malurette: (victim)
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Titre : Gestion du personnel
Auteur : [personal profile] malurette
Base : Star Trek: Deep Space 9
Personnages : Julian Bashir et Jabara
Genre : drama médical ?
Gradation : PG / K+
Légalité : propriété de Paramount etc, je ne cherche ni à tirer profit ni à manquer de respect.

Continuité : Distant Voices
https://glyfic.dreamwidth.org/3014290.html
Nombre de mots : ~1300

***

Il y a de l’agitation à l’infirmerie de la station, une alarme qui hurle, quelqu’un qui se rue dehors – pour être rapidement arrêté. L’équipe de secours qui se précipite pour aider trouve le docteur Bashir effondré à terre, les étagères de la pharmacie sens dessus dessous.

Infirmières et officiers de sécurités s’interpellent, s’enjoignant à reculer et se défendant mutuellement de le toucher. Jabara obtient la préséance sur le délégué d’Odo et brandit un tricordeur médical.
« Doucement, je lis des signes de trauma cérébral – ne le bougez pas !
- Mais il faut bien relever les preuves de l’agression.
- Vous avez déjà toutes les preuves dont vous avez besoin, maintenant, dégagez, il nous faut de l’espace. »
Elle met rapidement en place un appareil autour de sa nuque pour immobiliser sa tête, se fait assister d’un technicien médical pour assembler une civière anti gravité et ensemble ils le transfèrent avec précaution sur un lit médical pour des scans plus approfondis.
Rapides et efficaces même sans les directives d’un médecin, mais tout serait plus faciles sans qu’Odo pour regarder par-dessus leur épaule.

« Pas de traces de traumatisme contondant mais l’activité électrique est dans tous ses états, et des signes d’inflammation, suggèrent une blessure d’origine télépathique. 

» Dr Bashir, vous m’entendez ? Monsieur ? Julian ? Pouvez-vous ouvrir les yeux ? Pouvez-vous serrer ma main ? 

» Pouvez-vous le réveiller ?
- Pas pour le moment, non. »
Le dr Bashir ne réagit aux stimuli ni verbaux ni tactiles neutres, à peine à la douleur. Ni infirmières et techniciens médicaux ne peuvent administrer de stimulants sans une prescription en bonne et due forme.
« Et le stimulateur cortical ? Vous pourriez..?
- Ça n’est pas indiqué dans ce cas, non. 

» Il nous faut un médecin. Il nous faut un autre médecin.
- Et nous n’en avons pas ?
- Pas en ce moment, non. Ils sont tous en congé. Dr Bashir assurait seul les consultations aujourd’hui.
- Il faut pourtant bien qu’ils arrivent à joindre quelqu’un. 

» Infirmerie à Centre des Opérations, j’ai besoin de parler au Capitaine – nous faisons face à un manque critique de personnel. Dr Bashir est hors d’état pour assurer son service, a besoin de soins lui-même et nous n’avons pas d’autre médecin à disposition. »
Pas de chance, vraiment, que ça se soit produit alors que Dr Yado est sur Bajor et injoignable.
« Et cela fait combien de temps maintenant qu’on réclame du personnel médical supplémentaire ?
- On peut demander de l’aide à tous les vaisseaux de passage mais pour l’instant aucun n’a son propre personnel médical à bord.
- Et dérouter le plus proche vaisseau de Starfleet ?
- Trop loin mais nous avons quand même envoyé un message.
- Est-ce que Bajor peut nous envoyer quelqu’un ?
- Non, il manque de personnel partout. L’académie de médecine que Bashir a aidé à mettre en place ne fournira de personnel qualifié qu’à partir de l’année prochaine au moins, et les demandes de postes sur les derniers camps de réfugiés sont toujours prioritaires sur tout le reste.
Ce n’est pourtant pas faute d’avoir demandé encore et encore. Il va falloir que vous insistiez encore auprès de Starfleet Command à ce sujet. »

Et tout ce qu’ils peuvent faire eux-mêmes à ce niveau c’est de demander,
« Ordinateur, affiche tout ce que l’on a sur les attaques télépathiques léthéennes ? »
…et le peu que les bases de données médicales peuvent offrir ne disent rien de bon.
« Oh non… »

Dehors, l’incident a été remarqué. Difficile de manquer toute cette agitation au début des gardes de l’après-midi, avec les officiers de sécurité s’y précipitant, la courte course-poursuite et l’arrestation spectaculaire d’un Léthéen peu après sur la Promenade. Les rumeurs se répandent vite ;
« On dit que Dr Bashir a été attaqué -
- Qui pourrait bien..?
- Oh, j’ai bien deux ou trois idées… »
Mais bien vite l’enquête pointe dans la direction d’un acte de violence aléatoire accompagnant un vol, qu’il semble bien que Dr Bashir n’a pas été pris pour cible en personne, que le coupable aurait attaqué de la même façon n’importe qui se trouvant sur son chemin ;

« Et Bashir va se remettre sans problème, n’est-ce pas ? »
Et lorsque ça commence à se savoir qu’il est tombé dans le coma, les plaisanteries à propos de vouloir faire taire Julian de gré ou de force sont brusquement beaucoup moins drôles.

Il ne faut pas long pour que le capitaine Sisko lui-même se présente à l’infirmerie et exige de savoir ce qui arrive à leur docteur. Le personnel refuse de donner ouvertement les détails d’un cas via le système de communication mais comme Bashir n’a pas de contact d’urgence défini, leur supérieur fera l’affaire pour les décisions à prendre.

« Nous lui avons donné de quoi soulager l’inflammation, maintenant il ne reste qu’à le laisser se reposer, et espérer qu’il se remette. »
Dr Zotul a repris son poste en urgence, annulant son congé, et fait de son mieux mais considère qu’il n’y a rien d’autre à faire, qu’attendre et voir. Il y a d’autres patients à traiter, qui eux peuvent être aidés.

Mais cas désespéré ou pas, Julian n’est pas encore mort. Il pourrait être en état de mort cérébrale et rester indéfiniment dans le coma. Cependant son état va sans doute se dégrader et alors il ne lui restera que quelques jours de déclin irrémédiable. Ou il pourrait éventuellement se remettre de façon spontanément. En théorie.

Une fois l’urgence initiale calmée il n’y a plus vraiment grand’ chose à faire de toute façon, derrière un séparateur rapidement mis en place Jabara fait un usage précis d’un détissulateur et débarrasse prestement leur docteur de son uniforme et le revêt d’une tenue médicalisée. Elle s’acquitte de tout le reste nécessaire avec le même professionnalisme.
Il existe des protocoles précis décrivant la pression ferme à appliquer sur la main d’un patient inconscient pour essayer de le faire réagir, bien différente d’une caresse tendre mais triste sur la joue, mais qui va discuter avec l’infirmière-chef ici ?
« Julian, s’il vous plaît. Ne nous faites pas ça. »

Tout ce qu’ils peuvent faire à ce stade sont des soins d’accompagnement courant, s’assurer qu’il ne fasse pas d’arrêt cardio-respiratoire si ses signes vitaux se mettent à décliner, espérer le mieux et se préparer au pire.

Dax force le passage, en tant que meilleure amie de Julian et Officier Scientifique de la station. Elle est astrophycisienne, pas biologiste. L’une de ses vies précédentes était ingénieur mais aucune n’a étudié les sciences biologiques, encore moins la médecine, et les différentes disciplines scientifiques ne sont pas interchangeables. Elle a de la logique, maîtrise la démarche scientifique, sait lire un article et faire des recherches complémentaires, mais rien de tout cela ne remplacera de véritables études.
Elle ne réalise pas, elle refuse peut-être de réaliser, qu’il n’y a plus rien à faire, que des soins palliatifs en attendant un miracle.
Starfleet abandonne rarement les causes perdues et les soutient presque indéfiniment, espérant un miracle ; car si on n’essaie même pas, si on ne se donne pas la moindre chance que lesdits miracles ses produisent, forcément, rien n’arrivera.

Et si on faisait appel à un autre télépathe pour tenter de l’atteindre ? Vulcain ? Bétazoïde ?
C’est possible mais nous n’en avons aucun à bord de toute façon, et personne ici ne sait évaluer le risque de causer encore plus de dégâts. Je ne peux pas prendre cette responsabilité.

Julian, lui, aurait toutes les idées étranges mais bienvenues pour traiter un tel cas de manière créative, et saurait en évaluer les risques. Si n’importe qui d’autre avait été blessé ainsi il n’abandonnerait certes pas, il trouverait quelque chose d’innovant, n’importe quoi – et c’est là tout le problème : personne d’autre n’a la même inventivité pour supposer quoi. Il ne peut pas s’aider lui-même.

(Le fait est, quand il finira par se réveiller, qu’il était le bien seul à pouvoir s’aider lui-même, de l’intérieur, mais il ne peut pas expliquer lui-même ce qui le rend si différent de toutes les autres victimes de Léthéens.)

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