Titre : Les chiens ne font pas des chats
Auteur :
malurette
Base : Atypical
Personnages : Casey, Sam & Elsa Gardner
Genre : gen
Gradation : PG / K+
Légalité : propriété d
, je ne cherche ni à tirer profit ni à manquer de respect.
Thème : «Habits and Routines» pour
ladiesbingo (habitudes & rituels)
Nombre de mots :
***
Sa relation avec sa mère ? quand Casey est d'humeur généreuse elle la définit comme "difficile". Quand elle est particulière en colère ou fatiguée - et ça arrive de plus en plus souvent ces derniers temps ; merci l'âge ingrat - elle se contente de la qualifier d'inexistante.
Le diagnostic de Sam a changé toute leur dynamique familiale et Casey était tellement jeune l'époque, elle ne se souvient même plus de comment c'était avant. Mais elle pense que ça a été différent quand elle était bébé et qu'elle avait besoin de toute l'attention de ses parents, plus qu'un frère aîné qui arrivait juste à l'âge où il devait commencer à apprendre un petit peu d'autonomie (en théorie).
Parfois elle se dit qu'Elsa aurait de toute façon favorisé son fils aîné par rapport à une fille cadette, parce qu'elle vu plus d'une camarade de classe subir de telles manifestations de sexisme dans leurs familles respectives. Sauf qu'en plus de ça Elsa a une ~justification~ pour être "obligée" de faire passer Sam d'abord et Casey lui en veut. Oh qu'est-ce qu'elle lui en veut.
Elle n'est pas supposée en vouloir à Sam lui-même - c'est pas sa faute s'il est autiste et il ne fait pas exprès de rendre sa vie plus compliquée. Elsa en revanche est leur mère, une adulte responsable, responsable d'eux deux, mais prend bien trop souvent des décisions qui négligent la seconde.
Casey trouvait autrefois que son père était raisonnable, à prendre le fonctionnement de Sam de façon détachée, pas comme un problème, se souvenait qu'elle aussi existait et ne les traitait pas vraiment différemment l'un de l'autre. Maintenant qu'elle a un peu plus mûri elle soupçonne que, non, c'est un autre type d'irresponsabilité. C'est qu'il ne veut pas admettre que les particularités de Sam sont un handicap. Est-ce qu'elle lui en veut à lui aussi, d'avoir l'attitude inverse ? Ben. Non mais ça n'est pas son problème.
Elsa, pour tout ce qui touche à Sam, est l'inverse d'irresponsable. Elle a pris à cœur son rôle de maman d'autiste et en a fait toute sa vie, toute son identité - elle a renoncé à sa carrière pour être femme au foyer et mère de deux enfants ? non, quelle vaste blague : Elsa est la mère à temps plein d'un garçon autiste et parfois se souvient qu'elle a un mari et une fille neurotypique aussi, qui heureusement peut s'élever toute seule apparemment.
Casey osera-t-elle le dire ? Les chiens ne font pas des chats ; Elsa a transformé le fait d'être une mère d'autiste plus qu'en sacerdoce, en intérêt spécifique. C'est toute sa vie, sa raison d'être, la seule façon dont elle peut faire face au monde : "pour le rendre plus accessible aux besoins de son fils".
Reconnaissons-le-lui, elle le fait drôlement bien. Elle a conçu et réalisé des jeux et des aménagements et des routines et tant de petites choses qui rendent la vie de Sam et par extension celle de toute la famille plus facile.
Son grand tableau blanc, par exemple. Très utile et ça pourrait améliorer la vie de n'importe quelle famille, avec ou sans neurodivergences ou handicaps. Mais c'est devenu le tableau d'Elsa avant tout.
Bah tant pis. Casey décide qu'elle n'en a pas besoin pour suivre ses propres routines, ni pour les changer quand il faut.
Elle a ses habitudes de course à pied pour se maintenir au top et elle a aussi ses lubies d'aller courir juste pour avoir un prétexte pour quitter la maison. Aussi souvent que nécessaire. Sortir de là. Courir. Se défouler. Reprendre ses esprits. Se perdre dans l'effort physique pour ne plus avoir à penser. Jusqu'à ce que sa colère s'évapore avec la sueur, ou que la fatigue l'étouffe.
Un autre exemple, son propre anniversaire. Plusieurs années auparavant Elsa avait dû expliquer à Sam comment et pourquoi cette journée en particulier était celle où Casey devait se sentir spécialement aimée - après tout il avait les 364 autres chaque année pour être le-petit-garçon-tellement-spécial-à-sa-maman. Et il a compris ! Il n'est pas stupide ni borné. À l'époque il prenait grand soin de s'occuper de sa petite sœur le jour de son anniversaire. Il aime sa petite sœur ! même si ses façons de le montrer sont maladroites. Et puis ensuite au fil des ans, même ses bonnes intentions n'ont plus suffi. Les attentions qu'il avait inventées pour elle sont devenus des rituels, des routines pour rendre le jour plus facile pour lui. Et Elsa n'a pas l'air de s'en rendre compte ?
Et sans doute, Casey ne devrait pas tant blâmer Elsa ; ça n'est pas sa faute non plus, ce qu'est Sam, et ça doit être épuisant pour elle aussi d'avoir à gérer son fils et sa mal lunée de fille et tout le reste.
Et pourtant.
Pourtant.
C'est bien tout le problème. Elle n'y peut rien. Elle a beau savoir, aucun raisonnement ne vient à bout de ce sentiment viscéral d'abandon. Elle est une adolescente et elle a besoin d'attention et oui, elle blâme sa mère de l'oublier ainsi.
Auteur :
Base : Atypical
Personnages : Casey, Sam & Elsa Gardner
Genre : gen
Gradation : PG / K+
Légalité : propriété d
, je ne cherche ni à tirer profit ni à manquer de respect.
Thème : «Habits and Routines» pour
Nombre de mots :
Sa relation avec sa mère ? quand Casey est d'humeur généreuse elle la définit comme "difficile". Quand elle est particulière en colère ou fatiguée - et ça arrive de plus en plus souvent ces derniers temps ; merci l'âge ingrat - elle se contente de la qualifier d'inexistante.
Le diagnostic de Sam a changé toute leur dynamique familiale et Casey était tellement jeune l'époque, elle ne se souvient même plus de comment c'était avant. Mais elle pense que ça a été différent quand elle était bébé et qu'elle avait besoin de toute l'attention de ses parents, plus qu'un frère aîné qui arrivait juste à l'âge où il devait commencer à apprendre un petit peu d'autonomie (en théorie).
Parfois elle se dit qu'Elsa aurait de toute façon favorisé son fils aîné par rapport à une fille cadette, parce qu'elle vu plus d'une camarade de classe subir de telles manifestations de sexisme dans leurs familles respectives. Sauf qu'en plus de ça Elsa a une ~justification~ pour être "obligée" de faire passer Sam d'abord et Casey lui en veut. Oh qu'est-ce qu'elle lui en veut.
Elle n'est pas supposée en vouloir à Sam lui-même - c'est pas sa faute s'il est autiste et il ne fait pas exprès de rendre sa vie plus compliquée. Elsa en revanche est leur mère, une adulte responsable, responsable d'eux deux, mais prend bien trop souvent des décisions qui négligent la seconde.
Casey trouvait autrefois que son père était raisonnable, à prendre le fonctionnement de Sam de façon détachée, pas comme un problème, se souvenait qu'elle aussi existait et ne les traitait pas vraiment différemment l'un de l'autre. Maintenant qu'elle a un peu plus mûri elle soupçonne que, non, c'est un autre type d'irresponsabilité. C'est qu'il ne veut pas admettre que les particularités de Sam sont un handicap. Est-ce qu'elle lui en veut à lui aussi, d'avoir l'attitude inverse ? Ben. Non mais ça n'est pas son problème.
Elsa, pour tout ce qui touche à Sam, est l'inverse d'irresponsable. Elle a pris à cœur son rôle de maman d'autiste et en a fait toute sa vie, toute son identité - elle a renoncé à sa carrière pour être femme au foyer et mère de deux enfants ? non, quelle vaste blague : Elsa est la mère à temps plein d'un garçon autiste et parfois se souvient qu'elle a un mari et une fille neurotypique aussi, qui heureusement peut s'élever toute seule apparemment.
Casey osera-t-elle le dire ? Les chiens ne font pas des chats ; Elsa a transformé le fait d'être une mère d'autiste plus qu'en sacerdoce, en intérêt spécifique. C'est toute sa vie, sa raison d'être, la seule façon dont elle peut faire face au monde : "pour le rendre plus accessible aux besoins de son fils".
Reconnaissons-le-lui, elle le fait drôlement bien. Elle a conçu et réalisé des jeux et des aménagements et des routines et tant de petites choses qui rendent la vie de Sam et par extension celle de toute la famille plus facile.
Son grand tableau blanc, par exemple. Très utile et ça pourrait améliorer la vie de n'importe quelle famille, avec ou sans neurodivergences ou handicaps. Mais c'est devenu le tableau d'Elsa avant tout.
Bah tant pis. Casey décide qu'elle n'en a pas besoin pour suivre ses propres routines, ni pour les changer quand il faut.
Elle a ses habitudes de course à pied pour se maintenir au top et elle a aussi ses lubies d'aller courir juste pour avoir un prétexte pour quitter la maison. Aussi souvent que nécessaire. Sortir de là. Courir. Se défouler. Reprendre ses esprits. Se perdre dans l'effort physique pour ne plus avoir à penser. Jusqu'à ce que sa colère s'évapore avec la sueur, ou que la fatigue l'étouffe.
Un autre exemple, son propre anniversaire. Plusieurs années auparavant Elsa avait dû expliquer à Sam comment et pourquoi cette journée en particulier était celle où Casey devait se sentir spécialement aimée - après tout il avait les 364 autres chaque année pour être le-petit-garçon-tellement-spécial-à-sa-maman. Et il a compris ! Il n'est pas stupide ni borné. À l'époque il prenait grand soin de s'occuper de sa petite sœur le jour de son anniversaire. Il aime sa petite sœur ! même si ses façons de le montrer sont maladroites. Et puis ensuite au fil des ans, même ses bonnes intentions n'ont plus suffi. Les attentions qu'il avait inventées pour elle sont devenus des rituels, des routines pour rendre le jour plus facile pour lui. Et Elsa n'a pas l'air de s'en rendre compte ?
Et sans doute, Casey ne devrait pas tant blâmer Elsa ; ça n'est pas sa faute non plus, ce qu'est Sam, et ça doit être épuisant pour elle aussi d'avoir à gérer son fils et sa mal lunée de fille et tout le reste.
Et pourtant.
Pourtant.
C'est bien tout le problème. Elle n'y peut rien. Elle a beau savoir, aucun raisonnement ne vient à bout de ce sentiment viscéral d'abandon. Elle est une adolescente et elle a besoin d'attention et oui, elle blâme sa mère de l'oublier ainsi.