour, elle était persuadée que ça ne pouvait plus durer bien longtemps ainsi.
Sora n'eut même pas la force de protester contre un nouvel examen, qui se révéla concluant :
« Vous approchez de la dilatation nécessaire. Ça ne sera plus très long maintenant ; je vais vous faire conduire en salle d'accouchement.
Madame, il va falloir vous habiller si vous voulez assister à la naissance. On va vous donner une blouse et tout l'équipement stérile. »
Pendant qu'on préparait Sora d'un côté, Yukari de l'autre, ils étaient forcément séparés... et en proie à l'angoisse. Cette fois ça y était. Pour de bon. Pour de vrai.
« Le premier qui m'appelle madame, prévint Sora entre ses dents serrées, se prend un bon coup de pied. »
Tant pis s'il n'était plus en état de mettre sa menace à exécution.
Jamais il ne s'était senti aussi humilié de toute sa vie, que coincé sur cette table gynécologique avec un médecin entre ses jambes écartées de force, et la présence de Yukari à ses côtés ne suffisait pas à le rassurer et à le calmer.
Son seul espoir, maintenant, c'était ce qu'il restait d'amour-propre. Il allait leur prouver qu'il en était capable. Sans hurler, sans pleurer, en trois poussées et sans problème. De toutes ses forces. Ils allaient voir la puissance de ses muscles et de sa volonté !
« Plus fort. N'ayez pas peur.
- Je n'ai pas peur, beugla Sora, absolument terrifié par la sensation de gonflement, de déchirement, qui s'emparait du bas de son corps.
- Continue comme ça. Tu t'en sors bien. Tu es formidable.
- Encore un petit effort... »
Le cri de rage de Sora sur l'expulsion noya les premiers vagissements du bébé.
Il n'entendit pas non plus les félicitations d'usage et l'annonce du sexe. Ça lui était bien égal. Il avait fait sa part. Il se sentait beaucoup plus léger désormais. Un peu trop, même.
Quand on voulut poser la chose gluante, glapissante et gigotante sur son ventre, il protesta.
« Donnez-le à Yukari. C'est elle la maman. »
Ça n'était pas l'usage, mais pour une fois, ils acceptèrent de placer l'enfant entre les bras de la mère assise tout à côté sur le bord du lit, pour qu'elle le serre sur sa poitrine trop maigre mais toute offerte.
Un instant plus tard, Sora émergeait un mauvais rêve, allongé sur le dos, les jambes à nouveau serrées, mais avec une impression d'humidité persistante sur tout le corps. Il était en nage.
« Tu as fait un petit malaise. Il paraît que ça arrive souvent aux papas trop émotifs.
- J't'en ficherai des émotifs, maugréa Sora.
- Tu as été formidable.
- C'est fini ?
- Presque. Il reste l'arrière-faix à expulser et ça sera fini.
- Le quoi ?
- Ne te pose pas de question. Ça va venir tout seul.
Ne regarde pas, non plus. »
La dernière étape, ce qui sortit sous la dernière poussée qu'on lui demanda, Sora la gomma ensuite consciencieusement de sa mémoire.
La suite fut encore plus floue. Il eut vaguement conscience de se faire laver et changer. Il ne garda pas souvenir du transfert en chambre personnelle.
Mais quand il reprit pleine possession de ses moyens, il était dans un lit d'hôpital en chambre individuelle, en nemata, Yukari somnolait dans un fauteuil à ses côtés, et dans le berceau entre eux deux reposait non plus une espèce de monstre parasite sanguinolent, ni une poupée parfaite, mais un vrai bébé, encore un peu rouge et déformé, mais entièrement humain. Et si minuscule. Et quelque chose dans les traits du tout petit, petit visage, lui rappelait un peu sa sœur.
Au regard suivant, c'était Yukari. Ensuite, plus personne, que lui.
Leur enfant.
Celui que Yukari avait tant désiré.
Celui qu'il avait accepté de lui donner.
Celui qu'il allait élever avec elle désormais...
Dont ils feraient quelqu'un de bien.
Ce fut bien sûr Yukari qui alla déclarer la naissance à la mairie et enregistrer le prénom de leur enfant. Sur les quelques jours que Sora passa à la maternité, elle s'arrangea pour boucler le budget pour les quelques mois à venir et achever les ultimes préparatifs pour accueillir le bébé à la maison.
Elle prit congé de son travail, comptant soigneusement sa dernière paie, les économies qu'ils avaient de côté, et la facture d'hôpital à régler.
Ça serait juste, il faudrait que, dès qu'il aurait récupéré, Sora trouve quelque chose. À moins qu'elle continue à mi-temps et qu'ils se partagent le temps au foyer autour du bébé, mais ça, Sora aurait tout fait pour y échapper, même retourner sur un chantier dès le lendemain de la naissance.